21eme SIECLE

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COMMENT VOYEZ-VOUS LE XXIe SIECLE ?

Ce sera un siècle de turbulences, car il n’y a pas de changements sans conflits.
Ce fut le cas lors de la première révolution industrielle.
Pendant cinquante ans, en Europe comme aux Etats-Unis, les intérêts du monde rural se sont heurtés à ceux d’une bourgeoisie industrielle naissante.
Aujourd’hui, des guerres paraissant insensées sont, en fait, l’expression de cet antagonisme. Ainsi, en Afghanistan, ou les talibans, venus des montagnes, tentent d’imposer leurs valeurs d’un autre age aux citadins de Kaboul.
Le passage à une civilisation de l’information générera de semblables tensions.
Au sein de nombreux pays, en Chine par exemple, certaines régions en sont encore au tout début de la production manufacturière, tandis que d’autres utilisent des réseaux d’ordinateurs. De même, au sein d’une seule entreprise, l’ancien et le nouveau modèle peuvent fort bien coexister. Les conflits d’intérêts vont donc se multiplier, comme d’ailleurs les antagonismes sociaux ou culturels.

La rapidité de la convalescence de ces pays dépendra en partie de leur capacité à changer de stratégie.
Ils ont tout misé sur l’exportation de produits manufacturés.
Cela a marche, pour le Japon et Taiwan notamment, quand peu de pays exportaient.
Aujourd’hui il n’y a plus de place pour tout le monde.
Cette évolution n’a rien d’inévitable, la mondialisation provoquera un accroissement des inégalités dans les pays développés, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Russie, ce n’est pas le manque d’espace qui obsède, mais le déferlement annoncé des « sauvages urbains » ces sauvages, jeunes déracinés et sans travail, seront obligés de considérer la ville comme une jungle et d’y inventer de nouveaux moyens de survie.
Pour sans protéger, les classes moyennes et aisées se barricaderont dans de véritables enclaves fortifiées, avec règlements, police et voirie privés, comme celles qui commencent a fleurir a Los Angeles, Miami ou Sao Paulo.
L’économiste américain Robert Reich, ancien secrétaire au travail de Clinton, décrit la montée d’une nouvelle classe sociale, prête à faire sécession et capable, grâce a Internet, au télétravail et au visiophone, de ne plus avoir aucun contact direct avec le « monde extérieur, en particulier les pauvres ».
Pourvu que ces pays parviennent à transformer leur système éducatif.
La société industrielle avait besoin de gentils « petits soldats », de travailleurs ponctuels oeuvrant de concert sur une chaîne.
Le système éducatif de masse a donc promu des valeurs comme la ponctualité ou l’obéissance.
Aujourd’hui, s’il veut rester dans la course, un pays doit innover.
Pour cela, il a besoin de citoyens qui réfléchissent, qui s’expriment, quitte a se tromper.
Il faut sortir au moins dix mauvaises idées avant d’en formuler une bonne.
Le système éducatif doit donc apprendre à traiter les gens de façon personnalisée.
Mais, pour l’heure, aucun pays n’a amorcé cette révolution.
L’existence partout, de ministères de l’Education et de syndicats d’enseignants puissants est un terrible obstacle au changement.

IL EXISTE TROIS SOURCE DE POUVOIR.

Le premier est militaire.
Le deuxième est la richesse.
La troisième, l’information, est la plus sophistiquée.
Or la puissance militaire dépend désormais de cette troisième forme de pouvoir.
Même chose dans le domaine économique.
Le savoir tend à devenir un élément incontournable de la puissance.
Comment cette évolution influe-t-elle sur la géopolitique ?
Géant militaire, les Etats-Unis sont également à la pointe de la science et de la technologie.
Le Japon, lui, dispose avant tout du pouvoir économique (et la crise actuelle n’y change rien)
L’Europe, elle, est à la traîne dans les trois domaines !
Rien d’étonnant : la stratégie des responsables politiques européens, comme celle des fonctionnaires de Bruxelles, n’a pas évolué depuis quarante ans.
Ils croient toujours que plus c’est gros, mieux c’est.
On a l’impression qu’ils agissent comme si l’ordinateur et les réseaux informatiques n’existaient pas.
La moitié du budget européen, soit 45 milliards de dollars, part chaque année en subventions agricoles, alors que la science et les technologies de l’information, qui elles, sont décisives pour l’avenir, ne récoltent pratiquement rien.
Dans le même temps, les emplois industriels (les votre comme les notre) se délocalisent dans les pays à bas salaires.
Cette erreur stratégique fondamentale, les Européens la paient, des maintenant, par un taux de chômage deux fois plus élevé que celui des Etats-Unis ou du Japon.
La domination des Etats-Unis qui ne sera pas éternelle, j’en convient volontiers, reflète en fait les erreurs de leurs concurrents, qui n’ont pas saisi la teneur de la révolution en cours.
Si comme moi, vous croyez que nous entrons dans une ère de turbulences, alors chaque pays a besoin d’un maximum de flexibilité.
Plus vous entraverez cette flexibilité, plus il y aura de troubles sociaux et d’affrontements politiques.
Et moins l’économie progressera.

JAMAIS LE GRAND PUBLIC ET LES DECIDEURS N’ONT ETE AUSSI AVIDES D’INFORMATIONS SUR L’AVENIR.

L’ancien Premier ministre anglais Winston Churchill avait prévu la construction européenne.
Alvin Toffler en 1970 capables de pronostiquer le règne d’Internet et avec Alexandre Soljenitsyne prédire la chute de l’URSS.
En 1925, une théorie a été formulée, par le Russe Nicolas Kondratieff, qui mit en évidence une succession de cycles d’environs 60 ans dans l’activité économique et ce, depuis la première révolution industrielle.
Or l’an 2000 coïncide avec l’amorce du « cinquième Kondratieff » tout se met en place, le système bancaire occidental est assaini, l’inflation ne repart pas, l’endettement mondial est sous contrôle, les Bourses montent et tous les pays disposent de fort gisement de productivité grâce aux nouvelles technologies.
Un optimisme aussi militant passera sans doute, chez vous, pour quasi pathologique.
Rarement, en effet, nos compatriotes ont autant douté de l’avenir.
A tort, comme le démontre la vie.
Quel que soit la situation considérée : Santé, transport, organisation du travail ou des loisirs, vie domestique, communication …
Bon nombre d’angoisses devant l’avenir qui nous paralysent devraient trouver une solution grâce aux découvertes de nos industriels et scientifiques.
Dans le « village mondial » tout le monde communiquera via Internet, la voiture propre et sure pilotée par ordinateur, le robot ménager qui parle et obéit au geste et à la voix, la fin des caries dentaires, 2010 l’homme sur Mars, c’est pour demain.
Nous sommes probablement en train de vivre une des révolutions industrielles les plus rapides de l’histoire de l‘humanité.
Pour le meilleur ou pour le pire, les gens ont une excuse à leurs doutes : le futur apparaît effectivement plus flou qu’il y a trente ou quarante ans.
Depuis la fin de la guerre froide, l’avenir est devenu moins prévisible.
Mais cela ne signifie pas forcement moins rose !
Simplement, la situation évolue plus vite; la concurrence, désormais mondiale, affaiblit les faibles et accroît les inégalités; les positions acquises, qu’elles soient techniques, économiques ou géopolitiques, ne le sont plus pour très longtemps.

QUE DISENT DU FUTUR TOUS LES SPECIALISTES ?

D’abord, que la mondialisation est notre horizon inéluctable.
Et que cela n’a rien d’une catastrophe.
Ce mouvement de « globalisation » de l’économie offrira même de singulières opportunités a ceux qui sauront s’y adapter.
Que les entreprises heureuses seront celles qui sauront le mieux rester a l’écoute d’un client encore plus versatile, zappeur et pressé qu’aujourd’hui – c’est la, après tout, un principe éternel du marketing.
Que les petites structures « nomades », souples et réactives, on toutes les chances de s’en sortir a leur avantage.
Pour espérer tirer son épingle de ce jeu « global » le travailleur ne doit avoir qu’une stratégie : réactualiser sans cesse sa formation.
Ce qu’il aura tout loisir de faire chez lui, grâce a un équipement domestique infiniment plus développé et convivial qu’aujourd’hui.
Pour le moment, le taux d’équipement des familles n’est que de 40% aux Etats-Unis et de 20% en France.
Cela est du au fait que les produits actuels ont été conçus pour le bureau, pas pour la maison. Leur maniement est donc encore fort complexe.
A terme, la structure de l’entreprise devrait éclater, au profit d’organisations beaucoup plus réactives : travail en réseau, salariés nomades, cyber-entrepreneur…
Pour gagner du temps et de la souplesse, les entreprises commencent aussi a transformer une partie de leurs collaborateurs en « nomades électroniques » : ils ne disposent plus de bureau fixe mais travaillent chez eux, chez le client ou dans leur entreprise par téléphone mobile ou messagerie électronique, relies à la société par Internet.
Les Etats-Unis comptent déjà plus de 7 millions de ces « télécommuters » la frontière entre vie personnelle et professionnelle va progressivement s’effacer.
Internet fournit en effet à n’importe quel entrepreneur un accès direct et peu onéreux au marché mondial.
Nul besoin, donc, d’être voyant pour prévoir la prolifération de micro-entreprises (home-business) des millions de particuliers monterons bientôt leur affaire sur internet.
Le travail va devenir une marchandise comme une autre.
La possibilité d’accéder directement au consommateur bouleversera aussi les modes de production, consultants et services de recherche des entreprises multiplient les études pour anticiper les goûts et les besoins du consommateur.
Une certitude : les produits du 21eme siècle seront plus personnalises, moins chers …
et parfois « intelligents »
Les nouvelles technologies vont donner naissance a une foison de nouveaux jeux et activités sportives.
Et nous aurons plus de temps à leur consacrer.
Mais ces plages de détente devrons être utiles : entretien de la forme, maîtrise du stress, formation permanente …

Pourquoi la démocratie ?

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Un régime politique est un système par lequel s’exerce le pouvoir politique et se légitime son autorité. Dans la liste classique on distingue la monarchie, gouvernement du roi, appelé monarque. Elle est dite « absolue » quand le roi détient tous les pouvoirs. On entend par aristocratie un pouvoir politique exercé par une classe sociale, une noblesse et qui exerce, comme pour les chevaliers, ou les kshatriyas de l’Inde ancienne, de la puissance militaire.  Quand le pouvoir politique se réduit, pour être entre les mains d’un très petit nombre de personnes, on parle d’oligarchie. Quand  il dérive pour devenir un gouvernement entre les mains et au service des riches, on parle de ploutocratie. La conception d’un gouvernement des hommes par eux-mêmes dans laquelle l’Etat, en tant qu’institution, est dissolu est appelé anarchie. Enfin, on appelle démocratie, le pouvoir (kratos) direct du peuple (demos) ou le pouvoir du peuple par lui-même.

S’il est un sujet sur lequel règne un consensus solide dans nos sociétés actuelles, c’est bien sur le fait que la démocratie est le seul régime qui mérite nos faveurs, si bien que se dire « démocrate » aujourd’hui n’a plus grand intérêt car tout le monde l’est et personne ne conteste (ouvertement ?) le bien fondé de la démocratie comme régime politique. Cependant, cela ne veut pas dire que nos raisons soient identiques. Donc, la meilleure façon de tourner la question serait : Pourquoi voulons-nous la démocratie ? Est-ce parce qu’elle est le seul régime conforme avec notre aspiration à la liberté ?  Ou, plus trivialement, parce qu’elle est le seul régime compatible avec l’économie de marché ? Est-ce une sorte de choix par défaut à la manière de Churchill disant que la démocratie est le pire des régimes… à l’exception de tous les autres !

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A. Un idéal ou un aléa historique?

Nous avons vu précédemment que la conception de l’Etat des grecs était centrée sur la Cité. C’est un mot qu’il vaudrait mieux conserver et garder le terme d’Etat pour désigner le gigantisme de nos structures actuelles qui n’a aucun rapport avec la modestie de dimensions de la Cité grecque. La Cité c’est la politique à dimension humaine. Pour Aristote, la Cité est naturelle, car dans l’extension de la famille et des clans. Les citoyens ne doivent pas être trop éloignés les uns des autres pour pouvoir régulièrement s’assembler. Cependant, à Athènes, tout le monde n’était pas citoyen et seule une partie des citoyens, 6000, se réunissait à l’assemblée de l’Ecclésia. La petitesse des structures ne suffit pas pour rendre possible une démocratie « parfaite » (Ce qui n’a en fait jamais existé). Les droits accordés aux hommes en général et ceux qui était accordés aux citoyens n’étaient pas identiques.

1) Pour comprendre en quoi la démocratie constitue un idéal, dont la réalisation historique a toujours été difficile, partons de l’autre terme avec lequel on la confond toujours, le terme de République. Le terme de république veut dire « res » la chose, « publica », publique, autrement dit, l’intention d’organiser un bien commun. Une République se doit par essence d’être bien ordonnée, au sens où elle est une société d’hommes libres rassemblée afin de bien vivre. Une île livrée à des pirates qui n’ont en vue que le pillage, une région livrée à des troupes de brigands, n’est pas « ordonnée ». La Souveraineté du peuple n’est pas manifestée, le souci du bien commun n’est pas porté. Quand on lit Kant et Rousseau, on voit qu’ils donnent leur adhésion sans réserve à l’idée de République. Mais la manière dont on parvient à ce résultat au moyen de tel ou tel régime, c’est autre chose. On peut donc être républicain, sans pour autant être démocrate. Pour Kant, l’essentiel dans une République, c’est qu’y règne un état de droit, qu’il y ait un système représentatif permettant de voter des lois. La République idéale accompli le règne des fins de la raison. La démocratie en tant que régime est nécessairement républicaine, mais une République n’est pas forcément démocratique. Pour la plupart des auteurs classiques, il est possible de confier le souci du bien commun à une seule personne, si on considère qu’elle a les compétences nécessaires pour préserver la République.  Machiavel lui-même est attaché à la République, parce qu’il a fort bien compris le principe de la raison d’Etat. Mais cela ne fait pas de lui un démocrate, notamment parce qu’il refuse un principe auquel nous sommes attachés en démocratie,  celui de la transparence.

