A quand la fin des pesticides en France ?

Les pesticides en 2009 : a quand un changement en France et dans le Monde ?
Un monde sans pesticides avec uniquement des engrais naturels, c’est possible selon vous ?
Un français mangerait en moyenne 1,5kg de pesticides par an (Source : LCI)
Présentation de l’impact et les effets des pesticides sur la santé et sur l’eau.
Définition des pesticides par le Pôle Environnement et Développement Durable de la Préfecture de Région Haute-Normandie
Les pesticides, parfois dénommés sous le terme plus restrictif de produits phytosanitaires, sont des substances chimiques minérales ou organiques, de synthèse ou naturelles, entre autres destinées à protéger les végétaux contre les organismes nuisibles aux cultures (insectes, « mauvaises herbes », champignons,…). Les pesticides sont épandus par pulvérisation, par application sur les sols ou par traitement des semences, et sont employés aussi bien pour le traitement des zones agricoles que pour celui des zones non agricoles : désherbage des axes routiers et des voies ferrées, des communes, des parcs publics et des propriétés privées (jardins, potagers, toitures, terrains de sport,…). Ils sont généralement composés d’une ou plusieurs substances actives, associées à des adjuvants. Ces derniers sont chargés de favoriser la répartition du produit phytosanitaire sur les feuilles du végétal traité, et dans certains cas, sa pénétration dans la plante.
Les pesticides sont classés en familles, selon leur cible, ou leur structure chimique. Trois grandes familles (classement par cibles) sont couramment utilisées :
• Les insecticides : destinés à la lutte contre les insectes. Ils interviennent en les tuant ou en empêchant leur reproduction. Ce sont souvent les pesticides les plus toxiques et c’est dans cette famille que l’on trouve la plupart des polluants organiques persistants, dont le DDT et le lindane ;
• Les fongicides : destinés à éliminer les moisissures et parasites fongiques des plantes ;
• Les herbicides : destinés à lutter contre certains végétaux entrant en concurrence avec les plantes cultivées. Leur mode d’épandage est différent puisqu’ils sont déposés directement sur le sol, tandis que les autres produits sont plutôt pulvérisés sur la plante en croissance. Les herbicides constituent aujourd’hui la famille la plus importante en nombre de molécules et la plus utilisée. Le classement par structure chimique (pesticides organiques) comprend :
• Les organochlorés : parmi les plus anciens et les plus persistants, surtout utilisés comme insecticides en agriculture et dans les métiers du bois ;
• Les organophosphorés : insecticides moins persistants que les précédents ;
• Les organoazotés : herbicides principalement, repérables par le suffixe “zine” ;
• Les urées substituées : herbicides et fongicides, repérables par le suffixe “uron” ;
• Les carbamates : fongicides et insecticides ;
• Les sulfonylurées : herbicides utilisés à des doses de quelques grammes par hectare seulement, contre quelques kilos pour les organoazotés par exemple ;
• …
La figure 1 présente l’évolution de l’utilisation des substances pesticides depuis le début du XXe siècle. Suite à la prise de conscience des problèmes posés par les pesticides sur l’environnement et la santé humaine dans les années 1960, et dans un but de diminution des risques, chaque nouvelle génération de molécules mise sur le marché est d’une part moins persistante (plus biodégradable) que la précédente, et d’autre part, plus efficace et nécessite des doses plus faibles pour agir (selon l’Union des
Industries de la Protection des Plantes – UIPP, il fallait 1 kg de matières actives par hectare en 1950, contre 100 g aujourd’hui et 10 g dans dix ans).
Cela fait de la présence des pesticides dans les eaux de surface (et l’environnement en général) un problème particulier : des molécules interdites depuis plus de 30 ans (par exemple le DDE, métabolite du DDT) sont toujours retrouvées dans les écosystèmes aquatiques et portées sur les listes de substances prioritaires. Par ailleurs, des molécules récentes et actives à de très faibles doses (sulfonylurées par exemple) ne sont pas décelées du fait de limites de détection plus élevées que les concentrations du milieu. (Source : Groupement d’intérêt public seine aval 2007)
Le problème des pesticides vu par la PAN en 2007 (Pesticide Action Network International)
L’utilisation de pesticides comporte des risques graves pour la santé de l’Homme, l’environnement, la biodiversité, la sécurité alimentaire et le revenu des petits paysans et agriculteurs. Ces problèmes sont particulièrement graves dans les pays en développement.
