Le Silat est un art martial qui s’est développé dans tout l’archipel malais.
Il n’existe pas de récit historique précis à son propos, mais la littérature et le patrimoine de Java prouvent que le Silat fait partie intégrante des pratiques culturelles de l’archipel (de nos jours, il a une place prépondérante dans les évènements officiels).
Pour ce peuple, le Silat est beaucoup plus qu’un simple art martial, c’est une véritable institution : former un peuple courageux, discipliné, loyal et patient.
Les maîtres malais en possèdent la connaissance pure : l’ilmu.
Le Silat est avant tout un art de défense qui, appliqué intelligemment, devient très efficace.
Ne s’appuyant pas sur la force physique, il peut être pratiqué par tous : hommes, femmes, enfants et personnes agées (en Malaisie et en Indonésie, on compte un très grand nombre de femmes et d’enfants le pratiquant).
La connaissance du Silat développe le caractère humain de ses pratiquants en accordant corps et esprit. Les malais répondent à la violence qui les entoure par l’audace et la ruse, non par l’agressivité.
L’apprentissage est astreint à certaines conditions protégeant les fondements du Silat que le nouvel élève doit accepter. Le maître adapte son enseignement en fonction des capacités de celui-ci.
Le Silat se divise en trois parties : l’art, l’auto défense et la spiritualité.
l’art : manifeste dans la richesse des costumes et dans le gamelan (musique traditionnelle) accompagnant une gestuelle d’une très grande beauté. Celle ci prend véritablement forme avec un Silat de haut niveau, car elle nécessite une forte expérience technique et tactique.
Elle est comparable à des mouvements d’éclosion et de recueillement permettant l’attaque et la défense. Ces gestes, langkah, sont la base d’un enseignement de qualité.
« Sans langkah, pas de Silat » Si la gestuelle esthétique est en lien direct avec la gestuelle défensive, sa signification et ses symboles sont plus abstraits.
l’auto défense : on la retrouve directement dans les techniques de frappe et de réception des coups. En effet, la recherche esthétique des mouvements masque en réalité des techniques fulgurantes. Celles-ci ne sont pas données en spectacle afin de conserver la sécurité et l’harmonie de la communauté du Silat. On distingue trois formes de défense :
à distance éloignée, moyenne ou rapprochée ; respectivement l’esquive, la parade et la saisie.
la spiritualité : renforcer son Silat, c’est maîtriser la connaissance de tout ce qui l’entoure, à commencer par la religion ; mais aussi la conception des armes, la physique, l’anatomie, l’astronomie, etc.
Ces trois domaines sont indissociables. Dépendant les uns des autres, ils forment un tout et assurent la transmission d’un Silat proche des traditions.
Chaque civilisation et chaque époque a vu se développer des techniques de défense. Cependant, l’art martial malais, qui n’était au départ qu’un simple moyen de se protéger, s’est peu à peu révélé et affiné pour devenir le Silat.
C’est ainsi qu’il appartient désormais au patrimoine artistique et culturel malais.








