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La Fondation Bill Gates

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La Fondation Bill Gates investit des milliards dans des industries bien peu philanthropiques… (LA Times)

Voir en ligne : Dark cloud over good works of Gates Foundation

Le capital dont dispose la fondation est supérieur au PIB de deux tiers des pays du monde

Pourquoi l’institution caritative la plus riche du monde est-elle actionnaire de sociétés qui sont à l’origine des fléaux sanitaires et écologiques qu’elle s’est donné pour objectif de combattre ?

D’EBOCHA (NIGERIA) Justice Eta tend son petit pouce.

Une tache d’encre atteste que ce bébé de 14 mois a été immunisé contre la polio et la rougeole, dans le cadre de la campagne de vaccination financée par la Fondation Bill & Melinda Gates au Nigeria.

Mais la polio n’est pas le seul danger qui menace le petit Justice.

Depuis sa naissance ou presque, il présente des troubles respiratoires.

Son entourage dit simplement qu’il “a de la toux, attribuant sa maladie à la fumée et aux retombées de suie des torchères dont les langues de feu lèchent le ciel à 90 mètres au-dessus d’une raffinerie voisine qui appartient au géant pétrolier ENI.

Or l’un des actionnaires de cette société italienne n’est autre que la Fondation Bill & Melinda Gates.

La clinique de fortune où le bébé a été vacciné et les torchères qui dominent la ville symbolisent parfaitement les contradictions de la Fondation Gates.

A la faveur d’une enquête approfondie, nous avons constaté une grande incohérence entre les initiatives caritatives de la fondation et ses placements financiers : chaque année, elle engrange d’importants bénéfices grâce à des investissements qui vont clairement à l’encontre de ses bonnes œuvres.

Selon le Dr Elekwachi Okey, médecin à Ebocha, les centaines de torchères des raffineries du delta du Niger ont déclenché une vague de bronchites parmi les adultes, mais aussi d’asthme et de troubles de la vision chez les enfants.

Aucune étude n’a réellement démontré les effets de ces usines sur la santé, mais nombre des 250 composés toxiques présents dans les fumées et la suie sont depuis longtemps identifiés comme des facteurs de maladies de l’appareil respiratoire et de cancers.

“Ici, nous sommes tous fumeurs, mais personne n’a besoin de cigarettes, ironise le Dr Okey.

Pour les compagnies pétrolières de la région, il revient moins cher de brûler chaque jour près de 28 millions de mètres cubes de gaz – contribuant ainsi au réchauffement climatique – que de le vendre.

Et elles nient tout rapport entre les torchères et les pathologies présentes dans la région.

Sous la pression des militants, la Cour suprême du Nigeria a pourtant enjoint aux exploitants d’éteindre leurs torchères d’ici à mai 2007.

A partir de cette date, le gaz devra être soit réinjecté dans le sous-sol, soit acheminé par camion et gazoduc pour être vendu.

Mais les autorités ne se font pas d’illusions et il y a de fortes chances pour que la combustion se prolonge encore plusieurs années.

La Fondation Gates a consacré 218 millions de dollars à une campagne de vaccination contre la polio et la rougeole menée dans le monde entier, y compris dans le delta du Niger.

Parallèlement, elle a investi 423 millions de dollars dans le capital d’ENI, de Royal Dutch Shell, d’Exxon Mobil, de Chevron et de Total – les compagnies responsables de la plupart des émissions de gaz qui obscurcissent le ciel d’Ebocha, et ce à des niveaux très supérieurs à ceux tolérés aux Etats-Unis ou en Europe.

Les dirigeants locaux accusent aussi le développement de l’industrie du pétrole de favoriser d’autres fléaux combattus par la Fondation Gates.

Les ouvriers et les soldats qui les protègent attirent par exemple la prostitution, contribuant ainsi à une recrudescence du VIH et des grossesses adolescentes.

Et les trous de forage se remplissent d’eaux stagnantes, devenant des foyers de prolifération idéals pour les moustiques qui propagent le paludisme.

A la fin 2005, la Fondation Gates était dotée de 35 milliards de dollars, ce qui en faisait déjà l’institution caritative la plus importante du monde.

Depuis lors, Warren E. Buffett, l’homme le plus riche de la planète (après Bill Gates), s’est engagé – en juin 2006 – à y ajouter progressivement près de 31 milliards de dollars, prélevés sur sa fortune personnelle.

Sans même compter les dizaines de milliards de dollars supplémentaires promis par Gates, le capital dont dispose désormais la fondation est supérieur au produit intérieur brut de près des deux tiers des pays du monde.

Comme la plupart des œuvres philanthropiques, la fondation consacre chaque année au moins 5 % de ses avoirs à des donations afin de bénéficier d’une exonération fiscale.

En 2005, elle a ainsi distribué près de 1,4 milliard de dollars.

Elle subventionne essentiellement des actions sanitaires, des initiatives visant à améliorer l’enseignement public aux Etats-Unis et des programmes d’aide sociale dans la région du Nord-Ouest Pacifique.

Les 95 % restants sont investis.

Ces placements sont gérés par Bill Gates Investments, une structure qui administre également la fortune personnelle du milliardaire.

Selon Monica Harrington, responsable de la stratégie pour la fondation, les gestionnaires ont un seul objectif : dégager une rentabilité “capable d’assurer la pérennité du financement des programmes et des subventions.

Bill et Melinda Gates demandent à ces financiers de diversifier fortement leur portefeuille, mais ne leur donnent aucune directive particulière.

Si l’on se réfère aux données fournies par des cabinets spécialisés dans l’analyse des pratiques des fonds communs de placement, des fonds de retraite, des agences gouvernementales ou des fondations, on constate que la Fondation Gates détient des participations dans un grand nombre d’entreprises qui contreviennent aux normes écologiques, opèrent des discriminations professionnelles, violent les droits des salariés ou développent d’autres pratiques contraires à l’éthique, et ne remplissent donc pas les critères classiques de responsabilité sociale.

Plusieurs centaines de placements réalisés par l’institution – représentant un total d’au moins 8,7 milliards de dollars, soit 41 % de ses actifs (hors titres d’Etat américains ou étrangers) – concernent des entreprises dont l’action contrarie ses objectifs philanthropiques ou ses préoccupations sociales.

D’après Paul Hawken, spécialiste de l’investissement socialement responsable et directeur du groupe de recherche Natural Capital Institute, c’est là le “secret honteux de beaucoup de grandes œuvres caritatives.