Il est certain que, les conditions dans la plupart des pays en développement rendent presque impossible la garantie d’une utilisation appropriée. La disponibilité des produits chimiques très toxiques, le manque d’information sur leurs dangers, les politiques gouvernementales et la publicité agressive de l’industrie, ainsi que la pauvreté, l’analphabétisme, et le manque
d’infrastructures de santé dans les milieux ruraux font en sorte que les pesticides soient une menace majeure pour la sécurité alimentaire, la santé et l’environnement.
Dans ces conditions, les paysans utilisent ce qui est disponible et non ce qui est approprié.
La plupart des pesticides utilisés dans les pays en développement sont des produits chimiques très toxiques. Par exemple, 73% des importations de pesticides en Thaïlande appartiennent aux catégories 1a (extrêmement toxique) et 1b (très toxique) de l’Organisation Mondiale de la Santé.
Au Cambodge, 84% des pesticides utilisés sont de modérément à extrêmement dangereux pour la santé de l’Homme. Dans les pays développés, la plupart de ces produits chimiques sont soient interdits ou ne peuvent seulement être utilisés que par des spécialistes agrées qui doivent prendre des précautions rigoureuses.
Entre 1992 et 1994, plus de 344 millions de kilos de pesticides dangereux ont été exportés des USA – au moins 25 millions de kilos dont l’utilisation avaient été interdite dans le pays – dont la majorité a été envoyée dans le monde en développement.
Il existe quelques conditions spécifiques et pratiques communes dans les pays en développement qui accroissent ce problème, dont :
L’utilisation excessive ou la mauvaise utilisation des substances dangereuses
• le manque de précaution lors du transport ou la manipulation des substances chimiques
• la réutilisation des emballages vides de pesticides pour le stockage de nourriture ou d’eau
• l’utilisation de substances bon marché, souvent plus dangereuses, des mélanges de pesticides et équipements défectueux
• l’utilisation inappropriée des pesticides (par exemple pour la pêche)
L’utilisation excessive de substances toxiques sans mesures adéquates de sécurité :
• le manque de moyen pour acheter des équipements et tenues de protection
• l’impossibilité quasi-totale de porter des tenues de protection dans des climats chauds et humides
• absence d’eau propre pour la lessive
• le mélange de produits chimiques dangereux avec la main
L’incapacité de lire les étiquettes complexes du fait de :
• taux élevé d’analphabétisme
• l’utilisation des étiquettes en langues étrangères au lieu des langues locales courantes
Ces pratiques découlent du manque de sensibilisation des utilisateurs finaux sur les risques liés à l’utilisation de pesticides et à la pauvreté en général. Les communautés ne sont pas conscientes des risques liés aux pesticides et n’ont pas de connaissances de base sur les pratiques et les méthodes d’application appropriées. Même si elles détenaient ces connaissances, elles n’ont pas le pouvoir et les moyens nécessaires pour compenser l’absence de gestion des pesticides par leurs gouvernements.
Au niveau des politiques, le manque de certitude et de preuves sur les dangers des pesticides est considéré comme une absence de dangers.
Pour les décideurs, cela signifie qu’il n’est pas nécessaire d’inclure la gestion des pesticides dans les priorités nationales. Par conséquent, les politiques concernant les pesticides sont faibles. Il n’existe aucun programme ni infrastructure pour suivre et évaluer les pesticides et leurs effets. Même là où ces infrastructures existent, seuls les effets aigus des pesticides sont pris en considération, et beaucoup/la plupart des cas d’empoissonnement graves dans les zones rurales éloignées ne sont pas bien documentés et ne sont pas souvent considérés comme empoisonnement par les pesticides du fait de la similitude des symptômes avec d’autres maladies courantes. Les médecins et personnes évoluant dans le domaine de la médecine manquent aussi de connaissances pour diagnostiquer des cas d’empoissonnement liés aux pesticides.
Par conséquent, les effets chroniques des pesticides restent non documentés et présentent un risque majeur pour les pays en développement. Donc, mis à part les cas d’empoisonnement graves publiés dans les journaux, l’impact réel des pesticides dans ces pays n’est pas vraiment connu par les décideurs en charge de la sécurité chimique.