2) La question du régime politique se pose à partir du moment où nous nous demandons quel est le meilleur gouvernement offrir à une République. Cette question, c’est exactement celle qui est développée par Platon dans le livre VIII de La République. Un régime politique peut-il être imposé ? Ne résulte-t-il pas logiquement de ce que les hommes sont eux-mêmes ou de ce qu’ils sont devenus? Les formes de gouvernement viennent « des mœurs des citoyens, qui entraînent tout le reste du côté où elles penchent ». Ce sont les mœurs des hommes qui les inclinent à se doter d’un régime politique et leur régime est aussi un reflet de la manière dont chacun se gouverne lui-même. Ainsi serions-nous fondé à parler « d’homme aristocratique », ou « d’homme démocratique », pour désigner le type humain dominant dans un Etat à une époque historique donnée, type humain qui se dote des institutions qui lui ressemblent. Platon raisonne en partant d’une analogie entre la maîtrise de l’intériorité et celle de la Cité ; par là il entend montrer par quelle logique les hommes sont conduits d’une forme de gouvernement à une autre.

a) Dans la succession historique, Platon considère dans l’ordre d’abord ce qu’il appelle la timocratie. La timocratie est un régime politique « qui aime la victoire et l’honneur, formé sur le modèle de gouvernement de Lacédémone». Le mobile central de l’homme timocratique est la recherche de la gloire au sens où il attache une valeur au fait d’être jugé digne, récompensé, honoré ou admiré dans la Cité. Ce régime est fortement militarisé, ce qui veut dire qu’il est en quête de chefs intrépides et qu’il favorise une éducation où prédomine la gymnastique, l’entraînement guerrier et la chasse… et délaisse l’éducation intellectuelle. « La raison… alliée à la musique ; elle seule, une fois établie dans l’âme, y demeure toute la vie conservatrice de la vertu ». Mais dans une Cité de ce genre, il demeure un sens de la vertu, mais qui n’est pas une vertu de l’intelligence, mais plutôt le courage, l’ardeur généreuse, l’ambition. Soucieux des apparences, l’homme timocratique en a aussi la vénération, d’où le l’importance de la bonne réputation et non pas celle du mérite réel. Ce qui va le corrompre de l’intérieur, c’est que les citoyens de la timocratie vont peu à peu être porté à rechercher la richesse, ce qui va conduire le régime à un point de rupture. « Leur passion du gain fait de rapide progrès, et plus ils ont d’estime pour la richesse et moins ils en ont pour la vertu… Quand la richesse et les riches sont honorés dans une cité, la vertu et les hommes vertueux y sont tenus en moindre estime ».

b) Le régime timocratique va donc se naturellement se dégrader dans le régime appelé oligarchie. L’avènement de l’oligarchie se produit quand quelques uns s’emparent du pouvoir par la richesse. Un changement de valeur s’est produit, l’homme oligarchique vénère en tout premier lieu l’argent et sa conception du pouvoir le porte à organiser le bien public sur son accroissement au profit de quelques uns. « Les citoyens finissent par devenir avares et cupides ; ils louent le riche, l’admirent et le portent au pouvoir, et ils méprisent le pauvre ». Ce qui va exposer l’Etat à toutes sortes d’erreurs, car en cherchant à enrichir les riches, il appauvrit les pauvres et se trouve peu à peu conduit à son propre renversement par le peuple lui-même. Les riches ne sont pas les plus compétents pour gouverner parce qu’ils ont fatalement tendance à détourner le bien public vers le profit personnel. Platon compare le pouvoir politique à la manière de piloter un bateau, le riche étant incapable de tenir correctement le gouvernail. Le régime oligarchique va produire de lui-même l’opposition de classe qui va faire que la Cité ne sera plus unifiée, mais divisée avec « celle des pauvres et celle des riches, qui habitent le même sol et conspirent sans cesse les uns contre les autres ».

c) Le régime oligarchique va naturellement se dégrader dans le régime appelé démocratie. En effet, la multitude opprimée par les excès et les contradictions de la politique de l’argent, elle va se révolter, renverser les riches et s’emparer du pouvoir. « La démocratie apparaît lorsque les pauvres ayant remporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques ».  Dans la démocratie, les citoyens « sont libres… la cité déborde de liberté et de franc-parler, et … on y a licence de faire ce que l’on veut». Et « Partout où règne cette licence chacun organise sa vie de la façon qui lui plaît ». L’opinion est rendue à chacun, et chacun est censé donner son avis en matière de décision publique. C’est la bigarrure de l’opinion. Et en ce sens, de ce type de gouvernement « il y a des chances qu’il soit le plus beau de tous. Comme un vêtement bigarré qui offre toute la variété de couleurs, offrant toute la variété des caractères, il pourra paraître d’une beauté achevée ». Nietzsche parlera lui de « vache multicolore » pour désigner la démocratie de son époque. Platon voit dans la démocratie un régime agréable, plutôt désordonné dans son pouvoir (tendance à l’anarchie), « qui dispense une sorte d’égalité aussi bien à ce qui est inégal qu’à ce qui est égal ». Bref, le relativisme est la vue qui sied le mieux à la démocratie.

Comme pour les régimes précédents, il faut considérer l’homme type. Qu’est-ce que l’homme démocratique ? Pour répondre, Platon va étonnamment insister sur la différence entre désirs nécessaires et désirs superflus. L’homme démocratique hérite de la maladie dispendieuse du régime précédent. Son goût pour la licence des moeurs, qu’il revendique au titre de liberté, le porterait aisément à mépriser la sagesse des anciens et la tempérance. Il est dans sa force un Calliclès, traitant la pudeur d’imbécillité, la tempérance de lâcheté, il se moque de la modération et de la mesure dans la dépense. Il aime à l’excès « une foule d’inutile désirs ». « Il ne dépense pas moins d’argent, d’efforts et de temps pour les plaisirs superflus que pour les nécessaires. Et s’il est assez heureux pour pousser sa folie dionysiaque trop loin, plus avancé en âge, le gros du tumulte étant passé,… il établit une espèce d’égalité entre les plaisirs». « Il soutient que tous les plaisirs sont de même nature et qu’on doit les estimer également ». L’hédonisme est très démocratique. La démocratie tolère toutes les préférences, car elle est le régime de l’homme bigarré. Et l’excès de licence finit par perdre la démocratie : « l’excès de liberté doit aboutir à un excès de servitude et dans l’individu et dans l’Etat ».

d) Le régime démocratique va naturellement se dégrader dans le régime appelé tyrannie. « La tyrannie n’est donc issue d’aucun autre gouvernement que la démocratie, une liberté extrême étant suivie, je pense, d’une extrême et cruelle servitude ». Les riches prennent la parole devant le peuple et emploient tous les moyens qui sont en leur pouvoir ». Et il y a plus grave car d’un autre côté, « le peuple n’a-t-il pas l’invariable habitude de mettre à sa tête un homme dont il nourrit et accroît la puissance ?». Quand le désordre est grand, grande est la tentation d’inviter l’homme fort au pouvoir. Le tyran va pousser, comme di Platon, sur la racine du protecteur. « Où commence la transformation du protecteur en tyran ? ». Quand le chef est assuré de l’obéissance absolue de la multitude, d’homme il finit par se changer en loup. S’il ne périt pas de la main de ses ennemis, il doit se faire tyran. Ainsi, se sachant menacé, « le tyran va demander au peuple des gardes du corps », se constituer une milice. « Et le peuple en accorde, car s’il craint pour son défenseur, il est plein d’assurance pour lui-même ». Bien sûr, le vrai visage du tyran n’apparaît pas tout de suite. « Dans les premiers jours, il sourit et fait bon accueil à tous ceux qu’il rencontre, déclare qu’il n’est pas un tyran, promet beaucoup en particulier et en public, remet des dettes, partage des terre au peuple et à ses favoris, et affecte d’être doux et affable envers tous». Seulement, une fois qu’il s’est « débarrassé des ennemis du dehors, en traitant avec les uns, en ruinant les autres, et qu’il est tranquille de ce côté, il commence toujours par susciter des guerres, pour que le peuple ait besoin d’un chef. » Et c’est de cette manière qu’il se rend de plus en plus odieux au regard des citoyens. Il est un spécialiste des purges, non pas au sens de la purgation saisonnière de l’hygiène qui se débarrasse des toxines du corps, mais au sens où il élimine lui le meilleur de son Etat. Il finit par répandre partout la servitude. S’il fallait maintenant évoquer l’homme tyrannique, au sens où précédemment nous avons parlé de l’homme démocratique, nous devrions évoquer une situation où l’homme soit se range aux côtés des favoris du tyran, de ses fidèles, ou bien se replie sur lui-même dans la terreur, n’osant pas déplaire au Prince et acceptant les contraintes dont il est victime.

3) Cette analyse du livre VIII suit un développement historique. Notez que Platon n’y inclut pas ce qu’il considère la Constitution parfaite qui est l’idéal.  Si la République doit veiller au bien commun, la meilleure des Constitutions serait celle dans laquelle tout devient commun. C’est littéralement une utopie communautaire dont parle Platon : les femmes seraient partagées, les enfants devraient être éduqués en commun, séparés de leurs parents, les moyens de défense pris en commun etc. L’idéal n’est pas « historique », il est en fait intemporel. A la question de savoir ce qu’est un gouvernement juste, la réponse qui s’impose, c’est qu’il doit être un gouvernement dans lequel  la sagesse et l’intelligence règnent sans partage. Il est juste que ce soit l’intelligence qui gouverne, que l’intelligence domine la puissance de l’ardeur généreuse et qui elle-même domine les appétits ou instincts.  Dès que cet ordre est renversé, il y a dérèglement et corruption. La maîtrise est abandonnée à la force ou aux instincts et pulsions. Parlant de la Cité, Platon considère que le sages représente l’intelligence, le guerriers représente l’ardeur généreuse, le marchands le règlement des appétits etc. Pour que la Cité soit juste, elle doit être aussi équilibrée que l’âme et donc que chaque fonction soit à sa juste place et n’outrepasse pas son domaine. D’où l’utopie du philosophe roi chez Platon, utopie qui ne peut avoir un sens que s’il pouvait naître parmi les mortels des âmes suffisamment désintéressées, débarrassées de tout intérêt personnel pour se consacrer à la tâche de gouverner les hommes et de les éduquer dans la sagesse. Force est de se rendre compte que Platon n’y est pas parvenu de son temps et que le projet est resté au stade d’un idéal. Nous pouvons donc retenir ceci : Platon n’a jamais vu dans la démocratie un idéal,  mais seulement un régime historique de nature instable.
B. La démocratie vue comme un idéal

Il va sans dire que ce qui motive l’homme contemporain est avant tout la satisfaction de son intérêt personnel et qu’en matière de gouvernement nous ne raisonnons pas autrement avec la somme d’intérêts privés que constitue une nation ou un Etat. Sans aller chercher des raisons théoriques dans la philosophie politique,  nous pouvons aisément observer que la première des justifications de la démocratie vient de ce qu’elle constitue un cadre idéal pour la réalisation de nos intérêts, car elle donne licence de pouvoir les satisfaire en réduisant au minimum les contraintes qui peuvent peser sur notre liberté individuelle.

1) Il n’en faut pas plus pour que nous soutenions le principe du régime démocratique. Il suffit de poser la question autour de soi pour s’entendre répéter de prime abord que « ce qui est bien dans une démocratie c’est que les hommes y sont libres de faire ce qu’ils veulent ». C’est le seul régime où l’on admet que chacun a droit de vivre comme il lui plaît en satisfaisant aux intérêts qui sont les siens. Bref, ce que nous entendrons en guise de légitimation de la démocratie, c’est la vindicte de l’individualisme. Bien sûr, dès que l’on prononce le mot, nous nous mettons sur la défensive en arguant que la démocratie en appelle surtout à un sens élevé de la responsabilité du citoyen, ce qui veut dire qu’elle exige davantage que la simple licence de faire ce qui nous plaît. Il est entendu que ma liberté doit s’arrêter là où commence la liberté d’un autre et aussi se rendre aux avis de la volonté générale.  Cependant, la justification est bien évidemment seconde, par rapport aux exigences d’une liberté immédiate pour la satisfaction de nos intérêts personnels, – ce à quoi les hommes pensent d’abord. Ce qui est sur le plan psychologique un schéma caractéristique de l’ego. Moi, va évidemment avec mes intérêts, ce qui est mien, et avec ma liberté.

Nous avons vu qu’une organisation sociale fonctionne comme un ego collectif.  Il y a donc aussi une manière de revendiquer une forme collective de licence qui est une défense de « nos » intérêts, tout particulièrement contre des « autres ». Et on voit alors se dupliquer sur un plan collectif les conduites individuelles avec la même revendication de liberté : « notre entreprise et ses succursales, notre  réseau de distribution, nos exploitations agricoles, notre capital et nos fonds d’investissement, etc. ». Et on trouvera bien sûr que la démocratie est un régime approprié pour que prospère une organisation collective, car elle doit « laisser les entreprises libres de faire ce qu’elles veulent ». En terme économique cela s’appelle du libéralisme. Notez le parallèle, il est important.

Cependant, une fois éveillé la conscience de la citoyenneté, sa logique nous porte plus avant, à sortir du cercle étroit de notre intérêt personnel.  Si nous prenons au sérieux la citoyenneté, nous verrons dans la démocratie un idéal dont nous sommes parfaitement capables de saisir rationnellement les implications. Tout être humain doué d’un intellect peut en développer la représentation. Ainsi, il nous paraît juste qu’un peuple se gouverne lui-même et ne soit pas sous la gouvernance autoritaire d’un individu ou d’un groupe particulier.  La démocratie est le régime dans lequel le peuple exerce la Souveraineté. Nous pensons que s’il est un droit humain qui mérite légitimement d’être préservé, c’est bien la liberté politique. Or la démocratie est le régime qui est le plus adapté à cette fin, car elle repose sur l’idée que les citoyens d’un Etat sont sur un pied d’égalité. La démocratie est le régime dans lequel l’égalité en droit des citoyens peut être admise, revendiquée et défendue. Nous admettons aussi qu’il est juste que l’Etat démocratique joue un rôle dans l’éducation des citoyens, car chacun a droit à une éducation de qualité. De même, la liberté d’opinion, la liberté religieuse, la liberté de pensée en général ne peuvent se manifester pleinement que dans le contexte d’une démocratie et il est juste que chacun puisse en disposer etc. Chacun d’entre nous est à même de tirer ce genre de conséquences et nous devrions tous être formés à pouvoir le faire. C’est juste une question d’éducation civique en démocratie.