“Les fondations subventionnent des organismes qui s’efforcent de construire l’avenir, mais, par leurs investissements, elles hypothèquent cet avenir. Le plus grave, souligne-t-il, n’est pas d’investir dans des sociétés nocives ou peu respectueuses de l’éthique, mais de ne le faire que pour l’argent, sans même chercher à améliorer le mode de fonctionnement de ces entreprises.

Ce genre de stratégie peu scrupuleuse, ajoute Paul Hawken, récompense en réalité les mauvaises pratiques.

A la Fondation Gates, cette politique est garantie par le strict cloisonnement de la branche caritative et de la branche financière.

Les objectifs de la première ne doivent en aucune façon affecter les investissements de la seconde.

Ses responsables ont d’ailleurs récemment annoncé qu’ils envisageaient d’institutionnaliser cette organisation en plaçant leurs actifs dans une structure distincte, le Bill & Melinda Gates Foundation Trust, dont les deux administrateurs seront Bill et Melinda Gates eux-mêmes.

“Nous fonctionnons depuis plusieurs années selon ces principes, explique Mme Harrington.

Mais une séparation officielle des deux branches clarifiera encore davantage la situation. Les gestionnaires du fonds n’excluent que les fabricants de tabac de leur portefeuille.

Ils n’investissent jamais un centime dans une entreprise au simple motif qu’elle agit conformément aux intérêts philanthropiques de la fondation.

Des milliards de dollars investis dans des industries polluantes

Le milieu caritatif commence pourtant à se rendre compte qu’il est pour le moins paradoxal de donner de l’argent pour promouvoir un monde meilleur tout en réalisant des investissements qui le mettent en péril.

Des études récentes montrent que de nombreuses fondations, dont certaines parmi les plus importantes des Etats-Unis, se sont au moins fixé quelques principes de base pour assurer une certaine cohérence entre leurs placements et leur mission.

Parmi les principales institutions qui fondent essentiellement leur choix sur des critères de justice sociale, de bonne gouvernance d’entreprise et de respect de l’environnement, figurent par exemple les fondations Ford, John D. et Catherine T. MacArthur, Rockefeller et Charles Stewart Mott.

Près d’un tiers de ces institutions jouent leur rôle d’actionnaire en utilisant leurs droits de vote pour infléchir les pratiques des entreprises.

Quelques-unes sont même devenues de vrais actionnaires militants.

Depuis quelques années par exemple, la Nathan Cummings, dotée de 481 millions de dollars, soumet régulièrement au vote des actionnaires, lors des assemblées générales, des résolutions contraignant la société à adopter une stratégie transparente et respectueuse de l’environnement.

Monica Harrington assure, sans plus de précisions, que les gestionnaires de la Fondation Gates votent également ce genre de résolutions.

En mai dernier, elle avait pourtant confié à la revue Chronicle of Philanthropy qu’ils ne se mêlaient jamais de ce genre d’affaires.

La fondation n’a par ailleurs pas autorisé son responsable des investissements, Michael Larson, à répondre à nos questions.

De son côté, Michael J. Smith, directeur des investissements de la Fondation Charles Stewart Mott, estime que les fondations doivent absolument utiliser leurs droits de vote pour améliorer le comportement des sociétés, ne serait-ce que pour des raisons purement financières.

“Les entreprises qui ont une bonne gouvernance sont généralement bien gérées et enregistrent régulièrement des bénéfices, affirme-t-il.

La Fondation Gates serait particulièrement bien placée pour donner le la.

Elle dispose de plus de pouvoir que n’importe quelle autre pour faire avancer le débat, fait remarquer Douglas Bauer, vice-président de Rockefeller Philanthropy Advisors, un organisme à but non lucratif qui conseille les fondations sur les questions de stratégie et d’éthique.

Si elle sélectionnait des sociétés qui partagent ses valeurs, le secteur de la philanthropie dans son ensemble subirait un véritable “séisme, assure-t-il.

La fondation n’a pas répondu à nos questions écrites sur ses éventuelles intentions de modifier sa politique d’investissements.

A Lagos (Nigeria), presque tous les matins, Felix, 56 ans, se rend à pied dans une usine située dans les faubourgs de la capitale pour acheter un pain de glace à 40 cents.

Ce militaire à la retraite en a absolument besoin : il ne doit pas laisser fondre ses médicaments.

Il y a deux ans, son épouse a été emportée par le sida et il a appris qu’il était séropositif.

Il a pris des antirétroviraux et son état s’est amélioré.

Mais il a souvent dû interrompre son traitement, qui, à 62 dollars par mois, était au-dessus de ses moyens.

Cet ancien sergent, père de six enfants, ne touche qu’une pension de 115 dollars – et encore, pas tous les mois.

Plus grave, son organisme a bientôt cessé de réagir à la molécule.

En mai, Felix a commencé à prendre un autre médicament, le Kaletra.

Ce traitement lui a permis d’aller mieux, mais à quel prix ! Sous le climat caniculaire du Nigeria, où le mercure dépasse souvent les 37 °C, les gélules de Kaletra fondent.

Le retraité est donc obligé de les conserver dans une boîte remplie de glace, qu’il faut renouveler chaque jour.

Il doit ensuite prendre son médicament à 10 heures du matin et à 10 heures du soir précises.

Avec de telles contraintes, il lui est difficile de travailler, même en se contentant d’un petit boulot.

Il existe désormais une nouvelle version du Kaletra qui se conserve à température ambiante.

Mais le médecin traitant de Felix, le Dr T.M. Balogun, l’un des directeurs du programme de lutte contre le sida au centre hospitalier universitaire de Lagos, lui a conseillé de ne pas trop espérer.

L’hôpital est subventionné par le gouvernement nigérian, qui touche lui-même des aides du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Cet organisme a reçu 651 millions de dollars de la Fondation Gates.

Pourtant, l’hôpital ne propose pas le nouveau Kaletra.

Il est trop cher.

Plusieurs pharmacies privées le commercialisent à 246 dollars par mois.

Totalement hors de portée pour Felix.

Or le Kaletra est fabriqué par le laboratoire Abbott.

Et la Fondation Gates détenait, en septembre 2006, une participation de 169 millions de dollars dans le capital de ce labo.

En 2005, le portefeuille de la fondation comptait près de 1,5 milliard de dollars d’actions de laboratoires pharmaceutiques très critiqués pour leurs pratiques commerciales limitant l’accès des populations pauvres des pays en développement à des molécules essentielles.

En moyenne, la valeur des actions de ces sociétés a augmenté de 54 % depuis 2002.

Ses investissements chez Abbott et dans d’autres laboratoires ont probablement rapporté à la fondation plusieurs centaines de millions de dollars.

