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Répression politique

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L’espace aérien sous contrôle impérial
par Jean-Claude Paye

Malgré quelques vélléités du Parlement européen, l’Union européenne a cédé aux exigences des États-Unis : l’espace aérien transatlantique est désormais largement sous le contrôle de Washington. L’administration états-unienne a non seulement placé sous surveillance ses propres ressortissants et a interdit à des dizaines de milliers d’entre eux de se déplacer, mais les passagers européens sont aussi directement sous son contrôle. Les États-Unis ont la possibilité de faire évoluer unilatéralement les accords signés et ainsi, à terme, si il n’y a aucune réaction, de refouler ou d’empêcher des ressortissants européens de s’embarquer vers les USA, même si leurs papiers sont en règle.


À travers les différents accords installant un contrôle des passagers aériens, l’Union européenne abandonne progressivement sa propre légalité, afin de permettre au droit états-unien de s’appliquer directement aux ressortissants européens sur le territoire de l’Union. On assiste ainsi à la mise en place d’un ordre juridique impérial qui a pour objet de placer l’espace aérien transatlantique directement sous la juridiction de l’administration des États-Unis.

Suite à un accord intérimaire avec la Commission de l’Union européenne, les douanes états-uniennes ont, depuis le 5 mars 2003, accès aux systèmes de réservation des compagnies aériennes situées sur le territoire de l’Union. Il s’agit de contrôler des données liées aux comportements de passagers ordinaires, c’est à dire de personnes non recensées comme dangereuses ou criminelles, afin de vérifier, par rapport à un schéma théorique, si tel passager pourrait constituer une menace potentielle. Toute personne est traitée comme un criminel en puissance.

L’objectif est d’établir des « profils à risques ». On détecte ainsi des individus présentant un ensemble de caractéristiques qui pourraient « justifier » une surveillance spéciale ou même une arrestation préventive à l’arrivée sur le sol états-unien. Rappelons que l’USA Patriot Act permet d’arrêter, sans inculpation, et de détenir indéfiniment, sans jugement, toute personne étrangère soupçonnée de participer à une activité d’une organisation désignée comme terroriste.

Une violation de la vie privée

Le Parlement européen a manifesté plusieurs fois son opposition à cet accord, notamment dans une résolution datant du 31 mars 2004, en déclarant que l’accès des autorités états-uniennes est « illégal aux termes du droit national et du droit européen sur la vie privée ». Cet avis négatif n’a pas empêché le Conseil de se soumettre à nouveau, par une Décision du 17 mai 2004, aux injonctions des autorités états-uniennes.

Ayant un rôle purement consultatif, le Parlement a saisi la Cour européenne de Justice afin de faire casser cet accord. Cependant, comme la Cour a refusé d’appliquer la procédure accélérée d’examen, c’est seulement en mai 2006 qu’elle a donné partiellement raison au Parlement européen. Mais, le jugement porte exclusivement sur la forme et non sur le fond. Il rejette le texte uniquement pour « défaut de base juridique appropriée » et ne parle aucunement de la violation de la privée des personnes dont les données sont transmises aux autorités états-uniennes. Il estime seulement que le premier pilier (communautaire) de l’Union ne peut servir de base à un accord relevant de la coopération policière et judiciaire.

Ainsi, le 23 juillet 2007, l’Union européenne et les États-Unis ont signé, cette fois dans le cadre du troisième pilier, un nouvel accord sur le traitement et le transfert de données des passagers. Ce dernier texte inscrit dans la durée l’accord provisoire, conclu le 19 octobre 2006.

Comme c’était déjà le cas en 2004, Les informations communiquées, appelées Passagers Name Record, ne se limitent pas aux noms, prénom, adresse, numéro de téléphone, date de naissance, nationalité, numéro de passeport, sexe, mais comprennent les adresses durant le séjour aux USA, l’itinéraire complet des déplacements, les contacts à terre ainsi que des données médicales. Y sont reprises des informations bancaires, tels les modes de paiement, le numéro de la carte de crédit et aussi le comportement alimentaire permettant de révéler les pratiques religieuses.

Un accord dissymétrique

Les accords de 2007, comme le texte de 2006, aggravent encore les dispositions de 2004. Selon un principe de disponibilité, l’ensemble des données sont consultables par toutes les agences états-uniennes chargées de la lutte antiterroriste, alors que, sur le papier, les accords de 2004 réservaient cette consultation aux seules agences de douane.

La période de rétention des informations passe de 3 ans et demi à 15 années. En outre, ces données pourront être placées pour une durée de 7 ans dans des « bases de données analytiques actives », permettant un « profiling » massif.

Les autorités états-uniennes ont maintenant la légitimité de transmettre ces informations à des pays tiers. Ces derniers auront accès aux données transmises par les compagnies européennes selon les conditions de sécurité fixées par le département US, l’Union européenne ayant accepté « de ne pas interférer » concernant la protection des données des citoyens européens transférées dans ces pays.
Le nouveau texte renforce un cadre dissymétrique d’échanges entre les États-Unis et l’Union européenne. Les compagnies sont tenues de traiter les données PNR stockées dans leurs système informatique de réservation selon les demandes des autorités états-uniennes, « en vertu de la législation américaine ». Ainsi, les États-Unis ont profité de ces nouveaux accords afin de répondre à de nouvelles exigences du Département US de la Sécurité de la Patrie (US Department of Homeland Security)

et d’intégrer les changements intervenus dans la législation états-uniennes.