Le manque de connaissances a pour résultat un cadre très faible de gestion des pesticides dans les pays en développement qui peut être caractérisé par :
• l’absence de législation pour le contrôle adéquat des pesticides et de procédures avancées d’approbation/d’enregistrement des pesticides
• l’absence de législation sur les conditions de travail et la gestion des polluants
• l’accès facile aux substances toxiques
• l’absence de système national de surveillance des poisons et de centre d’information et de contrôle
• l’absence de moyens (ressources humaines et financières) pour conseiller et renforcer les lois nationales et les codes de conduites approuvés
• le manque d’information et de sensibilisation visant la petite entreprise (les paysans) sur le stockage rationnel, la manipulation, l’utilisation des pesticides, l’élimination des déchets et des emballages vides de pesticides
• absence d’infrastructures médicales
• une faible disponibilité d’informations conduisant à un manque de
connaissances sur les risques associés aux pesticides
• la gestion et le stockage inadéquats des stocks de pesticides obsolètes et des emballages vides de pesticides, ainsi que le manque d’infrastructures pour une bonne gestion des déchets
• la recherche continue des politiques agricoles qui ont pour objectif de réduire la pauvreté et la malnutrition mais qui en réalité aggravent ces problèmes. (Source : PAN – 2007)
Les pesticides dans ma nourriture
L’union européenne a publié les résultats des contrôles des résidus dans les fruits, légumes et céréales des États membres pour 2000. En Belgique, 39% des échantillons contenaient des résidus en des concentrations inférieures ou égales à la limite maximale en résidus (LMR) communautaire ou nationale, 7,2% montraient des concentrations supérieures à ces LMR. De plus, dans 18,1% des cas, plus d’un résidu a été retrouvé par échantillon. La Belgique figure parmi les sept pays de l’Union européenne les plus contaminés en résidus sur et dans les denrées d’origine végétale. Parmi les pesticides le plus souvent incriminés figurent notamment neuf cancérigènes présumés, dix perturbateurs endocriniens présumés et sept pesticides de la famille des organophosphorés et carbamates.
Une étude hollandaise portant sur les effets neurotoxiques cumulés des résidus de pesticides organophosphorés et carbamates dans l’alimentation a montré que les enfants hollandais de 0 à 6 ans absorbent en moyenne 17 fois plus d’équivalents toxiques que ne le prône la norme de l’agence américaine de protection de l’environnement relative à l’exposition chronique. De plus, 2 % de ces enfants sont susceptibles de manifester des symptômes d’empoisonnement aigus si l’on compare les quantités ingérées à la norme américaine relative à l’intoxication aigüe. Étant donné que nos aliments sont fortement contaminés par ces mêmes familles de pesticides, il y a de fortes chances que la situation soit la même en Belgique. (Source : IEW – Dossier Pesticides / contamination)
Les pesticides dans l’eau
Les résidus de pesticides sont particulièrement indésirables dans les eaux de surface. Basée sur un seuil de 0,1 ?g/l pour chaque
pesticide, l’ordonnance sur la protection des eaux ne tient pas compte des différences de toxicité entre les quelque 450 substances actives actuellement autorisées. Pour remédier à cette lacune, l’EAWAG propose un système d’évaluation du risque basé sur les effets toxiques des pesticides isolés ou en mélange.
Ces dernières années, diverses études ont démontré la présence de nombreux pesticides dans les eaux de surface suisses.
Étant donné leur toxicité optimisée pour lutter contre les nuisibles et les adventices, ces pesticides peuvent également représenter un danger pour la faune et la flore du milieu aquatique contaminé.
De manière générale, la contamination des eaux par les pesticides agricoles est saisonnière, les concentrations les plus élevées étant mesurées pendant et après l’application, lors d’évènements pluvieux: jusqu’à quelques ?g/l peuvent alors être mesurés dans les ruisseaux et les rivières moyennes.
La quantité de pesticides entraînés dans le milieu aquatique dépend aussi bien des caractéristiques physico-chimiques des
substances polluantes que des caractéristiques locales du terrain sur lequel elles sont appliquées (topographie, pédologie).