Microsoft, meilleur allié des laboratoires pharmaceutiques

L’industrie pharmaceutique se défend en expliquant que cette protection par les prix est indispensable à la poursuite de ses activités de recherche et développement.

En 1994, à l’issue d’un intense lobbying mené avec d’autres secteurs d’activité fondés sur la recherche, elle a fait adopter l’Accord sur les droits de propriété intellectuelle liée au commerce, qui limite les possibilités de commercialiser des génériques bon marché.

Cet accord assure aux nouveaux médicaments un monopole pour une durée d’au moins vingt ans – confirmant du même coup les droits exclusifs d’Abbott sur la production de Kaletra.

Ce qui explique qu’il n’y ait pas de générique pour remplacer cette molécule, dont Abbott fixe le prix pour le monde entier.

Sous la pression des associations, Abbott a toutefois consenti, comme d’autres laboratoires, à baisser le prix des principaux médicaments contre le sida dans les pays pauvres.

Au Guatemala et en Thaïlande, la nouvelle version du Kaletra coûte ainsi 2 200 dollars par patient et par an – somme à laquelle il faut ajouter les taxes et les droits –, ce qui est très inférieur aux 8 000 dollars facturés aux Etats-Unis.

Au Nigeria, le traitement revient officiellement à 500 dollars par an.

Mais c’est encore beaucoup trop cher pour Felix et la grande majorité des patients.

Cette politique de tarification “fait que, dans les pays en développement, les médicaments ne sont à la portée que d’une petite élite fortunée, déplore Brook Baker, spécialiste de la propriété intellectuelle à l’université Northeastern (Boston), qui n’hésite pas à parler d’un “apartheid pharmaceutique.

Les laboratoires soulignent que leurs détracteurs oublient de parler des milliards de dollars en médicaments qu’ils offrent chaque année aux pays en développement.

Abbott rappelle qu’il a fourni gracieusement des traitements contre le sida à 25 000 patients, offert plusieurs millions de kits de dépistage et contribué à financer un vaste programme d’amélioration des services liés au sida en Tanzanie.

Ces cadeaux sont certes très appréciables, mais ils ont un effet pervers : ils font fuir les fournisseurs de génériques.

“Les dons font disparaître la perspective d’un approvisionnement régulier, explique Ellen ‘t Hoen, qui dirige un programme d’accès aux médicaments de Médecins sans frontières.

Et quand il n’y a plus de remèdes gratuits les patients meurent.

La plupart des médicaments garantissent une rentabilité élevée.

Au troisième trimestre 2006, Abbott affichait une marge bénéficiaire brute de 59 %, et a versé à ses actionnaires des dividendes pour le 331e trimestre d’affilée.

Selon un rapport du Congrès américain, pour le seul premier semestre 2006, les dix plus gros laboratoires pharmaceutiques ont dégagé 39,8 milliards de dollars de bénéfices.

En août dernier, Bill Gates a déclaré à la tribune de la Conférence internationale sur le sida que la grande priorité de sa fondation était d’enrayer ce fléau.

Depuis sa création, celle-ci y a consacré plus de 2 milliards de dollars.

Mais elle n’a pas répondu à nos questions écrites sur les problèmes des patients qui ne peuvent se procurer les médicaments contre le sida en raison de la politique des laboratoires pharmaceutiques.

Parallèlement, la fondation sélectionne les bénéficiaires de ses dons selon des critères bien plus rigoureux que les laboratoires où elle investit une grande partie de son argent.

Son formulaire de demande de subvention précise qu’elle attend des candidats qu’ils “exercent leurs droits de propriété intellectuelle selon des modalités cohérentes avec l’objectif affiché par la Fondation Bill & Melinda Gates de promouvoir …, dans l’intérêt général, la disponibilité des inventions dans les pays en développement à un coût raisonnable. Certains détracteurs de la fondation estiment que, afin de comprendre son incapacité à utiliser ses propres investissements pour servir “l’intérêt général dans les pays en développement à un coût raisonnable, il suffit de remonter à la source principale de sa richesse – Microsoft, dont Bill Gates est président.

Le monopole de Microsoft sur les systèmes d’exploitation informatiques et les logiciels de bureautique relève en effet de la même conception de la propriété intellectuelle et du droit commercial que celle défendue par les laboratoires pharmaceutiques.

“La Fondation Gates a vraiment les moyens de transformer la dynamique pour faire en sorte que les médicaments soient fournis en premier lieu aux pays qui en ont le plus besoin, souligne Daniel Berman, directeur adjoint de Médecins sans frontières pour l’Afrique du Sud. “Mais cela irait à l’encontre des intérêts de Microsoft.

Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon Los Angeles Times

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Vers la privatisation totale des services publics

Traitement de l’eau

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Les nanotechnologies pour le traitement de l’eau peuvent aider les entreprises à innover et se développer

Les nanotechnologies proposent des méthodes de dessalement

Pour Mohamed Abdel-Mottaleb, les entreprises du monde en développement, pour rester compétitives, doivent investir dans la recherche et développement sur les nanotechnologies pour le traitement d’eau.

Les nanotechnologies, technologies qui travaillent sur une échelle inférieure à 100 nanomètres, possèdent déjà plusieurs applications dans la purification de l’eau, allant des nanomembranes pour stations de déssalement d’eau à grande échelle aux nanoparticules d’extraction des polluants dans l’eau à usage domestique (voir ‘Les nanotechnologies d’épuration de l’eau : Faits et chiffres’).

Devant la menace d’une crise mondiale de l’eau, les nanotechnologies pour le traitement de l’eau modifient le paysage de industriel dans la production d’eau potable, à la fois dans le monde en développement et dans le monde développé. Les entreprises doivent ainsi revoir leur façon de travailler, en mettant à profit ces technologies pour préserver leur compétitivité.

Si les entreprises du monde en développement s’en tiennent au statu quo, on s’imagine qu’elles se limiteront à l’assemblage et à l’importation de technologies, en délaissant leur construction et leur élaboration. Les nanotechnologies offrent pourtant à la fois aux grandes et aux petites entreprises du monde en développement l’opportunité d’innover, de se développer, et de gagner des marchés.

Exploiter cette opportunité offerte par les nanotechnologies pour la production d’eau potable ne sera possible qu’à condition de s’engager tôt dans ce secteur : en suscitant l’implication des scientifiques et en soutenant les jeunes chercheurs dans la recherche de nouvelles solutions, et en coopérant avec les gouvernements pour garantir que les risques soient bien évalués et gérés de manière adéquate.

Plusieurs pays en développement sont déjà activement engagés dans la recherche sur les nanotechnologies, même si ces initiatives restent discrètes. Ainsi, des pays comme le Brésil, l’Inde ou l’Iran mènent déjà des projets stratégiques dans le domaine des nanotechnologies.