Primauté du droit états-unien

Le droit états-unien est primordial. L’administration des États-Unis se réserve le droit d’avoir sa propre interprétation de l’accord conclu entre les deux parties. Cette lecture est contenue dans la lettre, placée en annexe. Ce qui a un double avantage pour le Département de la Sécurité de la Patrie. D’une part, il peut définir unilatéralement le contenu (conditions de traitement, de transfert, de destruction et d’extension du champ des données) de certains engagements auxquels l’accord fait référence. D’autre part, les engagements formels, de protection des données et de défense des droits des passagers européens n’ont aucune valeur contraignante et peuvent être modifiés unilatéralement.

Le cadre à travers lequel les données PNR peuvent également être utilisées ne se limite pas à la lutte contre le terrorisme, mais peut être aussi utilisé pour « tout objectif additionnel ». Des informations concernant l’origine raciale, les opinions politiques, la vie sexuelle peuvent être utilisées dans « des cas exceptionnels » et c’est le département de la sécurité intérieure lui-même qui détermine ce qui est un cas exceptionnel.

Ces accords sont à peine signés que les États-Unis ont annoncées leur intention d’insérer davantage d’exceptions dans le Privacy Act en ce qui concerne la gestion de l’Automated Targering System. Ce système est prévu pour lutter contre le terrorisme, mais il couvre aussi « toute activité qui viole la loi états-unienne ». Il contient notamment les données PNR des passagers aériens. Tout changement dans la gestion de ce système va automatiquement modifier unilatéralement le contenu de l’accord PNR. Le projet prévoit que l’ensemble de ces données pourront faire l’objet d’une seconde inspection, c’est à dire être vues par d’autres agences disposant de listes globales de surveillance et croisées avec des banques de données venant de pays tiers..
À travers ces modifications légales, il s’agit d’augmenter les pouvoirs du département de la Sécurité de la Patrie (Department of Homeland Security). L’objectif fixé est de n’autoriser la personne à voyager qu’après que ses données PNR aient été contrôlées et « éclaircies ».

Vers des listes d’interdiction de vol vers les USA ?

Il s’agirait là, si ce projet est adopté, d’une mutation qui modifie la nature même du système de contrôle et, ainsi, de l’accord qui vient d’être signé avec l’Union européenne. Les autorités administratives états-uniennes auraient la possibilité d’interdire arbitrairement de vol vers les États-Unis tout ressortissant européen, même si la personne dispose de tous les documents nécessaires. On rejoindrait ainsi le système états-unien. Aux États Unis, les listes de passagers aériens permettent à l’administration de déterminer arbitrairement qui peut utiliser l’avion et se déplacer. Ainsi, plus de 110 000 personnes, dont une majorité de citoyens états-uniens, ont leur mobilité perturbée ou sont interdits de vol, car elles sont reprises, soit sur une liste « de personnes à surveiller » (“watch list“), soit sur une liste « interdit de vol » (“no fly list“) . La chaîne de télévision CBS avait réussi, en 2004, à se procurer un exemplaire de la liste « à surveiller ». Elle faisait 540 pages et contenait les noms de « 75 000 personnes à fouiller avec beaucoup d’attention et éventuellement à ne pas laisser monter à bord d’un avion ». Les opposants à la guerre en Irak sont des cibles privilégiées de cette procédure.

Pour Naomi Wolf, la liste “des personnes à surveiller” a été établie à partir de 2003, suite à une directive présidentielle adressée aux agences de renseignement. Cette directive leur ordonne d’identifier et surveiller “les personnes dont on peut craindre qu’elles aient des intentions ou des contacts terroristes”. La CIA/NSA et le FBI établirent une liste de noms qui fut remise à toutes les agences aériennes .

À cette liste, on doit ajouter 45 000 personnes interdites de vol, car inscrites sur une No Flight List. Cette dernière, qui n’incluait que 16 personnes avant le 11 septembre, a d’abord été étendue aux personnes soupçonnées d’être en contact avec des organisations terroristes puis aux opposants politiques, qui sont ainsi bloqués dans leurs déplacements et, dans les faits, interdits de sortie du pays par la « Transportation Security Administration ». Ainsi, les personnes ayant critiqué la politique du gouvernement sont, fouillées intégralement, intimidés, arrêtées administrativement ou interdites de vol.

En conséquence, le Conseil de l’Union européenne a engagé ses ressortissants dans un système de contrôle des passagers aériens à destination des USA, qui donne aux autorités états-uniennes la possibilité de faire évoluer cette procédure selon leurs propres finalités et ainsi, à terme, si il n’y a aucune réaction, d’empêcher arbitrairement tout passager européen d’embarquer vers les États-Unis .

Affaire Swift

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Un nouvel abandon de la souveraineté européenne
par Jean-Claude Paye

Une fois de plus l’Union européenne cède aux exigences de Washington sans contrepartie : les États-Unis auront légalement accès aux informations bancaires des Européens, dès que le Traité de Lisbonne sera entré en vigueur et que le Parlement européen aura avalisé le nouvel accord. Au demeurant, avant même le vote parlementaire, ces dispositions sont déjà appliquées. Jean-Claude Paye analyse cette nouvelle concession.

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Jacques Barrot, commissaire européen chargé de la Justice et des Affaires intérieures. D’obédience démocrate-chrétienne et partisan indéfectible de l’Alliance atlantique, il mena en France une brillante carrière de parlementaire, de président du Conseil général de Haute Loire et de ministre. Il fut vice-président du Cercle de l’Industrie de Dominique Strauss-Kahn. Son suppléant, Laurent Wauquiez, est devenu secrétaire d’État à l’Emploi.