Quand nous disons prendre au sérieux la citoyenneté, cela veut dire ne pas prendre la chose publique, la res publica, à la légère, se cantonner dans l’indifférence, ou se détourner de tout engagement. Par exemple, concrètement, le fait de prendre la parole sur un sujet politique fait partie des mœurs de la démocratie. Dans certains pays, comme en Grèce, c’est une coutume des conversations de café que de parler politique. Ce n’est pas anodin, mais important à double titre :  parce que la démocratie se situe dans le jeu de l’opinion et qu’elle demande dans son exercice un travail de dialogue. Sur le premier point Castoriadis rappelle pourquoi Athènes pouvait trouver Socrate dangereux. La méthode socratique met à l’épreuve l’opinion et révèle son inanité sur le plan de la connaissance. Or la démocratie se déroule sur le terrain du débat d’opinion. Elle en accepte le jeu et estime qu’il doit servir la décision politique. Socrate devait donc irriter et cela d’autant plus que le débat d’opinion vire facilement au bavardage et à l’affrontement personnel, ce qui tend à disqualifier la valeur de l’opinion en général.  Toutefois, c’est un risque à prendre que d’accepter le jeu de l’opinion. La démocratie concrète implique le droit de prendre la parole sur toute question devant conduire à des décisions mettant en jeu l’ensemble de la communauté politique. C’est une manière d’entrer dans la vie politique. En effet, pour citer Castoriadis. « Un citoyen n’est pas (pas forcément) « militant de parti », mais quelqu’un qui revendique activement sa participation à la vie publique et affaires communes au même titre que tous les autres ».  La démocratie ne peut être vivante que lorsque les individus qui la composent assument la citoyenneté et ne se contente pas d’être des ouvriers, des patrons, des artistes, des artisans, des scientifiques, des consommateurs, des supporters, des artistes etc. Tous ces rôles que nous pouvons jouer dans la vie et qui peuvent accaparer notre existence au point que nous nous détournions de la vie publique et des devoirs du citoyen.

C’est une chose de louer la valeur de la démocratie, parce qu’elle autorise la licence de faire ce qui nous plaît, c’en est une autre d’en faire l’éloge pour elle-même, parce que nous voyons en elle un idéal. Dans un cas, on ne la voit que comme un moyen, dans l’autre on la considère comme une fin. Les idéalistes qui croient dans la démocratie sont rares, les consommateurs de la démocratie sont légions.

2) Cependant, le fait est que l’Histoire en prend bien la direction. C’est incontestable. Depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement du système communiste, force est de remarquer que le nombre des régimes démocratiques ne cesse de croître sur la Terre. Certains auteurs, comme Jean Baechler, vont jusqu’à soutenir que la démocratie est la forme la plus « naturelle » de gouvernement. L’emploi du mot « naturelle » se discute, mais ce  qui est sûr, c’est qu’elle est effectivement devenue une norme. Implicitement, dans le monde aujourd’hui, la démocratie est perçue comme la forme normale de gouvernement, les autres  étant  vues comme anormales, comme des aberrations, des déviances ou des perversions par rapport à la démocratie…  Qui devrait être la norme. Ce qui « devrait être » par définition diffère « ce qui est ». Ce qui devrait être est un idéal qui permet de juger le réel, de mesurer  l’écart existant entre un état de droit parfait et achevé et un état de fait qui reste pauvre, insuffisant et limité. Encore loin de l’idéal. Ce que nous pensons, c’est que l’Histoire est en route ; elle est semée d’embûches, mais elle chemine malgré tout vers l’idéal démocratique.

Notez que nous tenons exactement le même type de raisonnement au sujet des droits de l’homme. Nous pensons que le droit positif est dans les faits ce qu’il est. Imparfait. Et pourtant, nous pouvons souligner des avancées considérables depuis un certain nombre d’années qui montrent que peu à peu, les droits de l’homme entrent à l’intérieur du droit positif, de sorte que nous pouvons penser qu’à terme, ils finiront par se confondre.

L’ennui avec l’idéal démocratique, c’est qu’il comporte des ambiguïtés. Nous avons vu précédemment que l’avènement de la démocratie avait la valeur d’un signe des temps, celle de l’annonce de la fin de l’Histoire. Francis Fukuyama dans La Fin de l’Histoire et le dernier Homme est dans ce registre très démonstratif. Comme Tocqueville,  il admet que la marche vers la démocratie est irrésistible à travers l’Histoire ; mais elle se paye par l’appauvrissement de l’humain, car elle tend à renforcer les conduites grégaires ; la logique des comportements de masse conduisant au nivellement par le bas de la conscience humaine.

Rien ne prouve que la majorité a nécessairement raison. Une décision démocratique n’est  pas forcément une décision valide quant au choix d’une société en direction de son futur.  Tout ce que peut assurer la démocratie, c’est que par le jeu des institutions, un assentiment général soit obtenu en faveur d’une décision publique. Rousseau disait que la volonté générale veut le bien, … mais elle ne le voit pas toujours. Il est absurde de croire qu’une assemblée d’hommes puisse être plus éclairée que le meilleur de l’un d’entre eux et qu’une décision prise à la majorité soit nécessairement plus sage seulement parce qu’elle a recueilli un plus large consensus. L’histoire des démocraties montre assez clairement nos emportements, nos erreurs, nos préjugés collectifs. Aucune société démocratique ne l’a suffisamment été pour tendre à l’universel au point de se montrer capable de promouvoir l’idée la plus élevée que nous puissions concevoir de l’humain. On s’est fort bien accommodé de l’esclavage, de la colonisation, du pillage des ressources naturelles d’autres peuples, de la ségrégation sous toutes ses formes. L’égarement irrationnel se rencontre dans les prises  de décisions collectives autant qu’individuelles, sinon plus. Parler en retour de tyrannie de la majorité est certainement excessif,  mais il est indubitable qu’il existe un poids, une lourdeur, une inertie de la majorité. Une ignorance aussi et surtout. Le fonctionnement démocratique peut conduire à une lenteur dans les décisions,   à la paralysie et à l’inaction. Ce qui est tout à fait préjudiciable quand la prise de décision doit être rapide pour être efficace.  De plus, il faut être assez honnête pour reconnaître qu’avec l’individualisme de consommateur qui prévaut dans nos sociétés, la somme des intérêts particuliers ne tend par nécessairement vers l’intérêt général et de toutes façons, l’intérêt général peut encore être différent du bien de tous. La question est d’autant grave en ces temps où l’équilibre écologique de la planète est devenu très inquiétant.

Qu’y a-t-il de pire, entre l’autoritarisme tyrannique que nous détestons cordialement et à juste titre, et d’un autre côté la démagogie complaisante du politique qui sert de la langue de bois et finit par prendre le citoyen pour un imbécile ? Si la démagogie fausse le jeu de la démocratie, c’est qu’elle donne la part belle à une rhétorique constante qui produit de l’illusion… ce qui sert avantageusement les puissances de l’argent. Rien ne sert d’avantage les intérêts du profit que l’établissement d’un régime démocratique, car dans un tel régime, il peut tenir dans l’ombre toutes les ficelles, tout en laissant croire que les hommes ont conquis la plus belle des libertés. Cela fait des lustres que les puissances de l’argent ont  dérobé à la politique son pouvoir. Et ceci n’est pas du « conspirationnisme », c’est un simple constat de fait. Bien sûr, nous pouvons justifier la nécessité pour un peuple de se faire représenter au parlement. C’est juste une question de division correcte du travail et de spécialisation qui doit laisser aux autres citoyens tout le soin de se consacrer à l’occupation qui est la leur. Bien sûr, il est juste de penser que fondamentalement, la représentation n’est qu’un mandat accordé par le peuple à ses représentants et donc une simple procuration accordée. Toujours est-il que le manque d’intégrité du politique est un risque et qu’au final le bon peuple finit par ne plus se reconnaître du tout dans les décisions qu’on lui impose. La procuration accordée aux ministres du peuple, comme dirait Rousseau, devient illico une autorisation, voire une licence de décider en vertu de préoccupations qui peuvent s’écarter du respect strict de la volonté générale. Il est totalement illusoire de croire qu’un régime, quel qu’il soit, puisse conférer mécaniquement une intégrité à celui qui gouverne. La corruption, quand elle existe, n’a pas à être rejetée sur le régime et ce n’est certainement pas en votant des lois que l’on rend les hommes meilleurs. La grâce divine ne descend pas automatiquement sur l’esprit d’un homme parce qu’il vient d’être élu député. Nous avons besoin des hommes les plus intègres, d’homme sincères, vrais, solides, fidèles à la mission qui leur est confiée, mais cette intégrité dépend de leur vertu. Et la vertu ne s’épanouit que dans le secret de la conscience.

La solution est formulée par Eric Weil dans Philosophie politique. Il n’hésite par à dire que « la meilleure forme du gouvernement est l’aristocratie. C’est là une évidence que personne n’a jamais mise en doute : nul ne désir que les plus mauvais, les plus méchants, les moins prudents, les moins efficaces dirigent les affaires de la communauté, et tout le monde désire que les meilleurs en soient chargés. La difficulté est de trouver ceux qui sont les meilleurs dans une communauté. La thèse défendue ici consiste à dire que la démocratie est le système politique qui, dans une communauté saine, a le plus de chances d’amener les meilleurs aux postes dirigeants. La restriction est d’une importance décisive : dans une communauté en décomposition, violente, passionnée, dominée par la lutte des intérêts particuliers, le règne des médiocres (plutôt que celui des méchants ou des mauvais) sera la règle – et elle conduira au règne autocratique de ceux qui ne considèrent que l’efficacité à l’exclusion de toute valeur». Si nous conservons le terme d’aristocratie pour désigner l’aristocratie de l’esprit, (pas celle du sang) la thèse ne soulève guère de difficultés. La nuance « a le plus de chances de » est assez claire et elle écarte toute vision excessivement utopique de la démocratie. Bref, en démocratie rien n’est acquis, tout reste à faire, la démocratie est toujours à conquérir, en recréation constante.
C. Utopie, autonomie et démocratie

Mis à part  la question de la compétence de ceux qui gouvernent, au fond, ce qui nous séduit dans la démocratie, c’est la possibilité qu’a le citoyen de participer activement  aux décisions collectives. Le principe de la démocratie directe et tout l’imaginaire qui s’y trouve rattaché. Il y a des technocrates qui aujourd’hui misent sur nos moyens informatiques pour y contribuer. On imagine les citoyens connectés aux organe de décision des Etats sollicités régulièrement par clavier interposé, pour décider de telle ou telle chose.  Rousseau considérait qu’il n’y avait jamais eu de démocratie directe et qu’un gouvernement de ce genre ne conviendrait qu’à une assemblée de dieux et pas à des hommes. Il n’y a pas d’exemple historique de démocratie « pure » dans ce sens. Par exemple, dans son fonctionnement ordinaire la cité d’Athènes n’a jamais été une démocratie « pure ». Le peuple assemblé ne détenait pas vraiment tous les pouvoirs et les fonctions importantes, comme les fonctions miliaires, étaient remplies par des magistrats élus. Il n’est pas sûr que la technologie de l’information puisse changer la donne. N’empêche que la démocratie participative a un sens en direction d’une liberté autonome. Ce qui est peut être la vraie raison de la quête de la démocratie.

1) Il n’y a guère que dans des utopies communautaires, comme l’expérience Auroville que l’on ait tenté de mettre en pratique de manière complète un système d’autogestion pour éliminer le principe d’une hiérarchie de pouvoir. Un tel projet n’était concevable que porté par une forte inspiration spirituelle sans lequel il ne pouvait aboutir. En amont d’Auroville, il y a la stature, la personnalité et l’œuvre de Shri Aurobindo. Une solide réflexion sur le sens de la politique d’un penseur qui ne s’est pas contenté d’être un théoricien mais a aussi participé activement à la libération de l’Inde. Mirra, (Mère) sa disciple, la fondatrice d’Auroville, a pris le relais  et essayé de faire descendre sur Terre sa vision. D’où la concrétisation en 1968 : une cité internationale bâtie par pionniers venus de 36 pays. Elle disait en 1954 :

« Il devrait y avoir quelque part sur la terre un lieu dont aucune nation n’aurait le droit de dire: “il est à moi”; où tout homme de bonne volonté ayant une aspiration sincère pourrait vivre librement comme un citoyen du monde et n’obéir qu’à une seule autorité, celle de la suprême vérité; un lieu de paix, de concorde, d’harmonie, où tous les instincts guerriers de l’homme seraient utilisés exclusivement pour vaincre les causes de ses souffrances et de ses misères, pour surmonter ses faiblesses et ses ignorances, pour triompher de ses limitations et de ses incapacités; un lieu où les besoins de l’esprit et le souci du progrès primeraient la satisfaction des désirs et des passions, la recherche des plaisirs et de la jouissance matérielle.

Dans cet endroit, les enfants pourraient croître et se développer intégralement sans perdre le contact avec leur âme; l’instruction serait donnée, non en vue de passer des examens ou d’obtenir des certificats et des postes, mais pour enrichir les facultés existantes et en faire naître de nouvelles. Les titres et les situations seraient remplacés par des occasions de servir et d’organiser; il y serait pourvu aux besoins du corps également pour tous, et la supériorité intellectuelle, morale et spirituelle se traduirait dans l’organisation générale, non par une augmentation des plaisirs et des pouvoirs de la vie, mais par un accroissement des devoirs et des responsabilités ».