Sur les quelque 450 substances actives autorisées en Suisse, une vingtaine, principalement des herbicides, sont régulièrement mesurées dans les eaux de surface.
Certaines de ces substances sont extrêmement toxiques, d’autres nettement moins. Pour assurer une protection efficace du
milieu aquatique, il est donc indispensable d’évaluer de manière aussi réaliste que possible le risque émanant des pesticides, qu’ils soient isolés ou en mélange. Et ce type d’évaluation n’est possible que sur la base d’une quantité conséquente de données sur les effets toxiques des pesticides.
Or les méthodes d’évaluation du risque actuellement appliquées se heurtent au problème du manque de données disponibles. Dans le but de développer une méthode d’évaluation du risque aussi fiable que possible, l’EAWAG s’est associé à l’Office fédéral de l’environnement, de la forêt et du paysage (OFEFP) pour mettre au point un système d’évaluation du risque basé sur les effets. Ce système prévoit tout d’abord pour chaque pesticide la détermination d’un critère de qualité individuel à partir des données disponibles sur ses effets toxiques. Ce critère de qualité indique alors la concentration de pesticide qui ne doit pas être dépassée dans un souci de protection des organismes aquatiques.
Dans un deuxième temps, les différents critères de qualité basés sur les effets sont utilisés pour l’évaluation du risque en elle même. (Source : extrait d’un communiqué EAWAG)
Les effets potentiels des pesticides sur la santé
Le lien entre l’utilisation des pesticides et les effets néfastes sur la santé humaine n’est plus à démontrer. Les pesticides sont absorbés dans le corps, notamment par la bouche, la peau et la respiration. Ils peuvent provoquer des effets immédiats dont les symptômes se manifestent généralement par des maux de tête, une irritation de la peau ou des yeux, des nausées, des étourdissements, un manque d’appétit ou la fatigue.
Certains pesticides peuvent également produire des effets à plus long terme sur la santé. Parmi les principales conséquences d’une exposition chronique aux pesticides, on retrouve :
• anomalies congénitales;
• neurotoxicité;
• troubles de comportement;
• perturbations du système immunitaire et endocrinien;
• différentes formes de cancer (leucémie, cancer du cerveau, etc.).
Les enfants sont plus vulnérables aux effets nocifs des pesticides puisqu’ils risquent davantage d’être exposés aux produits en raison de leur comportement (ils jouent par terre et portent les objets à leur bouche). Les principaux symptômes chez les enfants sont :
• intolérance croissante qui peut mener à l’agressivité;
• impatience;
• déficit d’attention et problèmes d’apprentissage;
• hypersensibilité.
D’autre part, les femmes enceintes et leur fœtus, les utilisateurs professionnels de pesticides et les joueurs de golf sont aussi des personnes à risque.
(Source : extrait d’un communiqué du Service du développement durable et environnement de la ville de Drummondville)
Les effets et l’impact des pesticides
Les pesticides sont utilisés en quantités considérable depuis plus d’un demi siècle par l’agriculture intensive.
On retrouve des résidus de pesticides partout: dans l’eau bien sûr, mais aussi dans l’air, les brouillards et l’eau de pluie !
Les pesticides sont présents dans nos aliments également : plus de 50% des fruits et des légumes produits par l’agriculture intensive en contiennent.
Ils finissent finalement dans nos organismes, apportés là par l’eau et les aliments consommés. Nos organismes hébergent ainsi des centaines de molécules toxiques dont de très nombreux pesticides.
Ces pesticides posent un véritable problème de santé publique, et pas seulement pour les utilisateurs qui sont les plus exposés, mais aussi pour la population générale. En effet, les effets de faibles quantités de pesticides , en mélange, pendant des périodes longues posent de nombreux problèmes de santé. L’épidémiologie nous montre ainsi que les personnes exposées aux pesticides ont plus de risque de développer de nombreuses maladies que les autres : cancer, malformations congénitales, problèmes d’infertilité, problèmes neurologiques ou encore système immunitaire affaibli sont plus fréquent chez eux !
La multiplication des traitements et du nombre de produits phytosanitaires employés ces dernières années a amené les pouvoirs publics à s’interroger sur les risques encourus par la population générale. Ce rapport est une synthèse de l’ensemble des travaux réalisés dans le cadre du programme régional pesticides intercire.