Ces dernières années, l’Union européenne et les États-Unis ont signé un ensemble d’accords en matière de remise des données personnelles : informations PNR des passagers aériens, données financières dans le cadre de l’affaire Swift. Un projet de transfert général est en préparation. Il s’agit de remettre, en permanence aux autorités américaines, une série d’informations privées, telles le numéro de la carte de crédit, les détails des comptes bancaires, les investissements réalisés, les connexions internet, la race, les opinions politiques, les moeurs, la religion.

Progressivement, l’Union transforme sa propre légalité, afin de permettre au droit états-unien de s’appliquer directement sur son territoire. Chaque nouvel accord constitue un nouvel abandon de souveraineté des pays membres de l’Union européenne. Le texte qui vient d’être signé entre l’UE et les USA, en matière de saisie des données financières, en est un exemple éclairant.

L’affaire Swift

Ce 30 novembre 2009, le Conseil des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne a avalisé le projet d’accord établi par la Commission, qui permet aux autorités US de se saisir, sur les serveurs de la société Swift placés sur le sol européen, des données personnelles financières des citoyens des pays membres de l’Union. Cette ratification par le Conseil est la dernière étape du processus destiné à mettre fin au scandale de l’affaire Swift et à toute contestation du droit que se sont octroyé les États-Unis de se saisir des informations financières concernant les ressortissants européens.

L’affaire Swift avait éclaté lorsque, en 2006, la presse états-unienne avait révélé que cette société avait, depuis les attentats du 11 septembre 2001, transmis clandestinement, au Département du Trésor US, des dizaines de millions de données confidentielles concernant les opérations de ses clients. Swift, société américaine de droit belge, gère les échanges internationaux de quelques 8 000 institutions financières situées dans 208 pays. Elle assure le transfert de données relatives aux paiements, mais ne fait pas transiter d’argent.

Malgré la violation flagrante des droits, européen et belge, de protection des données personnelles, ce transfert n’a jamais été remis en cause. Au contraire, l’UE et les USA ont signé plusieurs accords destinés à légitimer cette capture.

Tous ont été justifiés par la lutte contre le terrorisme. La saisie par les autorités US était rendue possible par la particularité du système Swift. En effet, toutes les données contenues par le serveur européen, installé à La Haye, étaient également placées sur un second serveur placé aux États-Unis. Ce qui permettait aux douanes états-uniennes d’en prendre possession, le droit américain autorisant cette saisie.

Un nouvel accord UE-USA

Toutefois, depuis juin 2007, il a été prévu que les données Swift inter-européennes ne soient plus transférées aux USA, mais sur un second serveur européen. Cette nouvelle procédure s’avère formellement plus conforme au droit européen et supprimerait la possibilité des autorités états-uniennes de se saisir de ces informations. Ce nouveau serveur placé à Zurich est opérationnel depuis novembre de cette année.

Suite à cette réorganisation et contrairement à ce qui était affirmé lors des précédents accords, le Commissaire européen à la Justice Jacques Barrot a expliqué que les Vingt-Sept souhaitent donner, aux enquêteurs du Trésor américain, accès aux centres d’opérations européens gérés par Swift. Il a déclaré que « ce serait extrêmement dangereux à ce stade de cesser la surveillance et le contrôle de ces flux d’informations » et affirmé que les opérations américaines sur le serveur américain de Swift s’étaient révélées « un outil important et efficace ». Il a simplement repris les déclarations du juge Brugière, la « personnalité éminente » désignée par la Commission pour « contrôler » l’utilisation américaine des dizaines de millions de données transférées chaque année. Ce dernier avait prétendu que cette saisie avait « permis d’éviter un certain nombre d’attentats ». Aucun exemple, permettant de vérifier ces allégations, n’a été avancé. L’énonciation du caractère indispensable de la capture des données financières devient la preuve du succès de cette politique dans la lutte contre le terrorisme. Une identité est établie entre le mot et la chose.

Des justifications en trompe l’œil

L’énonciation de la lutte contre le terrorisme suffit à justifier la capture des données financières. Cependant, la réalité nous montre que les attentats sont généralement sont peu coûteux et ne nécessitent aucun déplacement important d’argent. . La raison invoquée prend un caractère surréaliste quand on sait que la commission officielle d’enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 n’a pas voulu investiguer sur les mouvements de capitaux suspects, enregistrés les jours précédents les attentats. Pourtant, juste avant les attaques du 11 septembre, le 6, 7 et 8, il y a eu des options de vente exceptionnelles sur les actions des 2 compagnies aériennes [Americain et United Airlines] qui furent détournées par les pirates, ainsi que sur Merril Lynch, l’un des plus grands locataires du World Trade Center. Ces informations ont été révélées notamment par Ernst Welteke, président de la Deutsche Bank à l’époque, qui a aussi déclaré qu’il y avait beaucoup de faits qui prouvent que les personnes impliquées dans les attaques profitèrent d’informations confidentielles afin de réaliser des opérations suspectes. Tous ces éléments, le fait qu’un attentat terroriste ne nécessite pas d’importants transferts de fonds et la volonté politique de ne pas enquêter sur les transferts financiers suspects, nous indiquent que la capture des données financières des citoyens est bien un objectif en soi.

Souveraineté états-unienne sur le sol européen

La Commission a voulu d’abord signer un accord transitoire, qui a pris effet dès la mise en route du serveur de Zurich. Le processus de décision a été confié à la présidence suédoise et au Conseil, rejetant ainsi toute possibilité de décision partagée avec le Parlement. Cela a toute son importance car le Conseil suit quasiment toujours les positions des fonctionnaires permanents et ceux-ci, se révèlent, le plus souvent, être de simples relais des négociateurs américains. Le commissaire Jacques Barrot affirme réaliser un accord équilibré, mais il a dû reconnaître que le texte actuel n’inclut pas l’accès des autorités européennes aux transactions bancaires états-uniennes.