La plupart des expériences communautaires de la période hippie se sont soldées par des échecs et n’ont pas pu se maintenir. Mais Auroville existe toujours, elle a été classée par l’Unesco comme modèle de vie communautaire et elle reçoit le soutient actif du gouvernement indien dans un statut de quasi-protectorat. Elle est parrainée par plusieurs organisations internationales. Le projet a connu des difficultés, mais l’expérience est  en cours. Se maintenir à la hauteur de l’idéal posé par Shri Aurobindo et Mère était une tâche difficile. En théorie, il aurait fallu que des individus inspirés, éclairés, dépourvu d’intérêt personnel, prennent en main les projets de la ville. En pratique, comme il y a toujours des ego humains,avec leurs limites, il y a des éléments de conflit et des enjeux de pouvoir. Dans les crises il est même  parfois nécessaire de revenir aux structures habituelles des États. Et les aurovilliens avouent que finalement, pour la gestion au quotidien d’une communauté, la démocratie du vote à la majorité, c’est encore ce que l’homme a fait de mieux !

La Chartre d’Auroville prévoyait la création d’un modèle social du futur. Comme dans le premier degré de l’éducation de La République de Platon, elle proposait une éducation artistique.  Je cite encore le texte de Mère de 1954 : « La beauté sous toutes ses formes artistiques, peinture, sculpture, musique, littérature, serait accessible à tous également – la faculté de participer aux joies qu’elle donne étant limitée uniquement par la capacité de chacun et non par la position sociale ou financière ». Elle proposait l’abandon du système de l’argent, la revalorisation créative du travail et  la consécration de l’individu à la communauté. « Dans ce lieu idéal, l’argent ne serait plus le souverain seigneur; la valeur individuelle aurait une importance très supérieure à celle des richesses matérielles et de la position sociale. Le travail n’y serait pas le moyen de gagner sa vie, mais le moyen de s’exprimer et de développer ses capacités et ses possibilités, tout en rendant service à l’ensemble du groupe qui, de son côté, pourvoirait aux besoins de l’existence et au cadre d’action de chacun ».

« En résumé, ce serait un endroit où les relations entre êtres humains, qui sont d’ordinaire presque exclusivement basées sur la concurrence et la lutte, seraient remplacées par des relations d’émulation pour bien faire, de collaboration et de réelle fraternité. »

Cela ne s’improvise pas, mais il faut avoir l’audace de tenter de le faire et de frayer avec des voies nouvelles. Dès l’instant où il s’agit non plus de faire des plans, mais de mettre en pratique, la réalité humaine nous rattrape. Mais cela fait partie du jeu. L’expérience Auroville a un intérêt pour nous aider à comprendre quels obstacles se dressent sur le chemin de l’autonomie politique, combien est délicat le passage depuis notre monde étatique actuel, notre monde de la compétition, du capital, vers une communauté politique plus empreinte de sagesse. Le nœud des problèmes en définitive n’est pas dans le système, mais dans l’homme. L’ironie de Rousseau sur la beauté de la démocratie nous rattrape donc ; il faudrait diviniser l’homme pour que l’utopie devienne réalité! Et nous voyons aussi que par-delà les siècles que l’idée de platonicienne de Constitution parfaite, avec son utopie communautaire n’est pas morte et qu’elle revient s’incarner dans l’Histoire !

2) Nous voyons donc à quel point la démocratie est une idée complexe. Il y a incontestablement dans l’idée de démocratie une aura imaginaire qui inspire l’utopie. Qu’on le veuille ou non, la démocratie n’est pensable qu’à l’intérieur d’un idéalisme moral. Ce n’est pas un régime pragmatique. Si nous voulions un régime terriblement efficace, par l’ordre qu’il saurait imposer, nous opterions pour une tyrannie. C’est, comme nous l’avons vu, exactement ce qui opposerait Rousseau et Machiavel dans la définition de la politique. Mais d’autre part, nous ne voulons pas exclure le droit de regard du citoyen sur les affaires publiques. Il nous semble à bon droit qu’il doit être mis en liberté pour mûrir dans la liberté. D’où l’opposition de Rousseau à Hobbes cette fois, car la logique du Contrat Social, c’est-à-dire la formulation du lien implicite qui unit le citoyen à la communauté politique, ne peut que viser qu’à protéger et garantir la liberté.

Ce qu’il faut en déduire, c’est que le progrès de la démocratie dépend du développement du sens de l’autonomie dans la conscience d’une communauté. Pourquoi vouloir la démocratie? Parce que nous voulons être libre, parce que nous voulons un monde libre et que la liberté n’est ni utopie ni fatalité, mais notre propre création consciente. « Nous avons décidé que nous voulons être libre – et cette décision est déjà la première réalisation de cette liberté ». Il n’est pas nécessaire de se demander quand, historiquement, nous avons décidé de l’être. Ce qui compte, c’est le mouvement d’autonomie à l’œuvre dans l’Histoire et le fait même que la libération de l’homme s’est choisi comme cadre idéal la démocratie. Alors, si nous avons bien conscience de l’endroit où nous voulons aller, il faut en prendre la route de manière décidée et ne pas nous montrer inconséquent ; habile rhéteur dans les proclamations, mais n’ayant pas de suite dans les idées pour dire ce qui doit être dit et faire ce qui doit être fait.

Et c’est là qu’apparaît le point d’application le plus important. La démocratie n’a de sens que portée par un formidable travail éducatif. Patient et passionné, long et continu, étendue à toute la durée de l’existence humaine. C’est la négligence coupable des démocraties contemporaines, obsédées par  le souci de la rentabilité, de n’accorder qu’un crédit médiocre à l’éducation et de vendre la démocratie aux seuls intérêts de l’économie. A en juger par l’instruction que l’on distribue aujourd’hui, il semble que le souci principal des États soit devenu  de former soit des consommateurs ou bien des commerciaux. Aurobindo parlait du « commercialisme » des sociétés occidentales . Et l’on s’étonne par après du désintérêt pour la recherche, de l’incivisme de nos sociétés et de l’inculture crasse qui y règne. Le premier objectif de l’État démocratique devrait être de porter à son degré le plus élevé l’éducation de ses membres.  Ou alors le mot démocratie ne veut plus rien dire et autant le jeter dans les oubliettes de l’Histoire. Autant avouer que nous ne vivons aujourd’hui que dans une techno-ploutocratie bienveillante et permissive. Nous disons bien éducation, dans le sens vrai et réel de l’homme cultivé et non pas de ce délayage confus que l’on se permet d’appeler aujourd’hui « culture ». La véritable culture est éveil de l’intelligence et de la sensibilité. La connaissance seule libère et reconduit à la lucidité. La lucidité offre une ouverture à l’intelligence, nous remet les pieds sur terre et nous fait sentir le lien de la responsabilité. C’est la seule manière de couper court à l’inconscience sous toutes ses formes. Il y a incompatibilité entre le mot « démocratie » et « ignorance ». Une démocratie ignorante et un oxymore. Dans tout autre régime on peut partir du principe que seule une élite peut accéder au savoir. Le peuple peut lui rester dans l’ignorance. Il suffit de lui accorder juste un minima pour survivre, de le maintenir dans la précarité et de lui offrir des divertissements variés pour qu’il dérive sa misère dans les royaumes de l’imaginaire. Or si le mot démocratie à un sens, si nous avons un tant soit peu de souci pour la dignité de la vie humaine, nous verrons qu’il y a une importance fondamentale à ce qu’elle soit portée par une éducation de premier ordre. Tout le reste suit.

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Tant que nous n’avons pas explicité nos raisons, le consensus autour de la démocratie est juste de façade. Il faut remarquer que dans la pensée politique classique, c’est la République  qui est mise en valeur, car un bon régime est celui qui prend soin du bien public. A supposé que la loi émane effectivement de la volonté générale, que le système de la représentation est satisfaisant et efficace, que les décisions publiques sont conformes à la volonté générale, il y a tout lieu de penser que les hommes seront bien gouvernés. Ce qui ne veut pas dire que tout le monde doit participer au pouvoir.

Le choix de la démocratie exige d’avantage, parce que le peuple veut se gouverner par lui-même. A priori, un gouvernement en foule, cela n’aurait guère de sens. Cela ne peut être que la démagogie et la pagaille et les critiques ont raison de souligner l’inertie de principe de la démocratie et les travers qui la guettent. Cependant, il faut souligner que c’est le seul régime qui place réellement sa confiance en l’homme, qui s’appuie sur la responsabilité individuelle et tend à la renforcer. C’est le régime le plus favorable à l’épanouissement d’une liberté spirituelle. Mais il faut accorder que l’équilibre d’une démocratie est éminemment instable et demande pour être préservé une vigilance constante. La grandeur de la démocratie n’est pas séparable de  sa vulnérabilité.

Indexation génétique

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999 $. C’est le prix que vous coûtera donc une analyse complète de votre ADN par la société de la femme de Serguei Brin, “23 and Me”, société dans laquelle les investissements (financiers notamment) de Google sont très importants. Résultat : ce séquençage personnalisé vous permettra de connaître votre “histoire génétique” (pourquoi pas) ainsi que les risques soi-disant encourus de contracter telle ou telle maladie génétique ou cardio-vasculaire (houlà …). Les billets de Techcrunch et la dépêche de Reuters sont suffisamment éloquents comme le montre cet extrait de la dernière :

* “La mission de 23andMe est de porter la révolution de la génétique sur un nouveau terrain en proposant un service sur internet sûr, grâce auquel les gens peuvent explorer, partager et mieux comprendre leur données génétiques”, a déclaré Linda Avey, l’une des fondatrices de 23andMe. Les personnes sollicitant un test peuvent choisir d’en savoir plus sur leurs risques de développer certains types de cancers, la maladie d’Alzheimer, des diabètes ou autres types d’affections et peuvent être mis en relation par la société avec un conseiller en génétique.”

Voilà voilà …  Voyons donc un peu au-delà, maintenant que le service est lancé et qu’il dispose de ses premiers clients, de quoi il retourne …
L’intérêt de l’alliance avec Google pour la firme 23andMe est double et à double sens : pour 23andMe, et même si tout cela n’est pas clairement indiqué, c’est la possibilité offerte de s’appuyer sur la puissance de calcul la plus puissante de la planète et d’enterrer la concurrence sur ce genre de services (très gourmand en capacité de calcul). Mais c’est pour Google que l’intérêt est probablement le plus stratégique.

* Inutile de vous resservir le couplet sur la maîtrise totale que cette firme est en train d’opérer sur des pans entiers de nos vies. Ajoutez-y simplement désormais la possibilité de connaître, en plus de tout le reste, rien moins que votre code génétique. Il est désormais facile d’imaginer qu’un client de 23andMe “génétiquement indexé” pourra voir s’afficher dans Google des publicités personnalisées pour des médicaments permettant de lutter contre la maladie d’Alzheimer s’il est supposé avoir des facteurs de risques, ou sur toute autre chose encore.
* l’autre intérêt c’est l’inscription de ce partenariat “génétique” dans le cadre de l’ambitieux projet Google Health. Un projet auquel les deux fondateurs sont très maritalement sensibilisés (Serguei Brin ayant donc épousé Anne Wojcicki – fondatrice de 23andMe- et Larry Page venant de convoler en justes noces avec une étudiante … en médecine). Si Google peut sur ce créneau apparaître légèrement en retard vis à vis de son concurrent direct Microsoft (qui a déjà lancé son service HealthVault), le lancement de Google Health est désormais annoncé pour le premier trimestre 2008 et les copies d’écran sont déjà disponibles (voir aussi cet article d’InformationWeek). Est-il bien nécessaire de rappeler que le marché de la santé est gigantesque  …

Donc ?
Donc les risques de dérives sont tout simplement à la hauteur des enjeux financiers : colossaux.
Donc plus que jamais l’homme est un document comme les autres. Sa dimension sociale était déjà largement transparente pour les moteurs, c’est désormais son code (génétique) même qui le devient.

(Source complète, initiale et absolument incontournable : l’article de Wired et la vidéo d’entretien avec les deux PDG de 23andMe.)

MacBook écolo

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Un MacBook écolo pour Apple

Les trois modèles de portables MacBook (MacBook, MacBook Air et MacBook Pro) de la marque américaine Apple, ont subi d’importantes modifications. Mise à jour électronique, éthique et changement de look. MacBook se met au vert !
Pour les trois modèles, le plastique, enveloppe traditionnel du PC portable, a été abandonnée au profit de la révolution alu. Avec cette nouvelle carapace, plus fine et moins lourde, votre MacBook est le plus « vert » de tout le secteur informatique. Selon Steve Jobs, patron de la marque.
Le MacBook grand public et le modèle Pro ont de nouveaux écrans LCD, plus brillants et plus économiques. Ces deux modèles comprennent également un trackpad tactile (rectangle de plastique sur lequel on appuie les doigts pour contrôler le curseur de la souris). Il a été élargi et comprend la fonction multi-touch, déjà disponible sur le MacBook Air.
Ce dernier, lancé en janvier dernier et déjà ultra fin, voit sa mémoire passer de 80 à 120 Go.
Toutefois, les prix restent relativement élevés. Le modèle le moins cher est proposé à 1 200 euros et le plus cher à 2 249 euros.

Exempt de nombreux produits toxiques.
produits toxiques

Apple s’est acharnée à retirer nombre des produits toxiques que l’on trouve sur la plupart des ordinateurs portables. Prenez, par exemple, le mercure utilisé dans les rétro-éclairages CCFL et l’arsenic contenu dans le verre des écrans LCD traditionnels. Les ingénieurs Apple ont supprimé ces deux produits en optant pour une technologie de diodes LED sans mercure et un verre sans arsenic. Ils ont également renoncé à l’utilisation de retardateurs de flamme bromés (RFB) et de polychlorure de vinyle (PVC) sur les circuits imprimés, câbles internes, connecteurs, isolants, systèmes antichocs, adhésifs, etc. Apple a retiré ces produits toxiques des ordinateurs MacBook et appliqué les mêmes procédures aux produits suivants : moniteur Apple LED Cinema Display, iPod touch, iPod classic, iPod nano et iPhone 3G.

Emballage réduit.
coffret MacBook

L’emballage du nouveau MacBook est 41 % plus compact que celui de la génération précédente. Concevoir des coffrets plus petits a un impact positif sur l’environnement. Cela signifie que Apple peut livrer jusqu’à 25 % de coffrets en plus par palette. Cela permet d’acheminer plus de produits à chaque transport maritime ou trajet aérien. La livraison des produits nécessite moins de cargos et d’avions, ce qui entraîne une réduction significative des émissions de CO2 . Ce détail peut paraître insignifiant. Mais il s’agit d’une action très positive en faveur de notre environnement.