Encore très peu considéré dans les études sur le risque sanitaire et ne faisant actuellement l’objet d’aucune réglementation, le compartiment aérien apparaît pourtant comme une source d’exposition non négligeable en milieu viticole ou arboricole.
En Aquitaine et en Champagne-Ardenne, les fongicides sont les produits retrouvés les plus fréquemment, notamment le folpel avec des concentrations de 60 ng/m3 à 1 200 ng/m3.
Concernant les régions de grandes cultures, les substances les plus fréquemment retrouvées sont la trifluraline, la pendiméthaline et l’endosulfan, avec des concentrations de l’ordre de 1 ng/m3. En région mixte grande culture et arboriculture, la trifluraline, le tolylfluanide, le folpel et le captane ont été souvent retrouvés. Le lindane, bien qu’interdit depuis 1998, est détecté sur tous les sites.
Il parait cependant prématuré d’exploiter ces données dans une évaluation quantitative des risques sanitaires liés à l’exposition aérienne aux pesticides, en raison de la trop grande incertitude liée d’une part au lien entre concentrations dans l’air et exposition réelle, et d’autre part au manque de données toxicologiques de référence pour la voie respiratoire.
Les étapes suivantes devront donc recenser les valeurs toxicologiques de référence disponibles, définir leur pertinence et leurs modalités d’application. Il parait ensuite indispensable de connaître l’exposition aux pesticides de la population en fonction des sources d’exposition (alimentation, eau, air intérieur et extérieur, poussières).
Effets des pesticides sur la santé :
Les intoxications aiguës par les pesticides sont celles où, quelques heures après une exposition importante, des symptômes apparaissent rapidement.
Ce sont les affections causées par les pesticides que les médecins connaissent le mieux.
Les personnes les plus fréquemment victimes d’intoxications aiguës par les pesticides sont bien sûr les agriculteurs, qui manipulent et appliquent ces pesticides sur leurs cultures. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé qu’il y a chaque année dans le monde 1 million de graves empoisonnements par les pesticides, avec quelque 220 000 décès.
En France, la Mutualité Sociale Agricole (M.S.A.) qui a en charge la médecine du travail et la prévention des risques professionnels des salariés agricoles, a trouvé des effets indésirables chez près d’un manipulateur sur 6 lors d’enquêtes portant sur une année d’utilisation professionnelle de pesticides.
Les troubles aigus dûs aux pesticides frappent les muqueuses et la peau (40 % des cas étudiés), le système digestif (34 % des cas), le système respiratoire (20 %), le reste de l’organisme (24 %).
À la suite de ces incidents lors du travail agricole, plus des deux tiers des victimes ont dû consulter un médecin. Parmi les paysans recensés dans cette banque de données de la MSA, 13 % font état d’une hospitalisation consécutive à l’utilisation de pesticides et 27 % ont dû recourir à un arrêt de travail momentané. Les jeunes enfants sont aussi très fréquemment victimes d’empoisonnement par les pesticides, habituellement suite à des ingestions accidentelles ou à des atteintes dermatologiques. Les pesticides organophosphorés et les carbamates sont à l’origine des cas d’empoisonnements par les pesticides les plus fréquents.
Les pesticides regroupent un grand nombre de spécialités de toxicité variable pour l’homme. En effet certains produits peuvent présenter une toxicité aiguë importante mais être éliminés facilement par l’organisme, à l’inverse d’autres substances, de toxicité aiguë moindre peuvent s’accumuler dans l’organisme et induire des effets à plus long terme.
Parallèlement ces produits sont transformés en différents métabolites susceptibles d’engendrer d’autres répercutions sur l’organisme humain.
D’une manière générale, l’OMS19 retient comme facteurs influant sur la toxicité des pesticides pour l’homme :
• la dose,
• les modalités de l’exposition,
• le degré d’absorption,
• la nature des effets de la matière active et de ses métabolites,
• l’accumulation et la persistance du produit dans l’organisme.
Ces effets toxiques du produit sont eux-mêmes liés à l’état de santé de l’individu exposé.
Les mécanismes de la toxicité des pesticides ne sont véritablement connus que pour quelques molécules :
• induction enzymatique par les organochlorés,
• inhibition enzymatique par les dithiocarbamates, les organophosphorés.