Certaines entreprises exploitent au mieux cette expertise locale. En Egypte, Sabrycorp travaille avec l’Institut de Recherche sur le Désert et les ministères de l’agriculture et de la recherche pour la commercialisation de systèmes de nanofiltration innovants. En Inde, Eureka Forbes Limited s’est associé à l’Institut indien des Technologies de Chennai dans le développement de nanofiltres. En Afrique du Sud, les chercheurs du Centre d’Innovation en Nanotechnologie du Mintek collaborent avec des partenaires industriels pour explorer la contribution possible des nanotechnologies dans la détection et la destruction des polluants de l’eau.

Le monde en développement a besoin de bien plus de collaborations de ce genre pour combler le fossé qui sépare traditionnellement le monde la recherche de celui des entreprises. Les technologies avancées dépendent de la mise en communauté des connaissances et de la créativité. La recherche et développement local doit prospérer afin que les entreprises puissent tirer avantage des nouvelles technologies comme les nanotechnologies et les exploiter pour la résolution de problèmes locaux tels que l’accès à l’eau potable. Les gouvernements et les entreprises doivent promouvoir des collaborations entre l’industrie et le monde de la recherche. Il faudra aussi mettre sur pied des laboratoires de transfert des technologies afin de favoriser la sortie des résultats de la recherche en nanotechnologies des laboratoires, et leur mise sur le marché.

Combler le retard, ou rester à la traîne

Les nanotechnologies offrent aux entreprises des pays en développement l’opportunité de ‘combler’ leur retard sur les pays industrialisés. C’est un domaine de recherche où les évolutions sont rapides, où des découvertes potentielles peuvent être réalisées, et où de nouvelles innovations radicales émergent tous les jours, souvent ne nécessitant que des techniques de recherche peu onéreuses. Dans certains pays en développement, les chercheurs et le monde industriel s’activent pour saisir cette opportunité rare. La Chine est ainsi propriétaire du second plus grand nombre de brevets en nanotechnologies, derrière les Etats-Unis.

Si le Moyen-Orient a été plus lent que les autres régions du monde en développement à adopter les nanotechnologies, les choses évoluent. Le gouvernement saoudien finance la construction de laboratoires de pointe pour la recherche en nanotechnologies pour le traitement de l’eau (la Cité des Sciences et Technologies du Roi Abdulaziz dispose par exemple d’un centre des nanotechnologies, mis sur pied en partenariat avec IBM, et consacré au développement des nanomembranes de dessalement de l’eau). L’Initiative nationale iranienne sur les Nanotechnologies présente par ailleurs le traitement de l’eau comme l’une de ses grandes priorités.

Ces initiatives sont pourtant rares et souffrent d’un manque de coordination, qui se traduit souvent par une répétition inutile d’activités entreprises dans les autres centres de la région. Les organismes publics et privés de la région sont en outre mal informés sur ces activités.

Les progrès des nanotechnologies dans le domaine de la purification de l’eau sont néanmoins si spectaculaires que d’ici quelques années, il est à prévoir qu’elles distancent les technologies concurrentes. Les entreprises qui n’investissent pas assez tôt dans ces nouvelles technologies de pointe seront perdantes, et devront faire de grands efforts pour rattraper leur retard au moment où leurs concurrents auront assuré une position dominante sur le marché. De même, les pays qui n’investissent pas sur ces technologies se retrouveront au fond du ‘fossé nanotechnologique’ et, confrontés à de graves pénuries d’eau, et devront se tourner vers l’importation – soit de l’eau, soit des technologies.

Elaborer des stratégies et une réglementation de base

En dehors d’une stratégie de financement et de recherche, les décideurs locaux ou régionaux doivent également élaborer un programme pour le développement, fondé sur la transparence, d’une sensibilisation accrue et d’une réglementation adéquate.

Les entreprises peuvent y contribuer. Elles doivent tout d’abord renforcer la sensibilisation du grand public quant au potentiel des nanotechnologies à améliorer l’offre en eau et les risques éventuels. Les forums d’échange comme in2nano organisé par SabryCorp peuvent contribuer à l’implication des communautés locales et du grand public.

Les entreprises du monde en développement doivent également prendre conscience des opportunités de croissance basées sur l’innovation : les nanoparticules formant des liaisons chimiques avec les contaminants véhiculés par l’eau et peuvant extraire le mercure, l’arsenic, ou le plomb; les nanomembranes laissant l’eau couler plus librement et constituant des filtres plus efficaces ; les matériaux photocatalytiques peuvant détruire les contaminants par des rayons UV ; et surtout les nanotechnologies proposant de nouvelles méthodes de dessalement.

Je suis convaincu que les entreprises devront également solliciter l’adoption d’une législation globale qui prenne en compte les nanotechnologies pour la purification de l’eau. Cela peut paraître controversé, les entreprises s’opposant généralement à toute réglementation susceptible de restreindre leurs activités, mais nous avons besoin d’une approche équilibrée. Un cadre réglementaire clair profiterait en réalité aux entreprises, en empêchant toute utilisation abusive de ces technologies susceptible de susciter l’opposition des médias, du gouvernement, ou du grand public et ainsi entraîner la perte de précieux marchés.

Avant toute chose, le monde industriel, les chercheurs et les gouvernements doivent élaborer des stratégies régionales coordonnées et de long terme pour un développement fondé sur les nanotechnologies. Faute de quoi, les gros investissements consentis actuellement risquent de ne pas porter fruit.

Les entreprises qui ont compris les enjeux doivent collaborer pour promouvoir un environnement de coopération favorables aux découvertes et au développement.

Mohamed M. Abdel-Mottaleb est le PDG du cabinet de consultation en nanotechnologies SabryCorp et Maître de conférences à l’Université du Nil.

Visio-Conférence

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Combien Dépensez Vous En Co2 Chaque Année

VISIO-CONFÉRENCE

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Le respect de l’environnement est essentiel et tous les acteurs économiques sont conscients de la situation mais les déplacements professionnels et les voyages d’affaires sont des contributeurs significatifs à la pollution.

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L’intensification des déplacements, leur fréquence et l’utilisation intensive des véhicules en sont les principales causes. Le transport aérien, comme le transport routier, émet de grandes quantités de gaz à effet de serre. Les améliorations techniques des appareils ne suffisent pas à compenser la forte croissance constatée du trafic ces dernières décennies.