Nous sommes tous en danger

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Aujourd’hui en France, des millions de personnes sont en danger, abandonnées par les pouvoirs publics : 50 personnes mortes brûlées vives dans des immeubles vétustes en 2005… 3 millions de personnes mal logées risquant leurs vies dans des immeubles insalubres, ou à la rue… 3,5 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, dont 1 million d’enfants… 235.000 enfants en danger selon l’Observatoire de l’enfance en Danger, 15.000 morts au cours de l’été 2003 lors de la canicule, etc.

La liste s’allonge jour après jour. Nous sommes tous en danger ou nous connaissons tous autour de nous des personnes qui le sont.

Pourtant obligation est faite à tous de porter secours à toutes personnes en danger.

Il est temps de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités. L’Etat a pour mission d’assurer la protection des citoyens, nous exigeons qu’il accomplisse cette mission.

Des lois favorables existent mais elles ne sont pas appliquées !

La Loi S.R.U. (dite loi Gayssot) par exemple, l’ordonnance de 1945 sur la réquisition des logements vides… Mais bien sûr, celle-ci pas plus que les autres n’est appliquée !

Il est inacceptable de laisser des millions de gens en danger de mort, sans perspectives d’avenir, abandonnés, dans une société que l’on dit « moderne » et « riche ». La simple application de ces lois permettrait que les pouvoirs publics assurent au minimum leur mission.

La loi française est pourtant explicite :

« Le délaissement, en un lieu quelconque, d’une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son état physique ou psychique est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende. » art. 223-3 du code pénal;

« Quiconque pouvant empêcher par son action immédiate, sans risque pour lui ou pour les tiers, soit un crime, soit un délit contre l’intégrité corporelle de la personne s’abstient volontairement de le faire est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amende.
Sera puni des mêmes peines quiconque s’abstient volontairement de porter à une personne en péril l’assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours.» (Art. 223-6 du code pénal);

« Quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers, de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnes est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende. » art. 223-7 du code pénal;

« Les membres du gouvernement sont pénalement responsables des actes accomplis dans l’exercice de leurs fonctions et qualifiés crimes ou délits au moment où ils ont été commis. Ils sont jugés par la Cour de justice de la République.» (Constitution, Art. 68-1).

Dans tous les cas où la loi est bafouée, exigeons l’application de la loi !

Enfin, il y a mise en danger volontaire généralisé :

- Par la précarisation de l’emploi et la généralisation du chômage lorsqu’on sait que sans emploi, on se retrouve rapidement sans logement,
- Lorsqu’on expulse des familles, des enfants, de leur logement et du pays où ils ont choisi de vivre,
- Quand on empêche des malades de se soigner en bradant la sécurité sociale, ou sans assurer un service hospitalier maximum,
- Lorsqu’une manifestation syndicale est réprimée sauvagement par des forces armées…

Nous parlons de non-assistance à personnes en danger lorsque les responsables des pouvoirs publics n’agissent pas là où ils ont la responsabilité de le faire. Nous exigeons que tous les responsables politiques (Maires, Conseillers généraux, Conseillers régionaux, Députés et Ministres) fassent leur travail et assument leurs responsabilités politiques et humaines ou qu’ils se démettent de leur fonction s’ils ne sont pas en mesure de le faire.

iPhone

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Téléphonie – iPhone : rebelote contre Orange
L’iPhone d’Apple

La cour d’appel de Paris a rendu mercredi matin une décision très attendue en confirmant la suspension du contrat d’exclusivité liant Apple à Orange.
Cette décision devrait permettre aux deux concurrents du numéro un français de lancer le téléphone d’Apple dans les cinq à six semaines.

Orange ne lâche pas le morceau. L’opérateur a annoncé qu’il allait se pourvoir en cassation après la confirmation en appel de la suspension de son exclusivité sur l’iPhone d’Apple. Cette décision de la cour d’appel de Paris intervenait après une première, en décembre, du Conseil de la Concurrence.  “Orange s’étonne de cette décision”, a réagi l’opérateur qui critique notamment un point de l’argumentation du Conseil.

La décision de la cour d’appel est conservatoire et rendue en urgence en attendant un jugement sur le fond qui devrait intervenir d’ici un an, mais il semble peu probable que la décision change, compte tenu des attendus de la cour. La cour d’appel retient en effet que l’exclusivité est une “atteinte grave et immédiate risquant d’être portée au secteur des services de téléphonie mobile, en particulier au marché de l’internet mobile, en pleine structuration”. La situation est “préjudiciable aux consommateurs, actuellement privés de la liberté de choix de l’opérateur s’ils veulent acheter un iPhone et fortement incités à demeurer durablement chez Orange après un tel achat, à plus forte raison s’ils sont déjà détenteurs d’une bibliothèque musicale acquise chez iTunes Store”, ajoute la cour.

“Favorable aux consommateurs”

Les associations de consommateurs se réjouissent. “Orange ne peut plus être l’unique distributeur de l’iPhone en France”, a salué Maître Jérôme Franck, avocat de l’UFC-Que Choisir. “Cette décision est favorable aux consommateurs : elle va réintroduire de la concurrence sur la vente de ce produit, et certainement faire baisser les prix de l’iPhone”, a-t-il estimé. Selon lui, elle va également “réinstaller de la concurrence sur les offres associées, d’internet mobile notamment, sur lesquelles Orange n’était pas le mieux placé”.

Le Conseil de la Concurrence avait cassé le 17 décembre “à titre conservatoire” cette exclusivité, jugeant qu’elle était “de nature à introduire un nouveau facteur de rigidité dans un secteur qui souffre déjà d’un déficit de concurrence”. Orange avait immédiatement fait appel, suivi par Apple. Alors que c’est Bouygues Telecom qui avait saisi, seul, le Conseil le 18 septembre, SFR et l’UFC-Que Choisir l’avaient rejoint dans l’action en appel. Actuellement, l’iPhone est vendu avec d’autres abonnements sur plusieurs sites internet, mais pas directement dans les boutiques SFR ou Bouygues Telecom. Il faudra toutefois attendre “au moins 5 à 6 semaines”, délais d’approvisionnement obligent, pour voir apparaître les premiers iPhone dans les boutiques des concurrents d’Orange, selon une source proche du dossier.

Après la décision du conseil de la concurrence, SFR et Bouygues avaient confié à LCI.fr leur intention de lancer l’iPhone dans leurs magasins “au plus vite”. Depuis novembre 2007, Orange, seul jusqu’alors à commercialiser l’iPhone en France, assure en avoir vendu plus de 600.000.
Concrétement, ça change quoi ?

Le contrat d’exclusivité avec Orange était prévu pour cinq ans et l’opérateur a  commencé la vente de l’iPhone “première génération” depuis fin novembre 2007 et du modèle 3G depuis juillet dernier. L’exclusivité est donc suspendue sur ces modèles et elle est limitée à trois mois sur les futurs modèles d’iPhone. Bouygues et SFR peuvent donc commercialiser l’iPhone dès maintenant et pourront lancer les prochaines versions du téléphone d’Apple au plus tard 3 mois après leur lancement chez Orange.

Finanicièrement, la décision n’est pas anodine pour Orange. Dans une note, les analystes de CM-CIM estiment que, dans le pire des cas, l’impact de cette décision serait de l’ordre de 200 millions d’euros sur le chiffre d’affaires de la maison mère France Télécom (soit 0,4% du chiffre d’affaires estimé en 2009). Ils soulignent toutefois que ce manque à gagner serait “en très grande partie” compensé en 2009 par une baisse significative des coûts commerciaux (moins de subventionnement par appareil).

Démocratie

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Le terme “démocratie” désigne un corpus de principes philosophiques et politiques suivant lequel un groupe social donné organise son fonctionnement par des règles élaborées, décidées, mises en application et surveillées par l’ensemble des membres de ce groupe, a priori sans exclusive. Il s’oppose historiquement aux systèmes monarchiques ou oligarchiques où le pouvoir est détenu et transmis au sein d’un petit groupe. Dans son sens originel (dans la cité-État d’Athènes du Ve siècle av. J.-C.), la démocratie (du grec ancien dèmokratia, « souveraineté du peuple », de dèmos, « peuple » et kratos, « puissance », « souveraineté ») est le gouvernement de tous (de l’ensemble du peuple).

On résume souvent ce corpus à la formule de Périclès : “le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple” mais son contenu concret a beaucoup évolué au cours de l’Histoire et est – aujourd’hui encore – l’objet de vifs débats, à tel point qu’il n’existe pas de définition communément admise de ce qu’est ou doit être la démocratie.

Depuis Montesquieu, cependant, les régimes politiques sont distingués grâce à la séparation des pouvoirs, en se basant sur les gouvernés (est-ce que le régime politique peut assurer la liberté des sujets ?).

Avec les évolutions des classifications politiques, la démocratie est devenue dès lors un système politique (et non plus un simple régime), c’est-à-dire une organisation sociale où le peuple ou un organe élu par lui, détient la souveraineté.

Par extension, le terme “démocratie” qualifie souvent tout pays qui est reconnu comme appliquant des principes démocratiques dans son fonctionnement.

Antiquité
La conception occidentale de la démocratie prend ses racines principales dans les réformes engagées autour de la cité d’Athènes dans la Grèce Antique autour du VIème siècle avant JC. Bien que la démocratie athénienne soit aujourd’hui considérée comme ayant été une forme de démocratie directe, elle faisait coïncider deux organisations politiques très différents :
d’un côté, formation d’une Boulè (équivalent d’un conseil ou d’un Sénat) regroupant environ 500 citoyens, chargée de recueillir les propositions de loi présentées par les citoyens, puis de préparer les projets de loi ;
par ailleurs, l’assemblée des citoyens (Ecclesia), exemple type de la démocratie directe.
Tous les citoyens athéniens avaient le droit de prendre la parole et de voter à l’Ecclesia, où étaient votées les lois de la cité, mais aucun droit politique ni citoyenneté n’était accordés aux femmes, aux esclaves, aux métèques : des 250.000 habitants d’Athènes, seuls 30.000 environ étaient citoyens et, sur ces 30.000, peut-être 5.000 assistaient régulièrement à une réunion de l’Ecclesia.

L’une des plus ancienne traces de civilisation démocratique, bien que considérée par certains comme une oligarchie, a été retrouvée dans les Républiques de l’Inde, dont certaines ont été fondées avant le VIème siècle avant JC et la naissance du Bouddha Gautama. Ces Républiques étaient connues sous le nom de Maha Janapandas et, d’entre toutes, Vaishali (l’actuel état du Bihar) serait la première démocratie de l’Histoire. Les systèmes démocratiques Sangha, Gana et Panchayat étaient en usage dans certaines de ces Républiques. Le système Panchayat est toujours en vigueur dans certains villages indiens. Plus tard, à l’époque d’Alexandre le Grand (IVème siècle avant J.C.), les Grecs écrivirent au sujet des Etats de Sabarcae et Sambastai (les actuels Pakistan et Afghanistan) que “leurs formes de gouvernement [étaient] démocratiques et non monarchiques”, selon les standards grecs de l’époque.

La République Romaine organisait des élections mais, là encore, les femmes, les esclaves et une large partie de la population étrangère en étaient exclus. Le vote des riches avait plus de poids et la plupart des plus hautes fonctions était attribué à quelques familles nobles.

Des dispositifs à caractère démocratique ont également été distingués dans certaines tribus de la Confédération des Iroquois. Seuls les hommes de certains clans pouvaient être nommés chefs et certains clans étaient exclus, seules les femmes les plus âgées d’un même clan pouvaient s’exprimer pour choisir ou révoquer le chef de ce clan, ce qui escluait une marge partie de la population des Iroquois, mais un détail intéressant est qu’aucune décision n’était prise sans l’obtention d’un consensus parmi les chefs. Certaines sociétés tribales réduites (entre 20 et 50 personnes), comme les bushmen australiens, n’avaient pas de chef et prenaient des décisions par consensus au sein de la majorité.

Moyen-Âge
Au Moyen-Âge, il y eut de nombreux systèmes basés sur les élections et/ou une Assemblée, comme l’élection du Gopola au Bengale, la Communauté Lituano-polonaise, l’Althing islandaise, le Veche dans les pays slaves, les Things scandinaves, et la cité marchande autonome de Sakai au Japon (XVIème siècle). Pour autant, la participation étant souvent limitée à une minorité dans ces systèmes, ils pourraient tout aussi bien être qualifiés d’oligarchies. La grande majorité des régions dans le monde du Moyen-Age était gouvernée par un clergé ou une seigneurie, suivant un système féodal.

Le Parlement Anglais est né des restrictions du pouvoir royal mises en place dans la Magna Carta. Le premier parlement élu a été le Parlement De Montfort en Angleterre en 1265. Là encore seule une petite minorité disposait d’une voix : le Parlement était élu par quelques pour-cent de la population (moins de 3% en 1780), et le système présentait des dispositions problématiques, telles que les municpalités corrompues. La convocation du Parlement était laissé au bon vouiloir du Roi ou de la Reine (le plus souvent lorsque celui ou celle-ci avait besoin d’argent). Après la Révolution Glorieuse de 1688, le Bill of Rights anglais, acté en 1689, codifia certains droits et augmenta l’influence du Parlement. L’électorat augmenta lentement et la Parlement prit de plus en plus de pouvoir jusqu’à ce que la Monarchie devienne une simple figure de proue.

De nombreuses régions aux frontières des grands états avaient conservé un fonctionnement démocratique. Entre France et Espagne il y avait ainsi ce que l’on a dénommé les républiques pyrénéennes.

XVIIIème et XIXème siècle
Bien qu’ils n’aient pas été décrits comme une démocratie par les Pères Fondateurs, les Etats-Unis d’Amérique sont considérés comme la première démocratie libérale, dans la mesure où l’engagement constitutionnel (1788) se fondait sur les principes naturels de liberté et d’égalité et surtout par opposition aux régimes aristocratiques.

En France, l’Assemblée Nationale issue de la Révolution de 1789 a été établie sur la base des principes démocratiques, déclinés en la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et en réaction aux excès de la Monarchie absolue de l’Ancien Régime.