Les recherches en cours envisagent d’autres modalités d’action de type immunitaire et hormonal.
Un cas particulier :
Des effets aigus dans les populations professionnellement exposées
Dans ces populations les pesticides peuvent provoquer à la fois des effets aigus et/ou chroniques.
Sources : http://www.mdrgf.org/25pesticides.html, http://www.observatoire-pesticides.gouv.fr/upload/bibliotheque/
771429144835921363383833009925/
orsb_janv_2001.pdf, WHO. UNEP, 1989. “Public Health Impact of Pesticides used in Agriculture.” (OMS et PNUE, Genève, Suisse), DELEMOTTE B., FOULHOUX, P., NGUYEN S.N., FAGES J., PORTOS J.L., « Le risque pesticide en agriculture » -Arch. mal. prof., 1987 ;48 : 467-75., HOUETO P., CHABAUX C., MOREL A., FOURNIER P.E.
« Dossier de toxicovigilance. Méthodologie appliquée à la surveillance des risques professionnels. » – Arch. mal. prof., 1993 ; 54 : 577-84.
Actualité, informations sur les pesticides :
Avec 80 000 tonnes de pesticides par an, la France est le premier consommateur de pesticides en Europe et le 3e consommateur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon. Produits visant à la destruction de certains organismes vivants jugés nuisibles (animaux, végétaux, micro-organismes), les pesticides, également appelés produits phytosanitaires sont utilisés depuis de nombreuses années dans différents domaines, comme l’agriculture mais aussi la voirie pour l’entretien des infrastructures routières et ferroviaires, le traitement du bois ou bien encore divers usages privés (jardinage, traitement des locaux…). Or, leur utilisation massive en milieu agricole et non agricole se répercute sur l’environnement (pollution des eaux, de l’air, du sol,…). En outre, depuis plusieurs années, ils font l’objet de soupçons grandissants quant à leur impact sur la santé humaine (favorisation de certains cancers, de troubles de la reproduction, de problèmes neurologiques, d’allergies, d’asthme…).
Différentes actions ont donc été entreprises : en juin 2006, une communication sur le plan interministériel 2006-2009 de réduction des risques liés aux pesticides a été présenté en conseil des ministres. S’inscrivant dans le cadre du plan national santé environnement de 2004 ainsi que dans le volet agriculture de la stratégie française pour la biodiversité de novembre 2005, l’objectif de ce plan consiste à obtenir une réduction de 50 % des quantités vendues de substances actives les plus dangereuses. Diverses actions composent ce plan comme l’amélioration des procédures d’évaluation des produits et de la qualité des pulvérisateurs grâce à un contrôle périodique obligatoire et le renforcement de la gestion des risques liés à la distribution et à l’utilisation des produits phytosanitaires en assurant notamment une traçabilité des ventes. Le plan préconise également d’améliorer la connaissance et la transparence en matière d’impact sanitaire et environnemental et d’évaluer les progrès accomplis. De manière à réaliser ces deux objectifs, un observatoire des résidus de pesticides (ORP) rassemble et valorise les informations sur la présence des pesticides dans l’environnement afin de caractériser l’exposition de la population et des écosystèmes et d’améliorer l’information du public, notamment par la mise en place d’un site Internet.
La MSA, régime de protection sociale du monde agricole a de son côté lancé, depuis février 2004, un numéro vert associé au dispositif Phyt’attitude (0 800 887 887) qui permet de mieux connaître les risques liés à l’utilisation professionnelle des pesticides sur la santé de l’homme. Il offre en effet aux utilisateurs de produits phytosanitaires le moyen de signaler leurs symptômes (maux de tête, vomissements, irritations cutanées, gênes respiratoires), gratuitement et de manière anonyme. Objectif affiché de la MSA : influer directement sur les instances nationales afin de prendre les mesures qui s’imposent pour limiter la dangerosité des produits.
Nous soutenons le MDRGF, une association loi 1901 qui se bat pour défendre votre environnement et votre santé en informant sur les dangers des pesticides, des chimiques, des OGM, etc…
Leur site Internet : http://www.mdrgf.org/
Pour plus d’informations :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/degradation/06_pollution.htm
http://www.pesticides-lelivre.com/
Source de l’article : http://www.danger-sante.org/category/pesticide/