Un vol transatlantique de Londres à New York créé 1,2 tonnes d’émission de CO2.
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HOME

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Le film de Yann Arthus-Bertrand est disponible gratuitement au téléchargement sur YouTube : http://www.youtube.com/homeprojectFR

Hymne à la Terre

HOME est une ode à la planète et à son fragile équilibre. Par un tour du monde dans plus de 50 pays vus du ciel, Yann Arthus-Bertrand nous emmène dans un voyage inédit autour de la planète, pour la contempler et la comprendre. Mais HOME n’est pas qu’un documentaire engagé, c’est un magnifique objet cinématographique. Chaque plan est à couper le souffle et nous montre la Terre, notre Terre, comme jamais nous ne l’avons vue. Chaque image nous met face à ce que nous sommes en train de détruire et à toutes ces merveilles que nous pouvons encore préserver. “Vu du ciel, on a besoin de moins d’explications”. La perception que l’on a est plus immédiate, intuitive, émotionnelle. HOME va directement toucher la sensibilité de chacun d’entre nous et nous faire prendre conscience que nous devons changer notre regard sur le monde. HOME traite des grandes questions écologiques auxquelles nous sommes confrontés et nous montre comment tout interagit sur notre planète.

Synopsis

En 200 000 ans d’existence, l’homme a rompu un équilibre fait de près de 4 milliards d’année d’évolution de la Terre. Le prix à payer est lourd, mais il est trop tard pour être pessimiste : il reste à peine dix ans à l’humanité pour inverser la tendance, prendre conscience de son exploitation démesurée des richesses de la Terre, et changer son mode de consommation.

Un projet citoyen

En nous offrant les images inédites de plus de 50 pays vus du ciel, en nous faisant partager son émerveillement autant que son inquiétude, Yann Arthus-Bertrand pose, avec ce film, une pierre à l’édifice que nous devons, tous ensemble, reconstruire. HOME a pour mission de faire bouger les mentalités, de nous faire prendre conscience des mouvements tectoniques à l’oeuvre et de nous inciter à nous engager pour agir.

Notre impact sur la Terre est plus fort que ce qu’elle peut supporter : nous consommons trop, et nous sommes en train d’épuiser toutes ses ressources. Depuis le ciel, on voit facilement les endroits où la Terre est blessée. HOME explique simplement les problèmes actuels, tout en disant qu’il existe une solution. Le sous-titre du film pourrait être “il est trop tard pour être pessimiste”. Nous sommes à la croisée des chemins, des décisions importantes doivent être prises pour changer le monde. Ce que nous disons dans le film, tout le monde le sait, mais personne ne veut vraiment le croire. HOME est donc une pierre supplémentaire à l’édifice construit par les associations écologiques pour revenir à plus de bon sens et changer notre façon de consommer et de vivre.

Un événement mondial

Au delà du film, HOME sera un événement mondial : pour la première fois dans l’histoire, ce long-métrage sera en effet montré en même temps dans plus de 50 pays.

C’est la date symbolique du 5 juin 2009, Journée Mondiale de l’Environnement, qui a été choisie pour cette diffusion simultanée – et le plus souvent gratuite – sur tous les supports : cinéma, télé, DVD et Internet. L’objectif de Yann Arthus-Bertrand, réalisateur, de Luc Besson, distributeur, et de François-Henri Pinault, président du groupe PPR, soutien officiel du film, est ainsi de toucher le plus grande nombre possible, et de nous convaincre que nous avons tous une responsabilité à l’égard de la planète.

Europe sans nucléaire

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Une Europe sans nucléaire,
c’est moins d’effet de serre, plus d’emplois, une économie prospère !
Le nucléaire, un véritable gouffre financier.
Construire un réacteur exige de lourds investissements, qui ne peuvent être amortis que sur plusieurs décennies, ainsi que d’importantes subventions publiques. Le plan de relance de l’économie américaine lancé par Barack Obama n’alloue pas un seul dollar à l’industrie nucléaire, qui en demandait 50 milliards. Depuis, la plupart des projets nucléaires américains sont gelés.

Entre 2003 et 2008, le coût prévu de l’électricité qui sera produite par le réacteur EPR a augmenté de 84 % ! Les deux EPR en chantier, en Finlande et en France, connaissent de graves malfaçons. De ce fait, l’EPR finlandais accuse 38 mois de retard et un surcoût de 2,4 milliards d’euros à la charge de la France. L’EPR français, lui, est déjà en retard de près d’un an, et son coût est passé de 3,3 à 4 milliards d’euros. Ce n’est qu’un début…

Les énergies renouvelables, championnes contre la crise !
En quelques mois de crise économique, les actions d’EDF et d’Areva ont perdu respectivement 70 % et 60 % de leur valeur. Les énergies renouvelables, elles, se portent bien : en 2008, le marché français du solaire thermique a crû de 20 %, tandis que la puissance éolienne installée a progressé de 37 % !

Ayant décidé en 2000 de sortir du nucléaire, l’Allemagne a créé 350 000 emplois dans les énergies renouvelables. Le puissant syndicat allemand IG Metall décrit aujourd’hui le nucléaire comme “une technologie vieillissante et arriérée”. En France, les énergies renouvelables ont créé 51 000 emplois en 2007, malgré un soutien politique et financier très timoré. A investissement égal, les économies d’énergie et les énergies renouvelables créent 15 fois plus d’emplois que le nucléaire !

Les déchets nucléaires, un casse-tête irrésolu…
Certains déchets produits par les réacteurs nucléaires sont dangereux pendant des centaines de milliers d’années. Fin 2008, un énorme scandale national a éclaté en Allemagne : 12 000 litres d’eau pénètrent chaque jour dans le site d’enfouissement de déchets radioactifs d’Asse II, prétendument étanche. Les nappes phréatiques pourraient être gravement contaminées. Par ailleurs, des millions de téléspectateurs ont appris, en février 2009, sur “France 3″, que les déchets radioactifs issus des mines d’uranium françaises ont été abandonnés voire disséminés dans notre environnement, au mépris des normes de sécurité les plus basiques !
Il n’existe aucune solution réelle aux graves problèmes que posent ces déchets. Souhaitons-nous condamner nos descendants à vivre dans un monde contaminé par la radioactivité ?

Le nucléaire entrave la lutte contre le dérèglement climatique
Il est nécessaire de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 50 % d’ici à 2050. L’Agence Internationale de l’Energie démontre qu’un investissement d’au moins 1 000 milliards d’euros dans le nucléaire n’aboutirait qu’à une réduction de 6 %… contre 54 % et 21 % respectivement pour les économies d’énergie et les énergies renouvelables, à un coût bien inférieur !