Principe
Les règles ou les principes qui régissent les modes de consultation des populations sont les éléments clef qui caractérisent toute démocratie. « La démocratie c’est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. » (Périclès, repris par Abraham Lincoln). Cette définition a deux conséquences directes :

dans l’essence démocratique, les représentants d’un peuple sont issus de celui-ci, ce qui oppose fondamentalement la démocratie à tout système de type aristocratique, où le gouvernement est le fait d’une élite ;
le gouvernement doit être pour le peuple et donc oeuvrer dans le sens de l’intérêt général, par opposition à des décisions prises pour des intérêts particuliers ou “dans l’intérêt supérieur de l’Etat”. Une décision démocratique peut donc n’être pas populaire tant qu’elle vise effectivement et objectivement à l’intérêt de tous ; a contrario, une décision prise par un gouvernement ou un Etat pour garantir sa propre stabilité peut ne pas être d’essence démocratique (ce qui ne veut pas dire qu’elle est mauvaise) si elle ne concerne pas le peuple.
Souvent utilisé pour décrire la forme de gouvernement d’un pays, le terme de démocratie peut qualifier le fonctionnement de tout corps ou organisation sociale : société humaine, organisme public ou privé, associations, entreprise, famille, etc. Dans chaque cas, la notion de peuple doit être comprise comme l’ensemble des membres de l’organisation sociale.

Dans une démocratie l’ensemble des citoyens (terme souvent traité avec une coupable ambiguïté, cf. Critique de la démocratie) détient le pouvoir souverain et exprime sa volonté par le vote, selon le principe « un Homme, une voix » ; ce principe peut d’ailleurs être considéré comme le fondement théorique principal de la démocratie, notamment par ses non-dits (si le mot “homme” est aujourd’hui compris en son sens général incluant les femmes ce n’était pas le cas à l’origine, l’âge minimum requis reste passé sous silence, quant à savoir si ceux — étrangers notamment — qui n’ont pas voix au chapitre sont considérés comme des hommes…). Il est fréquent qu’on oppose ce principe à celui du système économique, traduit sous la forme « 1 unité monétaire = 1 voix », mais cette opposition est discutable en raison des différences de fonctionnement (l’utilisateur d’une voix la conserve qu’il obtienne satisfaction ou pas, au contraire de l’utilisateur d’argent qui doit le céder pour obtenir un bien) et inversement des similitudes (décision négociée entre intéressés plutôt qu’imposée par le prince ; lien historique entre l’argent, la classe “moyenne” ou “bourgeoise”, et la démocratie).

Il n’existe cependant pas de critère officiel internationalement reconnu pour indiquer ce qu’est une démocratie ou ce qu’elle n’est pas. Les pays du bloc de l’Est se disaient avant 1989, par exemple démocraties populaires. La Chine se dit démocratique. Les régimes européens, qui pratiquaient la colonisation, se considéraient comme des démocraties, de même que les États-Unis qui pratiquaient l’esclavage puis la ségrégation. Et tous les pays possèdent des organes (comme les services secrets, voire des “officines” sans existence légale) dont le fonctionnement échappe à tout contrôle parlementaire. Faute d’une homologation officielle établie par un organisme indépendant (par exemple l’ONU) et fiable, on peut discuter sans fin sur le fait de savoir si un pays « est » une démocratie ou non. On pourrait toutefois s’accorder pour considérer qu’une “véritable” démocratie respecte les critères suivants :

Egalité réelle et concrète de tous les citoyens devant les choix de société. Dans le cas largement répandu d’une démocratie représentative, où le peuple délègue son pouvoir souverain à des représentants, cela implique que lesdits représentants puissent être choisis par le biais d’élections libres ou par tout autre système équitable, par exemple le tirage au sort (cf. stochocratie) ;
Garantie effective des libertés fondamentales, notamment : liberté de conscience, liberté d’expression, liberté de réunion et d’association, liberté de la presse, absence d’arrestations arbitraires, etc. ;
Existence d’un système judiciaire basé sur des lois, librement établies par le peuple ou ses représentants, et respectées par le gouvernement et ses administrés ;
Outre ces éléments, d’autres critères analogues sont couramment associés à la notion de démocratie : multipartisme, respect, égalité devant la loi, droit de propriété, liberté de culte, refus de la corruption des fonctionnaires et des élus, atténuation des écarts de richesse par l’impôt (souvent nommé droits civils).

Ces principes reconnus comme nécessaires dans la culture occidentale contemporaine, sont considérés par les uns, comme universels ; par d’autres, comme spécifique à cette culture et donc dépourvus d’universalité, discutables, voire (à la grande indignation des premiers) comme de fallacieux outils d’impérialisme culturel de la part de l’occident.
Dans cette querelle, des éléments de culture non occidentale mais reprenant les mêmes principes prennent une importance particulière, ainsi par exemple que la déclaration universelle qui a fait consensus à l’ONU.

La démocratie est une ligne d’horizon politique, un idéal (au sens strict du terme) vers lequel tendent des méthodes de gouvernement. Dans les faits, aucune système politique n’est complètement démocratique car un tel type de gouvernement supposerait une information totale et transparente, un niveau d’éducation et/ou d’instruction homogène dans la population citoyenne, l’empêchement constitutionnel de tout abus de pouvoir voire de tout risque de concentration des pouvoirs…

On constate cependant que toute démocratie se forme autour de 3 principes :

Débat : échange libre entre personnes afin de prendre des décisions,
Institution : pour permettre le débat et mettre en œuvre les décisions,
Justice : afin que l’application des décisions se fasse avec le plus de Justice possible.
Ainsi un état qui possède un parlement effectif et un gouvernement qui applique les décisions avec mesure est une démocratie.

Comptabilisation des démocraties

Vision de l’étude de Freedom House : Freedom in the World 2007 (une des références pour la mesure de la démocratie dans le monde [2])

Fonctionnement démocratique

Partiellement démocratique

Non démocratique

Cette carte montre les gouvernements se réclamant (ou non ) de la démocratie, juin 2006.
Gouvernement se déclarant démocratique et permettant l’existence de groupes d’opposition, du moins en théorie.
Gouvernements se déclarant démocratique mais ne permettant pas l’existence de groupes d’opposition.
Gouvernements ne se revendiquant aucunement en tant que démocratie.
Dans un rapport qui fait autorité en la matière, Guerre et paix au XXIe siècle[3], le Human Security Center[4] a, en 2005, opéré une classification neutre entre les régimes (dans le but de démontrer le rapport entre sécurité humaine et démocratie, entre autres). Ils déterminent trois catégories de régimes :
démocraties ;
anocraties (régimes en transition ou aux institutions instables) ;
régimes autoritaires.
Pour définir les démocraties, comme tous les régimes ont des critères différents (afin, la plupart du temps, de se revendiquer en tant que démocratie), ils retiennent un faisceau d’indices établissant un “polity score”, qui traduit la qualité des institutions et des processus politiques.

Ce sont en particulier :
la manière dont est recruté l’exécutif (élection, nomination, pouvoir héréditaire, liberté des électeurs…) ;
moyens de contrôle sur l’action de l’executif (autres pouvoirs : législatif et judiciaire…);
la manière dont est traitée la concurrence politique (opposition des partis politiques, contre-pouvoirs comme la presse ou l’opinion publique…).
Selon ces calculs, en 2005, il y avait 88 démocraties dans le monde (les pays inférieurs à un demi million d’habitants n’étant pas comptabilisés), sachant que l’ONU reconnaît 195 États aujourd’hui. Cela est un net progrès vis-à-vis de 1946, où il n’y en avait que 20[1]. Ce progrès est dû notamment à la fin de la Guerre froide (démocratisation des pays de l’Europe de l’Est) et à la démocratisation du continent sud-américain depuis la fin des années 1980.

Représentativité
Un degré de démocratie se mesure : en considérant notamment qui en est exclu.
Une démocratie évolue dans le temps : ainsi la France de 1938 était une démocratie, mais les femmes ne pouvaient pas voter. En 1944 les femmes pouvaient voter, mais pas les habitants des colonies. En 1958 certains habitants des colonies pouvaient voter, mais pas les français musulmans d’Algérie. Maintenant toute personne de nationalité française peut voter.

Polymorphisme de la démocratie
Il y a certainement autant de formes de démocratie que d’organisations sociales qui se veulent être démocratiques. L’idée même de “démocratie” est peut-être dans ce polymorphisme.

La démocratie états-étasunienne, souvent taxée de “dictature de la majorité”, est aussi la possibilité pour un simple citoyen d’affronter l’État en justice. Le cinéma a rendu célèbre Monsieur Smith (joué par James Stewart dans Mr. Smith au Sénat ou en version originale “Mr. Smith Goes to Washington”) plaider au Sénat.

“L’imperfection pousse au progrès”, disait Flaminio Bertoni. La Constitution des États Unis est faite d’une suite de perfectionnements dans des procès en justice par des citoyens ou groupes de citoyens contre le gouvernement. Tel est le “Cas Korematsu” pour l’injustice envers une catégorie de citoyens.

Implications
Ce régime implique :
le principe d’une liberté, comme celle d’expression, de pensée, de rassemblement, de religion, etc. (même si elle est réglementée),
le principe d’égalité, en particulier l’égalité politique des citoyens, mais ce régime fonctionne mieux lorsque ses citoyens, par le biais de l’instruction, acquièrent également les connaissances de base nécessaires à l’accomplissement de leurs devoirs civiques (égalité sociale).
Ces deux principes ne peuvent en aucun cas s’exclure l’un l’autre, il faut qu’ils soient tous deux présents. Mais les démocraties peuvent mettre l’accent plus sur l’un ou sur l’autre.

Par exemple, pendant la Guerre froide, le bloc de l’Ouest mettait l’accent sur la liberté ; le bloc de l’Est mettait l’accent sur l’égalité.
Chacun des deux blocs déniait à l’autre le caractère de démocratie. Ainsi, pour les États-Unis, l’URSS ne respectait aucune des libertés les plus fondamentales (presse, opinion, religion…) et pour l’URSS, les États-Unis n’instauraient aucune égalité entre ses citoyens (apartheid jusque dans les années 1960 ; mouvements féministes dans le même temps également).

L’égalité politique
Toutefois, même lorsque ce principe est en théorie reconnu et défendu, il n’est que peu souvent appliqué, car son usage serait pour certains pas très efficace : même s’il était techniquement et économiquement possible de consulter la Belgique entière pour savoir si telle ville doit ou non reconstruire une piscine, il y a peu de chance que l’intérêt national y gagne quelque chose.

dangereux pour les minorités.
L’égalité peut aussi se mesurer à l’importance que l’objet de la décision politique a réellement pour les votants.

Pour résoudre ce problème en conservant le principe « une personne = une voix », la solution généralement employée est de procéder à un découpage géographique, et à une estimation de l’échelon pertinent : ainsi les annexions ou indépendances seront-elles soumise à double vote, global et réduit aux habitants du territoire concerné ; ainsi les habitants d’une ville voteront-ils pour ce qui est « municipal » ; etc.
Pour les sujets sensibles, (tout récemment en France : OGM, mariage homosexuel, CPE, implantation d’une usine d’incinération, d’un aéroport, etc.), il y a souvent des conflits de compétence, chacun souhaitant protéger ses intérêts personnels avant ceux des autres. Ces problèmes prennent du temps à être résolus, et subissent parfois des rapports de forces et d’inégalité de la part d’un parti ne tenant pas à respecter le choix des autres.

Plus grave, même si théoriquement « une personne = une voix », en pratique et finalement une décision est prise, et la minorité doit subir le choix de la majorité, au mépris du principe affiché. Mais c’est également le cas pour les autres systèmes politiques existants et la solution est de tolérer la décision des autres face à la sienne.

Est-il possible d’assurer une égalité politique ? Il faut que chacun s’engage lui-même dans chaque sujet à proportion de l’importance qu’il lui accorde, ni plus ni moins. Et il faut qu’il n’impose pas à l’autre sa décision, mais qu’il négocie avec lui, en lui accordant une compensation : c’est le modèle hollandais dit modèle des polders.

La démocratie est un système qui demande à chacun d’être ouvert et de discuter de ses arguments avec ses opposants pour conclure sur une solution équitable pour les deux “camps”.

Devoirs
Le système démocratique implique aussi deux devoirs :
exprimer son opinion, ou s’informer si l’on manque d’éléments pour en avoir une ;
respecter l’expression des autres opinions (ce qui n’oblige nullement à respecter ces opinions elles-mêmes).
Ce sont des règles fondamentales, que résume la phrase apocryphe de Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire ».

La démocratie ne peut donc se concevoir comme simple dictature de la majorité et, exclut par conséquent toute idée de suppression d’un parti même minoritaire, sauf dans le cas très spécifique où celui-ci prône explicitement le recours à la violence et à des actions anti-démocratiques. Même dans ce cas, le parti communiste qui prônait avant Georges Marchais un but théorique de renversement des institutions et de dictature du prolétariat ne fut jamais formellement inquiété, et renonça en fin de compte de lui-même à ces objectifs d’apparence peu démocratique.

Tout système politique est un système de pouvoir qui comporte des exclusions et des différenciations ; la démocratie n’est donc pas nécessairement absolue…
Une démocratie comme la démocratie athénienne avait une notion restreinte de la citoyenneté, excluant les voix des femmes et des esclaves.

Un système démocratique ne prétend pas garantir que les choix effectués seront les meilleurs pour l’avenir des citoyens (aucun système, à vrai dire, ne le prétend). Il devrait en revanche assurer que les décisions sont prises avec l’accord ou l’assentiment d’une majorité
Dans le cas d’un système représentatif, le principe démocratique devrait garantir que nul ne sera appelé au pouvoir sans avoir fait l’effort de convaincre la population du bien-fondé de son programme, et y être en partie parvenu. Cette considération est aussi l’une des critiques adressées aux systèmes démocratiques électifs car les frontières entre conviction, persuasion, démagogie et… la pure et simple tromperie ne sont pas toujours claires.

