COMMENT VOYEZ-VOUS LE XXIe SIECLE ?
Ce sera un siècle de turbulences, car il n’y a pas de changements sans conflits.
Ce fut le cas lors de la première révolution industrielle.
Pendant cinquante ans, en Europe comme aux Etats-Unis, les intérêts du monde rural se sont heurtés à ceux d’une bourgeoisie industrielle naissante.
Aujourd’hui, des guerres paraissant insensées sont, en fait, l’expression de cet antagonisme. Ainsi, en Afghanistan, ou les talibans, venus des montagnes, tentent d’imposer leurs valeurs d’un autre age aux citadins de Kaboul.
Le passage à une civilisation de l’information générera de semblables tensions.
Au sein de nombreux pays, en Chine par exemple, certaines régions en sont encore au tout début de la production manufacturière, tandis que d’autres utilisent des réseaux d’ordinateurs. De même, au sein d’une seule entreprise, l’ancien et le nouveau modèle peuvent fort bien coexister. Les conflits d’intérêts vont donc se multiplier, comme d’ailleurs les antagonismes sociaux ou culturels.
La rapidité de la convalescence de ces pays dépendra en partie de leur capacité à changer de stratégie.
Ils ont tout misé sur l’exportation de produits manufacturés.
Cela a marche, pour le Japon et Taiwan notamment, quand peu de pays exportaient.
Aujourd’hui il n’y a plus de place pour tout le monde.
Cette évolution n’a rien d’inévitable, la mondialisation provoquera un accroissement des inégalités dans les pays développés, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Russie, ce n’est pas le manque d’espace qui obsède, mais le déferlement annoncé des « sauvages urbains » ces sauvages, jeunes déracinés et sans travail, seront obligés de considérer la ville comme une jungle et d’y inventer de nouveaux moyens de survie.
Pour sans protéger, les classes moyennes et aisées se barricaderont dans de véritables enclaves fortifiées, avec règlements, police et voirie privés, comme celles qui commencent a fleurir a Los Angeles, Miami ou Sao Paulo.
L’économiste américain Robert Reich, ancien secrétaire au travail de Clinton, décrit la montée d’une nouvelle classe sociale, prête à faire sécession et capable, grâce a Internet, au télétravail et au visiophone, de ne plus avoir aucun contact direct avec le « monde extérieur, en particulier les pauvres ».
Pourvu que ces pays parviennent à transformer leur système éducatif.
La société industrielle avait besoin de gentils « petits soldats », de travailleurs ponctuels oeuvrant de concert sur une chaîne.
Le système éducatif de masse a donc promu des valeurs comme la ponctualité ou l’obéissance.
Aujourd’hui, s’il veut rester dans la course, un pays doit innover.
Pour cela, il a besoin de citoyens qui réfléchissent, qui s’expriment, quitte a se tromper.
Il faut sortir au moins dix mauvaises idées avant d’en formuler une bonne.
Le système éducatif doit donc apprendre à traiter les gens de façon personnalisée.
Mais, pour l’heure, aucun pays n’a amorcé cette révolution.
L’existence partout, de ministères de l’Education et de syndicats d’enseignants puissants est un terrible obstacle au changement.
IL EXISTE TROIS SOURCE DE POUVOIR.
Le premier est militaire.
Le deuxième est la richesse.
La troisième, l’information, est la plus sophistiquée.
Or la puissance militaire dépend désormais de cette troisième forme de pouvoir.
Même chose dans le domaine économique.
Le savoir tend à devenir un élément incontournable de la puissance.
Comment cette évolution influe-t-elle sur la géopolitique ?
Géant militaire, les Etats-Unis sont également à la pointe de la science et de la technologie.
Le Japon, lui, dispose avant tout du pouvoir économique (et la crise actuelle n’y change rien)
L’Europe, elle, est à la traîne dans les trois domaines !
Rien d’étonnant : la stratégie des responsables politiques européens, comme celle des fonctionnaires de Bruxelles, n’a pas évolué depuis quarante ans.
Ils croient toujours que plus c’est gros, mieux c’est.
On a l’impression qu’ils agissent comme si l’ordinateur et les réseaux informatiques n’existaient pas.
La moitié du budget européen, soit 45 milliards de dollars, part chaque année en subventions agricoles, alors que la science et les technologies de l’information, qui elles, sont décisives pour l’avenir, ne récoltent pratiquement rien.
Dans le même temps, les emplois industriels (les votre comme les notre) se délocalisent dans les pays à bas salaires.
Cette erreur stratégique fondamentale, les Européens la paient, des maintenant, par un taux de chômage deux fois plus élevé que celui des Etats-Unis ou du Japon.
La domination des Etats-Unis qui ne sera pas éternelle, j’en convient volontiers, reflète en fait les erreurs de leurs concurrents, qui n’ont pas saisi la teneur de la révolution en cours.
Si comme moi, vous croyez que nous entrons dans une ère de turbulences, alors chaque pays a besoin d’un maximum de flexibilité.