Mais le nucléaire monopolise les 2/3 des fonds de recherche européens et français sur l’énergie, entravant ainsi le développement rapide et massif des vraies solutions contre le dérèglement climatique. En 1997, le Protocole de Kyoto a exclu à juste titre le nucléaire des “mécanismes de développement propre”.

L’indépendance énergétique grâce au nucléaire ?
On entend souvent que “le nucléaire garantit notre indépendance énergétique”. En réalité, pétrole, gaz et charbon (des combustibles fossiles, importés en totalité) assurent plus de 70 % de la consommation énergétique française. Notre consommation de pétrole par habitant est en outre notablement supérieure à celle de nos voisins européens !

Pire, le parc électro-nucléaire français est largement surdimensionné, alors même que le nucléaire est inapte à répondre aux pics de consommation. De ce fait, la France est à la fois contrainte de vendre de l’électricité à très bas prix, et d’en acheter au prix fort en grande quantité. De plus, l’uranium utilisé dans les réacteurs nucléaires français est importé en totalité. Au final, le taux réel d’indépendance énergétique de la France était d’à peine 8,5 % en 2007…

Le nucléaire, on sait comment s’en passer !
L’électricité nucléaire représente à peine 2,4 % de l’énergie consommée sur la planète, une proportion appelée à décroître encore. La sortie du nucléaire n’est qu’une question de volonté politique, et plusieurs Etats et régions l’ont mise en oeuvre, notamment en Europe. De nombreuses études* ont démontré que les alternatives énergétiques déjà disponibles permettraient à la France de se passer totalement de l’électricité nucléaire… et de lutter efficacement contre le dérèglement climatique !

* Virage Energie (2008), Réseau “Sortir du nucléaire” (2007), Les 7 Vents du Cotentin (2006), Négawatt (2006), …

Élections européennes : mobilisons-nous pour que les futurs députés s’engagent !
Le nucléaire contre les crises climatique et économique ? Une illusion !
Les derniers rapports sur le climat prévoient d’ici à la fin du siècle une augmentation inquiétante de la température moyenne du globe, une hausse d’un mètre du niveau de la mer, la multiplication des tempêtes, sécheresses et inondations… En décembre 2009, les délégations réunies à la conférence internationale de Copenhague devront adopter les mesures nécessaires pour éviter le pire scénario.

L’industrie nucléaire entend tirer parti de cette crise pour mettre fin à sa traversée du désert, liée notamment aux catastrophes de Three Mile Island (1979) et Tchernobyl (1986), ainsi qu’au risque de prolifération des armes atomiques. A grand renfort de communication dans les médias français et européens, elle présente la construction de nouveaux réacteurs comme une solution miracle. Pourtant, le nucléaire est une énergie très marginale, qui contribue fort peu à la lutte contre le dérèglement climatique et entrave de fait les vraies solutions.
Confrontée à de graves difficultés financières, l’industrie s’efforce de faire passer le nucléaire pour un ingrédient indispensable de la relance économique, voire d’une “croissance verte” ! Elle passe sous silence les coûts et les subventions pharaoniques liés à la construction des réacteurs et à leur futur démantèlement, tout comme les risques considérables (rejets radioactifs, accidents, terrorisme) et le problème irrésolu des déchets.

Grâce à cette stratégie agressive, le nucléaire a de nouveau le vent en poupe en Europe, contre toute logique. Certains gouvernements évoquent de nouveaux programmes nucléaires ; d’autres, comme l’Italie, la Suède et la Belgique, envisagent de mettre fin à leur programme de sortie du nucléaire. En Allemagne, la coalition gouvernementale se déchire sur cette question.

Dès aujourd’hui, faisons entendre notre voix !

Le lobby pro-nucléaire à l’assaut des institutions européennes
Énergie et climat, sûreté nucléaire, financement des programmes de recherche : les décisions correspondantes se prennent de plus en plus au niveau des institutions européennes.

Le Conseil de l’Union européenne, qui réunit les chefs de gouvernement et les ministres de tous les Etats de l’Union européenne, rechigne à prendre les mesures qui permettraient de lutter efficacement contre le dérèglement climatique… et certains de ses membres aimeraient faire étiqueter le nucléaire comme “énergie propre” !

La Commission européenne, qui élabore les directives, apporte un soutien actif et à peine voilé à la relance du nucléaire en Europe. Très ouverte aux lobbies, elle s’est faite le relais des industriels du nucléaire, qui sont devenus ses interlocuteurs privilégiés.

Face à cette offensive pro-nucléaire, le Parlement européen, seul organe démocratiquement élu, peut tenter de faire barrage. Les projets de lois de l’Union européenne sont soumis au vote et aux propositions d’amendements des députés européens ; on leur doit l’objectif de 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique européenne d’ici 2020. Mais eux aussi sont désormais courtisés par le lobby nucléaire…

C’est pourquoi nous devons impérativement, avant les élections du 7 juin prochain, interpeller les futur-e-s député-e-s, quelle que soit leur couleur politique. En leur envoyant les cartes postales ci-contre, vous leur rappellerez avec force que le nucléaire n’est pas une solution aux défis qui attendent l’Europe !
Pour en finir avec les idées reçues, diffusez largement ce document dans votre entourage et faites signer les cartes-pétition avant le 7 juin 2009. Merci d’avance !
http://www.ninucleaire-nieffetdeserre.org/IMG/pdf/doc_europe_2009_web.pdf

http://ninucleaire-nieffetdeserre.org

Les informations reprises dans ce document sont tirées de nombreuses sources scientifiques et médiatiques.
Pour en savoir plus : www.europe-sans-nucleaire.org

Les spams nuisent

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Les pourriels gâchent l'électricité... © DR

Les spams nuisent aussi à l’environnement.

En émission de gaz carbonique, le déluge de spams représenterait l’équivalent de plus de trois millions de voitures. L’essentiel de la consommation induite d’électricité vient… de leur suppression au niveau de l’ordinateur personnel.

Les spams ne font pas qu’encombrer inutilement les messageries électroniques, ils sont aussi nuisibles à l’environnement. Selon un rapport publié le 15 avril par McAfee, éditeur d’antivirus, l’empreinte carbone du spam à l’échelle mondiale équivaut aux rejets annuels de CO2 de 3,1 millions de voitures.

Réalisé avec ICF, une société spécialisée dans les solutions écologiques, cette étude évalue à 33 milliards de kilowatts-heures l’énergie nécessaire à l’envoi, au filtrage et au traitement des 62.000 milliards de courriers indésirables (chiffre 2008 indiqué par McAfee). C’est l’équivalent de la consommation en électricité de 2,4 millions de foyers.

Cette production d’énergie représente les émissions annuelles de gaz à effet de serre de 3,1 millions de voitures.