Critiques de la Démocratie
La Démocratie est une conception essentiellement occidentale de l’idéal politique. Elle n’est pas universellement considérée comme une utopie souhaitable. Parmi les critiques qui lui sont adressées, on peut citer :
le risque toujours présent d’une dictature aveugle et versatile de la majorité, qui peut être, sur certains sujets, un ensemble de volontés, motivations et opinions particulièrement hétéroclite et mouvant ;
aucun raisonnement valable ne peut conduire à affirmer que la majorité a nécessairement raison : une décision démocratique n’est pas forcément une bonne décision pour l’avenir d’une société ; ce constat fonde pour certains la différence entre démocratie et République [2] ;
dans une société qui tend à l’individualisme, la somme des intérêts particuliers ne tend pas nécessairement vers l’intérêt général ;
le statut de citoyen n’est trop souvent accordé qu’à des conditions contraires aux principes fondateurs de la démocratie. Tout membre de la cité devrait être citoyen de droit, mais concrètement une ségrégation est établie dans la plupart des “démocraties” sur des critères de naissance et/ou de nationalité, de fortune, de capacité présumée, de sexe, de race, etc.
plus largement, aucune société “démocratique” ne l’a été suffisamment pour tendre à l’universel : de nombreuses “démocraties” se sont accommodées de l’esclavage, du cens, de la colonisation, de la ségrégation et de l’apartheid, ce qui laisse penser qu’un groupe social ne pense jamais le bien que dans son propre intérêt et au détriment des autres ; cette critique, que l’on peut estimer, en soi, infondée quant au principe même de démocratie, est pourtant récurrente et le plus souvent évoquée pour disqualifier les “ouvertures démocratiques” impulsées ou imposées “de l’extérieur” ;
dans les démocraties représentatives, le principe même de l’élection incite à la démagogie et fausse le jeu démocratique ;
une démocratie pure peut conduire, sur des sujets pourtant cruciaux, à l’indécision et l’inaction par absence de consensus ou plus simplement absence de majorité ;
les conditions concrètes (cf. plus haut) d’un système totalement démocratique ne pouvant jamais être réunies, toute soi-disant “Démocratie” serait un leurre où le plus beau rhéteur (ou le plus manipulateur) emporterait l’adhésion populaire, quelle que soit la pertinence de ses propositions – ce constat a amené Voltaire à invoquer plus volontiers un despotisme éclairé.
« La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen » (W. Churchill), voir les citations.

Typologie des démocraties
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On oppose traditionnellement deux formes de démocraties : la démocratie directe et la démocratie représentative. Il existe cependant des régimes mixtes.

Démocratie directe
Dans la démocratie directe, le pouvoir est exercé directement par les citoyens, qui s’assemblent et établissent les lois.

Voir l’article sur la démocratie directe

Démocratie représentative
Dans la démocratie représentative, des intermédiaires sont nécessaires. Les citoyens élisent des représentants qu’ils chargent d’établir les lois.

Voir l’article sur la démocratie représentative

Systèmes mixtes
Démocratie semi-directe
Les démocraties semi-directes empruntent aux deux formes de démocraties.

Les citoyens élisent des représentants qu’ils chargent d’établir les lois, mais les citoyens peuvent aussi être amenés à faire des lois par référendum (ou les refuser).

C’est le cas, par exemple, en France ou en Suisse ; plus en Suisse, où le référendum est la norme, qu’en France, où le référendum reste exceptionnel.

Article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 (France) : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants [démocratie représentative] ou par la voie du référendum [démocratie directe].

Le référendum peut prendre plusieurs formes : il peut s’agir d’un référendum législatif ou constituant (qui sont les deux formes les plus utilisées). L’initiative du référendum appartient alors aux institutions représentatives. Dans certains cas, cependant, il existe également un référendum d’initiative populaire, ce qui est le cas en Suisse ou en Italie par exemple. Comme son nom l’indique, l’initiative appartient alors aux citoyens.[5]

En France, depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, même si cette initiative populaire n’existe toujours pas formellement, il est possible de la distinguer au travers de l’articulation de deux articles de la Constitution. Il s’agirait alors pour les citoyens de faire usage de leur droit de pétition (article 72-1 alinéa 1), puis de voter sur cette réforme locale au travers du référendum local (article 72-1 alinéa 2). Il n’est donc pas exclu “que la pétition ait pour objet de demander l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante de la question de l’organisation d’une consultation des électeurs” sur un sujet précis relevant de la compétence d’une collectivité territoriale.[3]

Néanmoins, il faut remarquer que le droit de pétition a été très encadré (notamment par les maires refusant la consécration du droit d’initiative locale, qui aurait empiété sur leurs fonctions).[6]

Démocratie participative
Dans la démocratie participative, les citoyens sont associés aux décisions prises par les représentants, dès l’élaboration et jusqu’à leur application. Divers moyens sont alors utilisés pour cela.

Voir l’article sur la Démocratie participative

Confusions et extensions abusives
Les rapports entre démocratie et République entretiennent de vifs débats intellectuels. Selon certains, il n’y a pas de lien automatique ou consubstantiel entre les deux dans la mesure où :
la démocratie caractérise les principes de fonctionnement d’un groupe social
la République caractérise quant à elle la constitution ou les principes fondateurs d’un Etat-Nation, le plus souvent par opposition à une Monarchie ou à un Empire.
Une République peut être d’inspiration démocratique (c’est même souvent le cas) mais il ne s’agit pas d’une condition nécessaire. De le même manière, toute démocratie n’est pas obligatoirement une République (voir le Royaume-Uni).

Les concepts listés ci-dessous utilisent le terme démocratie mais, dans leur usage conventionnel, en pervertissent voire dénaturent fondamentalement le sens :
démocratie populaire
démocratie d’opinion (recours aux enquêtes et sondages pour orienter les choix politiques)

L’argent de la Sécu

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77 % des nouvelles dépenses de la sécu sont dues aux Affections de Longue Durée comme le cancer (+ 84 %), soit 80 milliards en 2006.

Il y a plus d’une dizaine d’année, le président de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Paris disait qu’il n’y avait pas de trou de la Sécu, mais seulement des impayés.

Cette année, nous allons devoir donner un euro non remboursé de notre poche, nous allons être très contrôlés lors de nos arrêts maladie, nous allons devoir consulter un généraliste avant d’aller voir un spécialiste…

Toutes ces mesures, et bien d’autres, pour réduire le “soi-disant” trou de la Sécu !

Mais le fameux trou de la Sécu de 11 milliards d’euros existe-t-il vraiment ?
7,8 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes sur le tabac
3,5 milliards non reversés à la Sécu sur les taxes de l’alcool
1,6 milliards non reversés à la Sécu des assurances auto pour les accidentés de la route
1,2 milliards non reversé à la Sécu de la taxe sur les industries polluantes
2 milliards de TVA non reversés à la Sécu
2,1 milliards de retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés
1,9 milliards de retard de paiement par les entreprises, etc…
C’est-à-dire : 20,1 milliards d’euros.

Si cette somme n’avait pas été piratée, la Sécu aurait un bilan largement positif !
(chiffres issus du rapport de la Cour des comptes de la Sécu pour 2003/2004)

Où est passé l’argent de la Sécu ?…
Les exemptions de charges, sans compensation, offertes aux entreprises se montent entre 30 et 70 milliards d’Euros, selon les sources.
47,7 milliards ont été versés à l’armée et 95 milliards de bénéfices pour les seules 40 entreprises du CAC40 en 2007.
Plus de 40 milliards d’évasions (fraudes) fiscales repérées en France.
Combien effectivement dans les paradis fiscaux ?…

Corrida

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La corrida, sous couvert d’un argumentaire “pseudo folklorique”, est avant tout un lucratif business, en partie subventionnée avec nos impôts !

Trop peu de contribuables européens (Français compris) savent que leurs impôts sont employés à élever des taureaux pour les corridas. En effet, chaque sélectionneur de taureaux pour corrida reçoit une subvention de 210 euros par animal mâle. La Commission Européenne est parfaitement consciente que ces animaux sont élevés pour la torture, malgré cela, elle refuse d’exclure les éleveurs de taureaux pour corrida des subventions de la PAC. Les aides de l’UE aux quelques 1200 éleveurs atteignent 22,5 millions d’euros par an (Source : Courrier International). En France et rien que pour l’année 2004, les subventions publiques allouées aux villes organisatrices de corrida s’élèvent à 465 808 euros ! (source Alliance pour la suppression des corridas).

De tout temps et dans tous les pays, une certaine catégorie d’individus, par ignorance, lâcheté, cupidité ou pur sadisme, a toujours aimé se réjouir du spectacle de la torture d’autrui. Les jeux du cirque, les pogroms, l’exécution publique de prisonniers, le lynchage des hommes aux cheveux roux ou des chats au pelage noir sont-ils vraiment le fait d’un âge révolu ? Le combat de coq dans le Nord, la corrida dans le sud de la France, les combats d’ours avec des chiens au Pakistan et les femmes lapidées sur la place publique au Nigeria ou exécutées dans un terrain de football en Afghanistan se déroulent au XXIe siècle et non au Moyen Âge. Le spectacle du lynchage humain et non-humain est dans les deux cas, toujours présenté comme un divertissement familial et éducatif pour les enfants. La corrida est non seulement ouverte aux enfants, mais aussi à des groupes scolaires. En effet, depuis plusieurs années, l’industrie de la tauromachie va jusqu’à démarcher les écoles en proposant aux enseignants des places gratuites pour aller “visiter” une corrida avec leurs élèves. L’objectif “pédagogique” de la tauromachie est de chercher ni plus ni moins à séduire de futurs potentiels CLIENTS.

Selon le Dr Albert Schweitzer, célèbre humaniste : “Quelqu’un qui s’est habitué à considérer la vie de n’importe quelle créature vivante comme sans valeur, finit par penser qu’une vie humaine ne vaut rien” (à lire, l’article : “Bourreaux d’Animaux, Bourreaux d’Humains : Partenaires en Crime”). Tous les jours en France et à travers le monde des “sans voix”, humains et non-humains, sont lynchés par des individus éduqués dans l’esprit que torturer des “sous-êtres”, selon eux, c’est normal, voire fun.

Parlant de la corrida, l’humaniste Albert Jacquard déclara (*) : “Au fond, comment peut-on justifier de transformer en un spectacle, la souffrance et la mort d’un animal, que ce soit un taureau ou même un humain ? Vraiment, c’est invraisemblable, cette banalisation de la violence me semble très grave parce qu’elle va entraîner la justification peu à peu de toutes les violences.” Il est vital d’inculquer à nos enfants les valeurs de respect et du droit à la vie pour TOUTES les espèces vivantes en condamnant énergiquement tout acte de barbarie, que le bourreau porte un “habit de lumière” ou non. Le bozkashi est le “jeu national afghan”, au lieu d’un taureau, c’est une chèvre qui est lynchée. En 1982, l’anthropologue Whitney Azoy voyait dans ce “jeu” la tendance profonde de la société afghane au “chaos”.

Albert Jacquard (**) : Il ne s’agit pas seulement d’éviter la souffrance infligée absurdement à des taureaux mais de lutter contre la sinistre tentation de violence qui se répand dans toute notre culture. En étalant le sang, en mettant en danger la vie même du torero, ces spectacles font appel à ce qu’il y a de plus inavouable dans les réactions les plus primitives de chacun de nous . Comment les enfants peuvent-ils respecter leurs parents lorsqu’ils les voient se satisfaire d’émotions aussi barbares ?

S’élever contre les corridas, c’est défendre notre part d’humanité, une part qui dans notre société est en grave danger.

(*) : Propos tenus sur France 2, le jeudi 09 septembre 2004
(**) : Propos tenus sur radio France-Culture, le lundi 31 janvier 2005

Gros sous et Corruption

Une pratique commune est de scier les cornes des taureaux de quelques centimètres. Les cornes des taureaux, comme les moustaches des chats, aident les animaux à s’orienter, donc un changement soudain détériore la coordination du taureau – il percevra alors différemment les distances. Le sciage est pourtant illégal et les cornes sont parfois inspectées par un vétérinaire, après un combat. Mais en 1997, la Confédération de Professionnels de Tauromachie, incluant 230 matadors de l’Espagne, a fait une grève pour s’opposer à ces inspections vétérinaires. Les grévistes ont prétendu que les vétérinaires n’étaient pas “qualifiés” pour inspecter les taureaux.

Cependant, la plupart reconnaît que cela est juste une nouvelle preuve de la corruption qui infiltre un business qui rapporte chaque année plus d’un million d’euros à un matador professionnel. En 1996, la vente de billets rapporta 1.4 milliards d’euros à l’Espagne.

L’état français (avec l’argent des contribuables) a multiplié le budget taurin de la ville de Nîmes par 4 en 10 ans, si bien qu’en 1992, il atteignait 27 millions de francs.

Chevaux, les autres victimes de la barbarie

Les taureaux ne sont pas les seules victimes dans l’arène. L’éditeur d’un magazine américain pro-tauromachie admit que les chevaux employés dans les corridas “reçoivent une injection de drogue derrière l’oreille. Les chevaux sont drogués, leurs yeux bandés et ils sont très souvent sacrifiés.”  Ces chevaux, qui reçoivent souvent un coup de corne, ont habituellement les oreilles bouchées avec du papier mâché pour détériorer leur audition, leurs cordes vocales sont aussi coupées afin que leurs cris ne distraient pas la foule. Ce sont souvent de vieux chevaux de charrue donc sans valeur marchande qui finissent par être renversés par le poids du taureaux.

Communiqués et actualités

Author:  |  Category: Général
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Les escroqueries
Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités Territoriales lance une campagne d’information sur la lutte contre les escroqueries. Escroquerie, que dit la loi ? Que faire lorsque l’on a été victime d’une escroquerie ? A qui signaler un courriel ou un site d’escroqueries ? Retrouvez les réponses à ces questions ci-dessous…
Escroquerie, que dit la loi ?

Extrait :
Article L313-1 du Code Pénal
«L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. L’escroquerie est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende».

Zoom sur quelques escroqueries :
L’escroquerie aux  billets noircis
«Une valise d’argent pour si peu : la belle affaire ! »

«Dans un bar, une personne m’a accosté pour me proposer une affaire très
intéressante. Elle disposait d’une mallette pleine de billets tachés d’encre noire. Elle m’a montré, avec un peu de produit, comment les traiter et de vrais billets sont apparus, dont elle m’a fait cadeau. Elle m’a proposé la moitié des billets de la mallette à condition d’avancer l’argent pour acheter le produit, trop cher pour elle seule. Convaincu, j’ai accepté. J’ai donc versé une première somme d’argent pour acheter à l’étranger ce produit nettoyant, puis une seconde pour débloquer le produit à la douane. Quatre versements plus tard, je me suis rendu compte de l’escroquerie dont j’avais été victime».