À cet accord transitoire doit succéder un texte définitif, tout aussi unilatéral. Il s’agirait, après 9 mois, de « renégocier » ce qui a été accepté dans l’urgence. Cet accord devrait être avalisé par le Parlement européen, quand le Traité de Lisbonne, qui donne à cette assemblée plus de pouvoirs en matière de police et de Justice, sera d’application. La volonté affichée d’attendre la ratification du Traité indique qu’il s’agit de faire reconnaître, par le Parlement, un droit permanent des autorités américaines de se saisir, sur le sol européen, des données personnelles des citoyens de l’Union. Les nouveaux « pouvoirs » accordés au Parlement trouvent leur raison d’être dans la légitimation des transferts de souveraineté de l’UE vers les USA.

Cette position a le mérite d’être transparente, de présenter le Traité, non pas comme un texte constitutionnel interne à l’Union, mais comme un acte d’intégration de l’UE dans une entité supranationale sous souveraineté états-unienne. Ce nouvel accord qui permet aux autorités US de capturer, sur le sol européen et sans aucune réciprocité, des données personnelles des citoyens de l’Union, représente un nouveau pas dans l’exercice de la souveraineté directe des institutions étasuniennes sur les populations européennes.

Une structure impériale asymétrique

La capture US des informations sur les citoyens européens, surtout celles relatives à leur transactions financières, doit être replacée dans le cadre de la formation du futur grand marché transatlantique à l’horizon 2015. Les accords, qui autorisent ce transfert vers les USA, ne constituent qu’une étape préparatoire, la condition préalable permettant l’installation d’un grand marché transatlantique, ainsi que la constitution d’une entité politique commune. Ayant pour base le droit états-unien, ce projet s’avérera être un grand marché des données personnelles, à travers lequel, ces informations confidentielles seront livrées au secteur privé. La transformation de la vie privée en marchandise va de pair avec sa surveillance policière, cette dernière étant la condition d’existence de la première. La capture des données par les autorités administratives étasuniennes constitue une nouvelle accumulation primitive capitaliste ayant pour objet l’installation de nouveaux rapports de propriété basé sur la fin de la propriété de soi.

Le caractère asymétrique de la capture des données personnelles : les autorités américaine ayant accès aux données européennes, sans qu’il soit question d’une quelconque réciprocité, nous révèle que au niveau du futur grand marché transatlantique, toutes les entreprises seront égales, mais certaines, les firmes US, le seront plus que d’autres.

L’utilisation par les autorités états-uniennes des données financières recueillies lors de « la lutte contre le terrorisme » a déjà commencé dans le cadre de « la lutte contre la fraude fiscale », dont les attaques contre la banque suisse UBS et l’instrumentalisation du G 20 du 1er et 2 avril 2009 ont été les épisodes les plus médiatisés.

A love story

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Capitalism : A love story

Documentaire de Michael Moore (Etats-Unis, 2H06). “Le capitalisme, c’est le mal et l’on ne réforme pas le mal, on l’éradique pour le remplacer par le bien pour tous : la démocratie”, affirme Michael Moore avec son dernier brûlot sur la crise économique aux Etats-Unis.

Vingt ans après avoir filmé les ravages causés dans sa ville de Flint par des licenciements massifs chez General Motors dans “Roger et moi”, Moore constate que “bien des villes aux Etats-Unis” sont aussi mal en point. Enfants en larmes à la rue ou forcés de dormir dans un camion avec leurs parents, familles ou retraités ruinés émaillent “Capitalism: a love story”. Car la crise actuelle frappe de plein fouet les Américains modestes dont cet “activiste politique”, s’est fait le porte-parole. Elle est liée, dit le film, à la collusion entre les grandes banques d’affaires et l’administration de l’ex-président George W. Bush, mais aussi à un travail de sape antérieur nommé “dérégulation”, qui a permis à Wall Street de se transformer en “vrai casino où l’on peut parier sur n’importe quoi”.

Maniant habilement, comme à son habitude, interviews sauvages, images choc, ironie dévastatrice et commentaires à l’emporte-pièce, Michael Moore illustre les excès du capitalisme à l’américaine.

http://www.capitalismalovestory.co.uk/intl/fr/

http://www.youtube.com/watch?v=5jkSuxgTuzM


Abolir l’OTAN

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http://legrandvillage.files.wordpress.com/2009/04/jpg_dessin559_titom_momie_otan-2.jpg

Pourquoi ne pas abolir l’OTAN, tout simplement ?

par Rodrigue Tremblay

Traduit par Fausto Giudice de Tlaxcala

[L'OTAN a pour objectif] «d’exclure les Russes, d’inclure les Américains et de tenir les Allemands sous la botte».
Lord Ismay, premier secrétaire général de l’OTAN

«Nous devons immédiatement convoquer une réunion du Conseil de l’Atlantique Nord pour évaluer la sécurité de la Géorgie et passer en revue les mesures que l’OTAN peut prendre pour contribuer à stabiliser cette situation très dangereuse.»

Sénateur John McCain, (8 août  2008)

«Si nous avions travaillé de manière préventive avec la Russie, avec la Géorgie, en nous assurant que l’OTAN avait le genre de capacité, la présence et l’engagement idoines, nous aurions pu peut-être éviter ça» [L'invasion de l’Ossétie du sud par la Géorgie et la riposte russe subséquente ].

Tom Daschle, ancien chef de la majorité au Sénat et conseiller du sénateur Barack Obama, (17 août  2008)

«De tous les ennemis des libertés publiques, la guerre est peut-être le plus redoutable parce qu’elle comprend et développe le germe de tous les autres ennemis.»