Plus vous entraverez cette flexibilité, plus il y aura de troubles sociaux et d’affrontements politiques.
Et moins l’économie progressera.
JAMAIS LE GRAND PUBLIC ET LES DECIDEURS N’ONT ETE AUSSI AVIDES D’INFORMATIONS SUR L’AVENIR.
L’ancien Premier ministre anglais Winston Churchill avait prévu la construction européenne.
Alvin Toffler en 1970 capables de pronostiquer le règne d’Internet et avec Alexandre Soljenitsyne prédire la chute de l’URSS.
En 1925, une théorie a été formulée, par le Russe Nicolas Kondratieff, qui mit en évidence une succession de cycles d’environs 60 ans dans l’activité économique et ce, depuis la première révolution industrielle.
Or l’an 2000 coïncide avec l’amorce du « cinquième Kondratieff » tout se met en place, le système bancaire occidental est assaini, l’inflation ne repart pas, l’endettement mondial est sous contrôle, les Bourses montent et tous les pays disposent de fort gisement de productivité grâce aux nouvelles technologies.
Un optimisme aussi militant passera sans doute, chez vous, pour quasi pathologique.
Rarement, en effet, nos compatriotes ont autant douté de l’avenir.
A tort, comme le démontre la vie.
Quel que soit la situation considérée : Santé, transport, organisation du travail ou des loisirs, vie domestique, communication …
Bon nombre d’angoisses devant l’avenir qui nous paralysent devraient trouver une solution grâce aux découvertes de nos industriels et scientifiques.
Dans le « village mondial » tout le monde communiquera via Internet, la voiture propre et sure pilotée par ordinateur, le robot ménager qui parle et obéit au geste et à la voix, la fin des caries dentaires, 2010 l’homme sur Mars, c’est pour demain.
Nous sommes probablement en train de vivre une des révolutions industrielles les plus rapides de l’histoire de l‘humanité.
Pour le meilleur ou pour le pire, les gens ont une excuse à leurs doutes : le futur apparaît effectivement plus flou qu’il y a trente ou quarante ans.
Depuis la fin de la guerre froide, l’avenir est devenu moins prévisible.
Mais cela ne signifie pas forcement moins rose !
Simplement, la situation évolue plus vite; la concurrence, désormais mondiale, affaiblit les faibles et accroît les inégalités; les positions acquises, qu’elles soient techniques, économiques ou géopolitiques, ne le sont plus pour très longtemps.
QUE DISENT DU FUTUR TOUS LES SPECIALISTES ?
D’abord, que la mondialisation est notre horizon inéluctable.
Et que cela n’a rien d’une catastrophe.
Ce mouvement de « globalisation » de l’économie offrira même de singulières opportunités a ceux qui sauront s’y adapter.
Que les entreprises heureuses seront celles qui sauront le mieux rester a l’écoute d’un client encore plus versatile, zappeur et pressé qu’aujourd’hui – c’est la, après tout, un principe éternel du marketing.
Que les petites structures « nomades », souples et réactives, on toutes les chances de s’en sortir a leur avantage.
Pour espérer tirer son épingle de ce jeu « global » le travailleur ne doit avoir qu’une stratégie : réactualiser sans cesse sa formation.
Ce qu’il aura tout loisir de faire chez lui, grâce a un équipement domestique infiniment plus développé et convivial qu’aujourd’hui.
Pour le moment, le taux d’équipement des familles n’est que de 40% aux Etats-Unis et de 20% en France.
Cela est du au fait que les produits actuels ont été conçus pour le bureau, pas pour la maison. Leur maniement est donc encore fort complexe.
A terme, la structure de l’entreprise devrait éclater, au profit d’organisations beaucoup plus réactives : travail en réseau, salariés nomades, cyber-entrepreneur…
Pour gagner du temps et de la souplesse, les entreprises commencent aussi a transformer une partie de leurs collaborateurs en « nomades électroniques » : ils ne disposent plus de bureau fixe mais travaillent chez eux, chez le client ou dans leur entreprise par téléphone mobile ou messagerie électronique, relies à la société par Internet.
Les Etats-Unis comptent déjà plus de 7 millions de ces « télécommuters » la frontière entre vie personnelle et professionnelle va progressivement s’effacer.
Internet fournit en effet à n’importe quel entrepreneur un accès direct et peu onéreux au marché mondial.
Nul besoin, donc, d’être voyant pour prévoir la prolifération de micro-entreprises (home-business) des millions de particuliers monterons bientôt leur affaire sur internet.
Le travail va devenir une marchandise comme une autre.
La possibilité d’accéder directement au consommateur bouleversera aussi les modes de production, consultants et services de recherche des entreprises multiplient les études pour anticiper les goûts et les besoins du consommateur.
Une certitude : les produits du 21eme siècle seront plus personnalises, moins chers …
et parfois « intelligents »
Les nouvelles technologies vont donner naissance a une foison de nouveaux jeux et activités sportives.
Et nous aurons plus de temps à leur consacrer.
Mais ces plages de détente devrons être utiles : entretien de la forme, maîtrise du stress, formation permanente …