Fausse qualité : l’escroc était bien caché
« Je suis policier, gendarme, pompier : aidez nous financièrement »
«Je suis commerçant et j’ai reçu un appel d’un homme se disant commissaire de Police de ma ville. Il m’a invité à financer le petit journal du commissariat en y achetant un encart publicitaire pour la promotion de mon commerce. J’ai accepté. J’ai ensuite reçu par fax le bon de commande indiquant la somme à payer. Rassuré par la présence du logo de la Police, j’ai envoyé un chèque. Sans nouvelles quelques semaines plus tard j’ai contacté mon commissariat : j’ai appris qu’il n’existait aucun journal !Résultat : pensant aider le commissariat j’ai enrichi un escroc et j’ai perdu beaucoup d’argent».

Avant de payer quoi que ce soit, je contacte le service concerné pour me renseigner
Je vérifie toujours la qualité déclarée de mon interlocuteur

Une fausse épargne qui vous ruine
« Un placement à taux rémunérateur record !»

«J’ai reçu les confidences d’une connaissance qui m’a dit avoir trouvé la solution pour arrondir facilement ses fins de mois : une de ses collègues de travail lui a proposé un placement très rémunérateur : 10 % par mois. Elle m’a dit qu’il faudrait placer 5000 euros. Après avoir un peu hésité, j’ai décidé d’investir 1000 euros, et elle m’a effectivement remis, après 30 jours, la somme de 1100 euros. Confiante, j’ai décidé de lui confier toutes mes économies, que je n’ai jamais revues».

Je sais que les trop bonnes affaires n’existent pas
Je ne confie pas d’argent à un inconnu

L’escroquerie à la fausse loterie

«J’ai été avisé par courrier que j’avais gagné une grosse somme d’argent à un jeu. Mais avant, j’ai dû verser une somme afin de récupérer le gain. J’ai versé l’argent mais je n’ai jamais rien reçu !»

Je ne réponds jamais à ce type de proposition
Si je n’ai pas joué, j’ai peu de chance d’avoir gagné

L’escroquerie à l’héritage
«Aidez-moi à toucher mon héritage, vous ne le regretterez pas»

«J’ai reçu un courriel d’un inconnu qui m’a proposé de servir d’intermédiaire financier. Il se disait bénéficiaire d’un héritage conséquent qu’il ne pouvait toucher, faute de moyens suffisants pour avancer les frais de succession. Il m’a demandé de lui avancer la somme et proposé de toucher en retour 20% de l’héritage. Je lui ai envoyé l’avance par virement bancaire. Une fois les versements effectués, le contact a été rompu. Je n’ai jamais reçu la commission promise».
Je n’envoie pas d’argent à un inconnu via un service de transfert d’argent ou par virements bancaires

Je ne réponds jamais à ce type de proposition

Escroqueries sur Internet : Transactions virtuelles, pertes bien réelles
Un virement pour acheter un produit sur internet, ça peut coûter cher

«J’ai déniché une annonce proposant une voiture à un prix très attractif. Après plusieurs échanges avec le vendeur, j’ai reçu un courriel au nom du site définissant les modalités de paiement. Je ne me suis pas méfié et j’ai réglé le bien en passant par un service de transfert d’argent. En fait, c’est le vendeur escroc qui avait envoyé ce courriel ! L’argent a été retiré le jour même. Je n’ai jamais reçu le bien que j’avais payé».

«Phishing» : un mail ça peut faire très mal
«Je suis votre banque et j’ai besoin de votre mot de passe de connexion»

«J’ai reçu un courriel de ma banque me demandant mon identifiant de connexion et  le mot de passe de consultation de mon compte en ligne. Ils m’avaient alors expliqué qu’ils avaient besoin de mettre à jour mes données de connexion. Le problème c’est que ce n’était pas ma banque. Mon compte a été vidé».

Je ne réponds jamais à un courriel qui me demande de transmettre mes coordonnées bancaires
je sais que ma banque ou toute autre institution de confiance ne me les demandera jamais par courriel
En cas de doute, j’appelle directement ma banque

Tentative d’escroquerie connue sous le nom d’escroquerie « à la nigériane » ou encore escroquerie « 419 ».

«Je viens de recevoir un e-mail bizarre, d’une personne que je ne connais pas, se disant d’origine nigériane et me demandant de l’aider. Que dois-je faire ?».

Vous ne devez pas répondre, ni envoyer d’accusé de réception.
Il s’agit d’une tentative d’escroquerie connue sous le nom d’escroquerie « à la nigériane » ou encore escroquerie « 419 ».
Il est généralement expliqué au destinataire qu’une personne influente et riche, en disgrâce dans son pays, cherche à transférer en France de très importantes sommes d’argent actuellement bloquées dans son pays d’origine.
Pour ce faire, il a besoin d’un prête-nom, qu’il récompensera très généreusement (souvent 10% du montant des fonds à transférer) – Le but de cette escroquerie est d’amener la victime à accepter de verser  une participation financière pour régler des soi-disant frais de dossiers, payer des intermédiaires etc…

Utilisation frauduleuse de numéros de carte de paiement sur Internet

«En recevant mon relevé de compte bancaire, je me suis aperçu qu’on m’avait débité x….€ (ou $) en paiement d’achats sur Internet que je n’ai pas effectué. Que puis-je faire ?»

Vous avez été victime d’une escroquerie.
Vous devez d’abord le signaler à votre agence bancaire, puis porter plainte au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche de votre domicile
.
Vous devez vous munir d’une pièce d’identité, de votre relevé d’identité bancaire mentionnant les paiements que vous contestez, des coordonnées de votre agence bancaire, et des références de votre carte de paiement.
Cette plainte permettra d’ouvrir une enquête, et sera, quel que soit le résultat, transmise au procureur de la République.

Préjudice d’une utilisation frauduleuse de numéros de carte de paiement sur Internet

«J’ai été victime d’une utilisation frauduleuse de mon numéro de carte de paiement sur Internet. Est-ce à moi de supporter le montant du préjudice ?»

Si vous avez signalé le problème à votre banque, elle vous a demandé un récépissé de dépôt de plainte – Si vous avez fourni ce document, votre banque doit recréditer votre compte du montant litigieux dans le délai d’un mois.

Comment porter plainte :

Si vous êtes victime d’une escroquerie, déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche.

Munissez-vous de tous les renseignements en votre possession :
- références du ou des transferts d’argent effectués,
- références de la ou des personnes contactées : adresse de messagerie ou postale, pseudos utilisés, numéros de téléphone, fax, copie des courriels/courriers échangés…,
- tout autre renseignement pouvant aider à l’identification de l’escroc.

Vous renseigner ou signaler un mail ou un site qui vous semble être une tentative d’escroquerie :
numero
Protection des données bancaires : les règles de vigilance

1. Sur Internet
- Je réalise mes achats uniquement sur les sites de confiance, signalés par le logo et dont l’adresse commence, au moment de la transaction, par «https»
- J’évite le piratage de ma carte bancaire en protégeant mon ordinateur avec un anti-virus, un pare-feu et un logiciel anti-espion à jour

2. Les automates (distributeurs de billets)

- Je compose discrètement mon code et masque le clavier avec ma main
- Je ne me laisse pas distraire par des inconnus qui proposent leur «aide» ; il s’agit souvent d’escrocs qui cherchent à subtiliser ma carte et récupérer mon code secret.

3. En magasins

- Numéro de carte bancaire + date d’expiration + cryptogramme  = danger !
Dans le cadre d’une transaction en magasin, il est très facile pour l’escroc d’identifier ces numéros et de les noter. Ces références sont suffisantes pour effectuer des achats en ligne.

- Je ne quitte jamais des yeux ma carte bancaire, je ne la confie à personne

- Je ne conserve pas mon code secret au même endroit que la carte

4. De manière générale, je suis les conseils de mon banquier

Le ministre
06.01.2009 – Lancement du plan de lutte contre les escroqueries
Intervention de Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer et des Collectivités Territoriales, lors du lancement du plan de lutte contre les escroqueries, le mardi 6 janvier 2009.

Mesdames, Messieurs,

Le constat est clair, alors même que la délinquance de proximité est en forte baisse, (avec 110 000 victimes de moins sur la période de janvier à novembre 2008), le phénomène des escroqueries est lui en pleine recrudescence.

Sur la (même) période de janvier à novembre 2008, les « escroqueries et infractions économiques et financières » ont augmenté de 9,93%, passant de 315 030 à 346 306 faits par rapport à la même période en 2007.

Sur la même période, le taux d’élucidation pour ces escroqueries et infractions économiques et financières a baissé de 4 points, passant de 56,58 % à 52,66 %.

L’augmentation de ce type de délinquance est essentiellement imputable à la sous-partie « escroqueries et abus de confiance ».

Cette catégorie totalise 194 812 faits constatés, soit une hausse de près de 20% correspondant à 33 363 faits supplémentaires. Elle représente 6% de la délinquance générale.
Pour les escroqueries et abus de confiance proprement dits, le taux d’élucidation n’est que de 35 %.

Parmi ces escroqueries, certaines sont classiques. Les escrocs jouent de la bonne foi, de la générosité, de la fragilité ou de la naïveté de ceux qu’ils arnaquent.

La mondialisation, la multiplication des échanges économiques ont rendu les transactions plus nombreuses et potentiellement plus risquées.

Les escroqueries exploitent les nouvelles possibilités offertes par Internet.

Les unes reproduisent les escroqueries classiques en se servant des “spam”, des sites de ventes ou crée de faux sites bancaires. Elles sont ainsi démultipliées.

Une seconde catégorie d’escroqueries sur Internet repose sur l’utilisation frauduleuse des données confidentielles bancaires. Ainsi, des opérations dites de “phishing” visent, par l’envoi de spam, à pousser l’internaute à communiquer ses données bancaires par voie électronique.

Je ne crois pas en la fatalité.

Ministre de l’Intérieur, en charge de la protection des Français, je n’ai pas l’intention de laisser nos concitoyens démunis face aux escroqueries, et notamment sur Internet.

Quand des personnes sont abusées, dépouillées à leur insu, victimes de l’utilisation de techniques de plus en plus perfectionnées, nous avons le devoir d’agir.

Agir en modernisant nos instruments pour toujours garder une longueur d’avance sur les escrocs.

Agir en renforçant la prévention et la détection de toutes les formes d’escroquerie.

I. Mieux prévenir d’abord.

Des actions de prévention existent sur le terrain, grâce aux interventions des référents sûreté dans les brigades et les commissariats.

Il faut aller plus loin et s’adresser au plus grand nombre. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une campagne d’information de plus grande envergure.

1) Une plaquette, en 3 millions d’exemplaires, disponibles dans les services de l’Etat ouverts au public et téléchargeable sur Internet, permettra :
- d’informer le citoyen sur les différents types d’escroqueries
- de fournir conseils et règles de vigilance à l’intention de chacun.

Vous y trouverez des histoires réelles et expliquées, concernant toutes les formes d’escroquerie : escroquerie à la fausse loterie, escroquerie à l’héritage, escroquerie aux billets noircis.

2) Un numéro de téléphone permet désormais à toute personne suspectant une escroquerie d’obtenir informations et conseils concrets, ainsi que des renseignements sur les démarches à suivre.

Ce numéro est le 08 11 02 02 17.

La plateforme téléphonique est joignable au prix d’un appel local. Elle fonctionne actuellement du lundi au vendredi. Elle est composée d’un officier de police, 4 réservistes de la police nationale et 2 gendarmes.

II. Pour mieux détecter les escroqueries sur Internet, nous devons disposer de moyens nouveaux et internationalisés.

1) Une plate-forme nationale de signalement des sites et contenus illicites sur Internet est opérationnelle aujourd’hui.

Elle donne aux internautes les moyens de signaler automatiquement toute forme de malversation constatée sur Internet.

Jusqu’à ce jour, le signalement automatique n’était possible que pour les sites à caractère pédopornographiques. A compter d’aujourd’hui, tout internaute pourra signaler un contenu qui lui semble illicite, ou un mail illicite.

Les internautes recevant des mails ressemblant à une escroquerie pourront donc les signaler à cette plateforme.

Son adresse est : www.internet-signalement.gouv.fr

Le traitement de ces signalements se fait en temps réel. La police transmet ensuite à la justice lorsque les faits sont caractérisés.

Naturellement, les dispositifs privés de signalement existants demeurent très utiles, que ce soit “signal spam” ou “point de contacts”.

Ils font le lien avec notre plateforme. C’est le principe même d’internet : la multiplicité des points de connexion.

2) Pour mieux cibler les investigations, j’ai créé un groupe dédié aux escroqueries sur Internet au sein de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication de la police judiciaire.

Ce groupe permet, grâce à l’expertise de policiers et de gendarmes, de centraliser les informations relatives aux escroqueries. Il s’agit de faciliter les recoupements entre différentes plaintes recueillies sur l’ensemble du territoire national.

Le traitement national des cas d’escroqueries pourra se poursuivre par la saisie de nos homologues internationaux, de façon harmonisée.

3) Les affaires d’escroquerie dépassent en effet souvent le cadre national.

C’est pourquoi j’ai aussi proposé la mise en place courant 2009 d’une plateforme européenne de signalement des infractions relevées sur Internet.

Les tentatives d’escroqueries d’envergure en feront naturellement partie.

Avec un financement de la Commission européenne, hébergée par Europol, elle sera mise en place et fonctionnera à partir de dispositifs de signalement nationaux.

Mesdames, Messieurs,

Mon ambition est de faire du ministère de l’Intérieur un grand ministère moderne de la sécurité, au service de la protection des Français.

Il faut changer nos habitudes de pensée. Il faut transformer nos manières d’agir.

Je veux développer une nouvelle culture de la sécurité intérieure, faite d’anticipation, de prévention, et d’efficacité.

Sur toutes les questions de sécurité, je fais le choix d’une démarche proactive, attentive aux nouvelles menaces, soucieuse de toujours adapter les instruments existants.

C’est la condition d’une action en phase avec les attentes du citoyen, à la hauteur des défis du XXIème siècle.

Je vous remercie.