James Madison (1751-1836), quatrième président des USA

L’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) est une relique de la Guerre froide. Elle a été créée le 4 avril 1949 comme une alliance défensive des pays d’Europe occidentale avec le Canada et les USA pour protéger ceux-ci des empiétements de l’Union soviétique.

Mais depuis 1991, l’empire soviétique n’existe plus et la Russie a coopéré économiquement avec les pays d’Europe occidentale, en leur fournissant du gaz et de pétrole, et des matières premières en tous genres tous. Ceci a accru l’interdépendance économique européenne et, par conséquent, considérablement réduit la nécessité d’une telle alliance militaire défensive au-dessus et au-delà de la défense militaire des pays européens eux-mêmes.

Mais le gouvernement US ne voit pas les choses ainsi. Il préférerait garder son rôle de protecteur paternaliste de l’Europe et d’unique superpuissance au monde. L’OTAN est l’outil qui convient à cet effet. Mais peut-être le monde devrait-il s’inquiéter de ces gens qui sillonnent la planète avec un bidon d’essence dans une main et une boîte d’allumettes dans l’autre, se faisant passer pour des vendeurs d’assurances contre les incendies.

En l’état actuel des choses, c’est un fait que le gouvernement américain et la nomenklatura spécialisée dans la politique étrangère américaine considèrent l’OTAN comme un outil important de la politique étrangère US d’intervention à travers le monde. Étant donné que de nombreux hommes politiques US ne soutiennent plus de facto l’Organisation des Nations Unies comme organisation internationale suprême pour le maintien de la paix dans le monde, une OTAN sous contrôle US semble être, à leurs yeux, un substitut attrayant à l’ONU pour fournir une couverture légale aux offensives militaires par ailleurs illégales qu’ils entreprennent à travers le monde. Ils préfèrent garder le contrôle total sur une petite organisation comme l’OTAN, même si elle est devenue une institution obsolète, que de devoir faire des compromis à l’ONU, où les USA ont néanmoins une des cinq voix de véto au Conseil de sécurité.

C’est la logique derrière les propositions visant à réorganiser, à réorienter et à élargir l’OTAN, afin de la transformer en un outil flexible de la politique étrangère US. C’est une nouvelle démonstration que des institutions devenues superflues peuvent avoir une seconde vie. En effet, lorsque leur vocation première n’existe plus, on leur découvre de nouvelles raisons de les garder en vie.

En ce qui concerne l’OTAN, le plan est d’en faire une alliance politico-militaire impériale et offensive contre le reste du monde, en l’élargissant considérablement. Conformément au plan, l’OTAN serait élargie pour englober l’Europe centrale et orientale, afin d’inclure non seulement la plupart des anciens membres du Pacte de Varsovie (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Bulgarie, Roumanie, Albanie et Hongrie) et bon nombre des anciennes républiques de l’Union soviétique (Estonie, Lituanie, Lettonie, Géorgie et Ukraine), mais serait aussi étendue jusqu’en Asie pour inclure le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, et peut-être, faire une percée au Moyen-Orient, en admettant Israël. Aujourd’hui, l’OTAN, qui comptait au départ 12 membres, est passée à 26 membres. À l’avenir, si les USA atteignent leur but, l’OTAN pourrait devenir une organisation de 40 membres.

Aux USA, tant les Républicains que les Démocrates voient la transformation de la vieille OTAN en cette nouvelle alliance offensive militaire comme une bonne idée (néocone) pour promouvoir les intérêts US partout à travers le monde, ainsi que ceux de leurs proches alliés, comme Israël. Ce n’est pas seulement une idée activement promue par l’administration néocone Bush-Cheney, mais aussi par les conseillers néoconservateurs des deux candidats à l’élection présidentielle US de 2008, le sénateur John McCain et le sénateur Barack Obama. En effet, les deux candidats sont d’enthousiastes partisans de l’interventionnisme militaire, et c’est essentiellement parce que tous deux s’appuient sur des conseillers provenant des même milieux néocons.

Par exemple, la précipitation avec laquelle les Bush-Cheney ont imprudemment promis à l’ancienne république soviétique de Géorgie l’adhésion à l’OTAN et fourni un appui et un ravitaillement militaire US est un bon exemple de la manière dont l’OTAN est perçue à Washington DC par les deux principaux partis politiques. D’une part, le candidat présidentiel républicain John McCain envisage un nouvel ordre mondial construit autour d’une «Ligue des démocraties» d’inspiration néocon qui remplacerait de facto les Nations Unies et par laquelle les USA gouverneraient le monde. L’autre, le sénateur Barack Obama n’a pas une position très lointaine des propositions de politique étrangère du sénateur McCain. En effet, le sénateur Obama préconise l’utilisation de la force militaire des USA et des interventions militaires multilatérales dans les crises régionales, pour “des raisons humanitaires”, même si ce faisant, l’ONU doit être court-circuitée. Par conséquent, si jamais il obtient le pouvoir, il y a fort à parier que le sénateur Obama n’aurait pas de scrupule à adopter la vision du monde du sénateur McCain. Par exemple, les deux candidats à l’élection présidentielle seraient probablement favorables à la suppression de la clause « no first strike » (ne pas être les premiers à attaquer) de la convention de l’OTAN. On peut tenir pour acquis que quel que ce soit l’homme politique qui entrera à la Maison Blanche, le monde sera un endroit moins régi par les lois et moins stable, et la situation ne sera guère meilleure qu’elle ne l’est sous l’administration voyoute des Bush-Cheney.