Protéger sa boîte à mails, c’est bon pour la planète

Pour appuyer son étude, McAfee cite en exemple McColo, spécialiste de l’envoi de spam. Lorsque ce dernier a vu sa connexion Internet suspendue fin 2008, le volume total de spam a subitement chuté de 70% en une journée. C’est, selon McAfee, « comme si l’on avait retiré de la route 2,2 millions de voitures ce jour-là ».

Selon cette étude, 80% de l’énergie dépensée par les spams l’est par les utilisateurs lors de la suppression du courrier indésirable dans leur boîte électronique, et de la recherche de courriers légitimes parmi les résultats du filtrage.

McAfee estime que si chaque boîte électronique était correctement protégée, l’énergie dépensée par les spams pourrait diminuer de 75%, soit l’équivalent des émissions annuelles en CO2 de 2,3 millions de voitures.

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La bagnole

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La bagnole, la fin d’une épopée ?

Des chromes rutilants, un vrombissement assourdissant. Le rockeur à banane nonchalamment appuyé sur la portière de la belle américaine décapotable fume une cigarette à bout dorée. Assise sur le haut d’un siège en cuir blanc une blonde vaporeuse carrossée à la Pini Farina invite à monter dans le bolide d’un clin d’œil aguicheur. La belle américaine, pas la fille, la bagnole ! Le cliché, le flash du photographe qui va porter cette tentation idyllique aux nues.

Que de rêves cette « réclame » a suscités ! La naissance d’un mythe, mais un mythe qui deviendra peu à peu l’essentiel moteur d’un productivisme débridé. Et le pétrole commença à couler à flot…

Chacun rêvait alors de posséder son automobile, et si possible celle que l’on découvrait au fil des catalogues ou de la « pub » ayant généré cette envie d’acheter le symbole: des chromes rutilants… etc. Chacun eut sa voiture, peut-être pas celle qu’il avait espéré, qu’importe ! Le pétrole deviendra l’énergie incontournable et ne cessa depuis de se déverser à pleine pompe dans les réservoirs.

L’envie semble toujours présente, mais si le gros quatre/quatre représentation tapageuse de la réussite des parvenus a remplacé pendant un temps la belle américaine les regards se détournent peu à peu de ces redondances. Au mondial de l’automobile on n’a pas encore ouvertement relégué ces gouffres à carburant polluant dans le fond des stands, mais c’est tout comme ! Même si ces mastodontes sont toujours présents, on sent un moindre intérêt. Pourtant les conversations vont bon train, mais elles sont cette fois alimentées par une nouvelle perspective mercantile, on parle écologie. Qui trop embrasse, mal étreint (j’en connais un qui disait : qui trop embrasse manque le train ! ça revient au même). A force de couler à flot le pétrole devient rare, devient cher, et en plus il pollue !

Pour ce faire, les constructeurs pour nous prouver qu’ils sont des gens responsables jetant un regard attentif sur la sauvegarde de la planète ont commencé par repeindre les bagnoles en vert, un peu comme les yaourts, allant même jusqu’à prétendre que certaines étaient bio utilisant sans complexe ce terme de plus en plus usurpé. Comme ils ne manquent pas d’imagination, on peut en acheter qui on le privilège d’être « allégée en CO2 », d’autres dont c’est tout juste si elles ne produisent pas du carburant plutôt que d’en consommer, bref, une mascarade commerciale qu’alimente le lobby des écolos-tartufes. On a baissé les consommations certes, mais il n’en reste pas moins qu’elles émettent encore pas mal de CO2. D’autant que les constructeurs auraient apparemment magouillé les chiffres car il s’avère qu’il faut au minimum rajouter 20% à ce qu’ils annoncent. De surcroit cette traque à la pollution n’est qu’effet de mode car en coulisses à Bruxelles, les constructeurs allemands, avec le regard bienveillant des autres fabricants européens, font pression sur l’UE pour saboter la réglementation visant à limiter les émissions en dioxyde de carbone des bagnoles. Pour contourner le problème on pourrait aussi promouvoir les agro-carburants soi-disant non polluant. Mais on connaît les risques inhérents à leurs généralisations, que d’ailleurs on a commence à cacher en les vendant sous la fausse appellation de biocarburant. Tout cela accrédite bien la thèse suivant laquelle lorsque le capitalisme parle morale et éthique ça sonne faux, on peut même dire que c’est du « pipeau ».

Cependant ils ont bien compris que dans l’état d’esprit actuel tout cela n’était que pis-aller, réapparait alors l’Arlésienne : la voiture électrique.

L’idée n’est pas mauvaise et est indéniablement dans son concept l’une des solutions pour écarter l’épineux problème du pétrole. Ses détracteurs diront que son rayon d’action et sa vitesse de pointe frisent le ridicule. Néanmoins se sont là arguments provisoires car il est fort possible que dans les années à venir avec un effort fait sur la recherche ces inconvénients seront alors à classer au rang des souvenirs. A la limite peu importe, mais où le bas blesse c’est dans son alimentation en énergie. EDF qui sent que la demande va baisser du fait de maisons de mieux en mieux isolées, de moins de chauffage électrique, les ampoules à basses consommation, l’éolien, etc., cherche tout les moyens pour vendre son électricité afin d’éviter de se trouver devant une surproduction. Donc sautant sur l’occasion de la bagnole électrique qui semble devenue la solution idéale, du moins celle en vogue, cela va lui permettre d’installer des bornes de ravitaillement main dans la main avec les constructeurs de voiture, donnant ainsi une caution morale à l’utilisation et à la pérennité du nucléaire. Seulement voila, on ne nous a toujours pas demandé notre avis sur le nucléaire. A tel point que lors de la mascarade du Grenelle de l’environnement ce sujet a été volontairement écarté, comme s’il était tabou. Ce faux-semblant de concertation médiatisé à outrance, au service d’une écologie d’apparat, ne sera qu’une « fumisterie » tant que l’on n’aura pas abordé le problème de fond, à savoir, l’hyper productivité débridée du capitalisme.

D’ailleurs ils vont en remettre une couche à leur l’incommensurable connerie car il est de plus en plus question de construire carrément une bagnole fonctionnant à l’énergie nucléaire, pour un peu on aura l’impression d’être dans un sous-marin atomique du genre : « Redoutable », où va-t-on ?