Il est toutefois difficile de voir en quoi ce nouveau rôle offensif attribué l’OTAN serait dans l’intérêt des pays d’Europe ou du Canada. L’Europe de l’Ouest, en particulier, a tout à craindre d’une résurgence de la guerre froide avec la Russie, et peut-être avec la Chine. La transformation de l’OTAN d’organisation militaire de défense de l’Atlantique Nord en une organisation militaire offensive d’envergure mondiale sous direction US va avoir des répercussions géopolitiques internationales à travers le monde, mais surtout pour l’Europe. L’Europe a une forte attraction économique pour la Russie. Alors pourquoi adopter la politique agressive d’encerclement militaire de la Russie de l’administration Bush-Cheney par un élargissement de l’OTAN aux portes de la Russie et en plaçant des boucliers anti- missiles juste à côté de la Russie? Ne serait-il pas mieux pour l’Europe de développer des relations économiques et politiques harmonieuses avec la Russie? Pourquoi préparer la prochaine guerre?

Quant au Canada, sous le gouvernement minoritaire du Néocon Steven Harper, il est malheureusement devenu de facto une colonie US, en ce qui concerne les affaires étrangères, et cela, sans aucun débat sérieux ni référendum à cet effet au Canada même. La dernière chose dont le Canada ait besoin serait de poursuivre sur cette route minée.

En conclusion, il semblerait que l’idée humaniste de faire la promotion de la paix, du libre-échange et du droit international comme fondements de l’ordre mondial a été écartée au profit d’un retour à la politique des grandes puissances et à la diplomatie de la canonnière. Il s’agit d’un retour en arrière de 100 ans.

C’est une honte.

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http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=5718&lg=fr

Source :  http://www.TheNewAmericanEmpire.com/tremblay=1093

Mahmoud Ahmadinejad

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Ahmadinejad: l’ancien ordre mondial s’effondre

Ahmadinejad: l’ancien ordre mondial s’effondre
Mahmoud Ahmadinejad
A l’issue d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorim, en visite à Téhéran, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réiteré que “la situation mondiale est en train de changer et que les dispositions actuelles du monde s’effondrent, et qu’il faut faire des efforts conjoints à la création de nouveaux systèmes mondiaux”.
Le président Nejad a insisté sur la nécessité que les relations entre les pays et les nations soient équitables et amicales dans le nouvel ordre international qui est entrain de s’installer.
Il a également abordé la crise économique mondiale en affirmant qu’elle a causé un minimum de dommages à l’économie iranienne car le pays ne dépend plus de l’extérieur.
Ahmadinejad a lancé un appel à toutes les grandes puissances occidentales , les invitant à penser à de nouveaux systèmes mondiaux. Idée reprise par Celso Amorim, qui a souligné que «désormais il faut créer une nouvelle structure politique et économique du monde.
Par ailleurs, le chef de l’Etat iranien a salué les dirigeants d’Amérique du Sud pour leur “sagesse dans la mise en place l’unité et la cohésion entre leurs pays” soulignant “qu’il n’y a aucun obstacle pour renforcer les liens entre le Brésil et l’Iran.

Une monnaie mondiale

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L’ONU et Le FMI Soutiennent L’agenda de dictature Financière Mondiale.

Préparez vous à une monnaie mondiale

Le FMI comme l’ONU ont jeté tout leur poids derrière des propositions pour mettre sur pied un nouveau système de monnaie mondiale pour remplacer le dollar et pour instaurer rapidement la dictature mondiale financière, la même semaine que le secrétaire au trésor US, Timothy Geithner disait aux mondialistes du CFR qu’il était ” ouvert ” à cet idée.

Comme nous l’avons rapporté hier* Timothy Geithner avait initialement repoussé une proposition chinoise et russe de remplacer le dollar par une nouvelle monnaie mondiale, mais plus tard il a dit aux élitistes du CFR qu’il avait constamment fait du lobbying en faveur d”une monnaie mondiale dans le cadre d’un agenda plus large de gouvernance mondiale, et qu’il était “ouvert” à cette idée.

Effectivement, avant que Geithner ne soit nommé par Obama (Secrétaire au Trésor ndlt) alors qu’il était encore président de la Banque de Réserve Fédérale de New York, il avait plaidé pour un nouveau système bancaire central mondial, peu de temps après avoir participé à la rencontre Bilderberg de 2008.

Maintenant, l’ONU et le FMI ont jeté leur poids derrière cette action et on rapporte que le sujet sera l’un des points de discussion principal lors de la conférence du G20, des responsables ayant initialement écarté toute spéculation que la création d’une monnaie mondiale serait sur l’agenda.

“Un panel d’économistes de l’ONU a poussé jeudi à la création d’une structure de réserve de monnaie mondiale pour remplacer le système instable basé sur le dollar et pour coordonner les démarches faites par les pays riches pour stimuler leurs économies selon ce qu’a rapporté une dépêche de l’AFP*.

” Un nouveau système mondial de réserve – ce qui pourrait être perçu comme un SDR particulièrement étendu ( Spécial Drawing Rights) avec des émissions régulièrement ou cycliquement ajustées à la taille des accumulations en réserve, pourrait contribuer à la stabilité mondiale, la puissance économique et l’équité mondiale” a dit le panel.

En plus, le directeur du FMI, Dominique Strauss Kahn, a dit que les discussions sur une nouvelle réserve de monnaie mondiale pour remplacer le dollar US étaient “légitimes” et pourraient avoir lieu “dans les mois à venir” selon une information.

Comme nous avons à plusieurs reprises mis en garde *, l’introduction d’un nouveau système de monnaie mondiale constitue la pierre d’angle du mouvement pour une gouvernance mondiale, un contrôle centralisé et plus de pouvoir concentré dans les mains d’un nombre réduit d’individus.

L’exploitation rapide et brutale de l’effondrement économique par les mondialistes et les banques centrales qui sont principalement à l’origine du problème, tourne autour de leur offensive pour une union monétaire mondiale, une directive venant du pouvoir central du CFR et du Groupe Bildenberg.

La Réserve Fédérale est déjà un organisme privé et en tant que tel n’a pas de compte à rendre au peuple américain. (Cela vaut également pour la Banque Centrale européenne ndlt). Une banque centrale mondiale – c’est effectivement ce que créera le nouveau système mondial de réserve monétaire – établira de facto une dictature financière qui exercera son pouvoir sur les économies de chaque pays de la planète sans avoir aucun compte à rendre.

L’élite dirigeante est depuis longtemps décidée à nous faire avaler de force une monnaie mondiale. En fait, une monnaie mondiale est au coeur même de leur plan de domination du monde.

Si vous contrôlez la monnaie vous contrôlez le destin des états, vous éliminez la souveraineté nationale. ” Le contrôle de la monnaie et du crédit est un coup porté au coeur même de la souveraineté” a une fois fait observer le président de la Banque d’Amérique, A.W. Clausen.

Comme l’a fait remarqué Carroll Quigley, un professeur de Georgetown et historien du CFR, le but des familles bancaires et de leurs minions c’est ” rien de moins que de créer un système mondial de contrôle financier entre des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie du monde dans son ensemble… contrôlé de manière féodale par les banques centrales du monde agissant de concert, par des accords secrets pris lors de fréquentes rencontres privées et de conférences.”

En 2007, Robert Mundell, ” le père de l’Euro” avait noté que ” la réforme monétaire internationale devient habituellement possible seulement en réponse à un besoin ressenti et la menace d’une crise mondiale”.

Cette crise là est arrivée peu de temps après, fournissant aux élites l’opportunité parfaite de s’engager dans un programme massif de centralisation financière en se posant en sauveurs – alors que ce sont eux qui ont crée le problème.

Les actions même des élites vont continuer à faire empirer la crise financière, fournissant le capital politique nécessaire pour qu’ils puissent instituer ce qu’ils ont projeté depuis longtemps – une nouvelle monnaie mondiale pour un gouvernement mondial qu’ils ont l’intention d’instaurer ensuite.

Paul Joseph Watson -27/03/09

* Signale un renvoi vers un hyperlien. voir l’article en anglais pour les liens.

Article en anglais

Son site: http://prisonplanet.com

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Réarmer la Russie

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Medvedev veut réarmer massivement la Russie




Le président russe Dmitri Medvedev souhaite augmenter et moderniser à partir de 2011 les capacités de combats de son armée et sa force nucléaire. Un revirement après la détente amorcée depuis l’arrivée de la nouvelle administration Obama.

Est-ce le signe d’une mise entre parenthèses du réchauffement qui s’esquissait entre la Russie et la nouvelle administration Obama ? Après s’être dit, début février, prêt à une coopération «des plus approfondies» avec Washington sur toutes les questions, «y compris le désarmement», Dmitri Medvedev semble changer de posture.

Le président russe a ainsi ordonné mardi un vaste réarmement de son pays à partir de 2011. «À partir de 2011 débutera un réarmement à grande échelle de l’armée et de la marine russe», a-t-il expliqué lors d’une réunion avec des hauts représentants du ministère de la Défense. «L’analyse de la situation politico-militaire dans le monde a montré qu’il restait un potentiel de conflit sérieux dans certaines régions, alimenté par des crises locales et les tentatives incessantes de l’Otan de développer son infrastructure militaire près de la Russie», a ajouté Medvedev. Au coeur des préoccupations du Kremlin : le projet de «bouclier antimissile» américain en Pologne et en République tchèque et les perspectives d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan. Si l’élargissement à l’Est de l’Alliance atlantique est perçu par les États-Unis comme un facteur régional stabilisateur, Moscou y voit de son côté une atteinte à sa sphère traditionnelle d’influence.

«La principale tâche est d’augmenter la capacité de combat de nos forces, avant tout celles de nos forces stratégiques nucléaires. Elles doivent être capables de remplir toutes les tâches indispensables pour assurer la sécurité de la Russie», a poursuivi le chef de l’Etat.

Les déclarations du président russe tranchent avec plusieurs manifestations récentes d’apaisement de part et d’autre. Pour préparer la première rencontre officielle entre Barack Obama et son homologue russe, le 2 avril dans le cadre du G20 à Londres, la secrétaire d’État Hillary Clinton et son homologue russe, Sergueï Lavrov, s’étaient rencontrés début mars à Genève. Au menu des discussions figuraient la relance des négociations sur le désarmement et la non-prolifération nucléaire. Washington souhaite remettre sur les rails les pourparlers sur le renouvellement du traité de réduction des armes stratégiques (Start-1), qui expire fin 2009. Le Kremlin s’y était montré plutôt favorable. La veille, le dialogue entre la Russie et l’Otan, gelé l’été dernier après l’opération militaire russe en Géorgie, avait même été renoué.

Quelques jours plus tôt, on apprenait également que le président Obama avait fait parvenir à Dmitri Medvedev une lettre secrète, proposant de revenir sur le déploiement d’un bouclier antimissile en Europe centrale si la Russie contribuait à dissuader l’Iran de construire la bombe.

Les Guignols WC

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Dans les guignols de l’info du 02/04/2009 la World Company explique comment Barack Obama a été élus président.

Webster G. Tarpley

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Goodbye dollar

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La Chine en guerre contre le dollar

FOCUS – A quelques jours du G20, le gouverneur de la Banque Centrale de Chine a proposé de créer une nouvelle monnaie de réserve supranationale. Les USA réaffirment néanmoins leur volonté de voir le dollar demeurer la principale monnaie de réserve.

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Le G 20, qui réunira le 2 avril prochain à Londres, les dirigeants des pays industrialisés et des économies émergentes, s’annonce animer. Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la Banque Centrale de Chine a publié un essai lundi 23 mars, dans lequel il accuse indirectement les États-Unis d’être responsables de la propagation de la crise à l’échelle mondiale. Il pointe du doigt les méfaits du dollar et réclame l’adoption d’une nouvelle monnaie de réserve internationale, pour remplacer le billet vert. Pour lui, le système économique mondial actuel est trop influencé par la politique des États-Unis. «L’éclatement de la crise et son débordement dans le monde entier reflètent les vulnérabilités inhérentes et les risques systémiques dans le système monétaire international». Il réclame l’instauration d’un système placé sous les auspices du Fonds monétaire international (FMI). Pour M. Zhou, cette monnaie de réserve existe déjà. Ce sont les «droits de tirage spéciaux» (DTS). «On devrait étudier tout particulièrement comment donner un rôle plus important aux DTS» qui ont «le potentiel» pour devenir «monnaie de réserve supra-nationale», écrit-il.

Une idée qui fait son chemin
L’idée n’est pas nouvelle. C’est le milliardaire américain Georges Soros qui le premier avait évoqué le sujet en 2002. La Russie l’a reprise à son compte. Elle a même proposé que le sujet soit à l’ordre du jour du prochain sommet. Le Japon, qui est le deuxième détenteur de billets verts, avec près de 1000 milliards de dollars de réserves, pourrait également ne pas rester insensible à l’idée avancée par la Chine. Le FMI a également pris la proposition de la Chine très au sérieux. «C’est une proposition sérieuse. Je ne pense pas que ceux qui l’ont proposée la voient comme une question urgente, mais plutôt comme une question à long terme, qui mérite d’être étudiée et examinée sérieusement», a déclaré son directeur général adjoint, John Lipsky.

Ces «droits de tirage spéciaux», dont la valeur est liée à un panier de monnaie, ont été créés en 1969 comme avoir de réserve mondial par le FMI, pour compléter les réserves de ses pays membres alors que l’offre d’or et de dollars ne suffisait plus. Pour la Chine, ils apparaissent comme un moyen efficace de diversifier leurs colossales réserves de changes. En effet, avec une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années (9,5 % par an en moyenne entre 1997 et 2004, et encore 6.5% prévus en 2009), les réserves chinoises ont grimpé en flèche et aujourd’hui on estime à plus de 2 000 milliards le montant de ces avoirs en dollars.
L’établissement «d’une nouvelle monnaie de réserve largement acceptée (…) pourrait prendre du temps», admet Zhou Xiaochuan. Mais «à court terme la communauté internationale et particulièrement le FMI devraient au moins (…) faire face aux risques résultant du système actuel, conduire des contrôles réguliers et des évaluations».

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Un coup d’épée dans l’eau
Pour de nombreux observateurs, il y a peu de chances pour que cette demande aboutisse. Les réserves de dollars accumulés par la Chine lui permettent en effet, de conserver un taux de change stable (actuellement autour de 6,8) entre sa monnaie locale (le Renminbi) et le dollar. Un taux largement sous évalué qui permet à la Chine de rester très compétitive, favorisant les exportations vers les Etats-Unis. Les deux pays ont donc tout intérêt à ce que la situation reste en l’Etat. La Chine y gagne en finançant ses exportations. En échange, les américains conservent leur pouvoir d’achat, en achetant des produits bon marché. Si des pays comme la Chine, le Japon ou la Russie devaient délaisser leurs avoirs en dollars pour un panier de devises, cela se traduirait par une chute du dollar qui rendrait moins compétitive la Chine. Selon le Centre d’études prospectives et d’informations internationales, une dépréciation de 25 % du dollar se traduirait par une perte de 5,7 points de PIB pour la Chine. Mais en entretenant un Yuan sous évalué la Chine courre un autre risque : celui d’importer de l’inflation.

La réclamation du gouverneur de la Banque de Chine n’est peut-être pas à prendre au pied de la lettre, mais plutôt comme un avertissement adressée aux Etats-Unis. Les chinois ont très mal pris le rachat massif par la Réserve fédérale la semaine dernière, de bons du Trésor américains. Elle a encore annoncé ce mercredi matin qu’elle allait acheter encore des obligations du Trésor américain à l’occasion d’enchères de sa branche à New York. En faisant tourner la planche à billets, la Fed fait baisser les taux et la valeur des avoirs chinois en dollars s’en trouve ainsi diluée. Malgré une croissance encore soutenue, la Chine doit elle aussi faire face au ralentissement. Au mois de février, les exportations chinoises ont dégringolé de 25,7% sur un an.

Mais l’administration Obama ne semble pas se laisser impressionner par la mise en garde de la Chine. «Je ne crois pas à la nécessité d’une monnaie mondiale» indiquait mardi matin, le locataire de la Maison Blanche lors d’une conférence de presse. «En ce qui concerne la confiance dans l’économie américaine ou dans le dollar, je ferais remarquer que le dollar est extraordinairement fort en ce moment. Et la raison pour laquelle le dollar est fort en ce moment, c’est parce que les investisseurs considèrent que les États-Unis ont l’économie la plus forte du monde, avec le système politique le plus stable du monde», a ajouté Barack Obama. Même discours chez Timothy Geithner, le secrétaire au Trésor américain, qui affirmait mercredi : le dollar reste la monnaie de réserve de référence, et je pense qu’il devrait continuer de l’être longtemps”.

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