En attendant, les constructeurs qui n’avaient pas prévu la crise actuelle, où dans beaucoup de cas s’en servent de prétexte, cherchent tous les moyens pour stabiliser, voire augmenter les profits en licenciant et délocalisant. Mais cela ne doit pas se passer pas tout seul, ce serait oublier que le monde du travail est partie prenante dans cette affaire, et aux premières loges pour être touché par les mutations des sociétés. Déjà on a vu la réaction des ouvriers de Renault à Sandouville, cela doit servir d’exemple. Mais la plus belle manière de s’opposer au diktat du système capitaliste nous est venu de l’Inde.

Se moquant éperdument de la pollution Tata Motors veut mettre sur le marché la voiture la moins cher du monde, la Tata Nano, qui allégrement produira environ 110 g de CO2 par km. Comme rien n’arrête les capitalistes pour arriver à leurs fins, ils ont dépossédés les agriculteurs de Singur, dans l’est de l’inde, pour construire l’usine de fabrication de la dite bagnole. Mais dans ce pays où la nourriture est primordiale car n’étant pas toujours au rendez-vous de midi, les paysans spoliés de leurs terres nourricières se sont rebellés appuyés par les communistes bengalais et ont réussi à bloquer la fabrication de l’engin. Finalement Tata Motors a abdiqué.

En tout état de cause, il semblerait que l’épopée de la belle américaine soit maintenant de l’histoire ancienne. Cependant l’on ne doit pas se laisser berner par de nouvelles options prisent par les capitalistes car cela ne réglera en rien les problèmes qu’engendrera une production exponentielle du nombre de véhicules.

Notre regard sur la société de demain doit être différent. Considérer que le véhicule personnel n’est plus l’essentiel, l’individualisme doit ne plus être un leitmotiv et particulièrement l’image de marque d’un libéralisme déshumanisé, donc favoriser la collectivisation des transports, chercher d’autres alternatives en relocalisant notre société par exemple, sortir du cycle infernale d’une mondialisation qui n’est axée que sur les profits et non au service des peuples.


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Earth Hour 2009

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Earth Hour 2009

Le 28 mars de 20h30 à 21h30, éteignons nos lumières !

Le WWF a décidé de lancer une mobilisation internationale avec un moment fort le 28 mars 2009 qui prévoit de toucher, dans plus de 1000 villes , près d’un milliard de personnes qui feront le geste symbolique d’éteindre leurs lumières pendant une heure.

PARTICIPEZ A CETTE OPÉRATION SUR http://www.earthhour.fr

L’année 2009 est une année décisive pour notre planète. C’est en effet dans les douze prochains mois que se décideront les politiques mondiales de lutte contre le changement climatique pour les prochaines décennies. Le consensus scientifique du GIEC réuni à Paris en 2007 nous a rappelé l’urgence de la mise en place de politiques globales pour limiter à 2° le réchauffement climatique au cours du 21ème siècle.

Le WWF a décidé de lancer une mobilisation internationale avec un moment fort le 28 mars 2009 qui prévoit de toucher, dans plus de 1000 villes, près d’un milliard de personnes qui feront le geste symbolique d’éteindre leurs lumières pendant une heure.

A ce jour, dans 62 pays dont la France, pas moins de 74 métropoles, dont Cape Town, Chicago, Copenhague, Dubaï, Hong-Kong, Istanbul, Las Vegas, Lisbonne, Londres, Los Angeles, Manille, Mexico, Moscou, Nashville, Oslo, Rome, San Francisco, Singapour, Sidney, Toronto et Varsovie, se sont déjà engagées à éteindre leur lumière le samedi 28 mars 2009 de 20h30 à 21h30.

Le 28 mars offrons une heure pour la planète !

La liste des villes partenaires :
http://www.wwf.fr/pdf/VILLESPART.pdf

Une utopie verte

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Une utopie verte dans le désert

ABU DHABI

Ce n’est encore qu’un mirage écologique flottant dans le désert d’Abu Dhabi, à 25 km de la capitale des Emirats arabes unis (EAU). Un mirage à 22 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros) qui émerge des sables plantés de rares palmiers : une centrale solaire photovoltaïque en cours d’achèvement, les armatures en béton du futur Institut Masdar de la science et de la technologie. Et ce panneau figé à l’entrée du chantier, qui affiche l’ambition de cette cité verte voulue par un émir de l’or noir : “Imaginez un endroit où l’innovation, la technologie et le développement durable se conjuguent pour créer une ville d’un type nouveau.” Si la crise financière qui frappe aussi les émirats du Golfe n’a pas raison de cette utopie en marche, Masdar City ouvrira ses portes en 2016. Cette ville de tous les zéros – zéro carbone, zéro déchet, zéro voiture – sera peut-être le laboratoire des cités du futur. Plus “clean-tech” que l’écocité de Dongtan, dont l’ouverture doit coïncider avec l’Exposition universelle de Shanghaï en 2010.

Le prince héritier d’Abu Dhabi, Cheikh Zayed Ben Sultan Al-Nayane, a les moyens de ses ambitions. Il a vu grand, beau et propre pour cette ville destinée à accueillir 90 000 personnes, dont 40 000 résidents. Et d’abord pour le projet urbain, confié à l’architecte britannique Norman Foster. “C’est une alliance entre des solutions ancestrales, de puissants calculs informatiques et des matériaux technologiques de pointe”, un style “high-tech” qui a fait la réputation de Norman Foster, résume Yves Lion, lauréat du Grand Prix de l’urbanisme 2007 et fin connaisseur des villes arabes.

Symbole de cette modernité, l’Institut de la science, lié au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis), a été planté au coeur de la cité. Ce sera le premier bâtiment à sortir de terre, suivi du siège de la société Masdar, construit selon des règles écologiques : le toit couvert de panneaux solaires sera monté avant le reste pour fournir de l’électricité propre durant les travaux.

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Masdar City renoue avec les racines du Moyen-Orient, sa conception urbaine traditionnelle. Un héritage que la ville arabe contemporaine a le plus souvent perdu en s’inspirant de l’american way of life, où la moindre fenêtre devient un monument, où les rues sont trop larges, les espaces trop dilatés”, note Yves Lion. Masdar, “la source” en arabe, puisera à celle des médinas : rues étroites pour protéger des touffeurs estivales, tours à vent pour rafraîchir l’air la nuit, mur d’enceinte contre les vents chauds du désert… Un peu du Caire, d’Alep et de Shibam, expliquent ses concepteurs.

Sa construction elle-même répondra aux critères du développement durable et se traduira par une émission réduite de dioxyde de carbone : aciers recyclés, bétons moins riches en ciment, aluminium produit avec 90 % de CO2 en moins, énergie solaire, éoliennes… Ses promoteurs assurent aussi que les ouvriers du bâtiment n’ont pas été oubliés, dans ces pays du Golfe où l’exploitation des émigrés asiatiques ou africains confine à l’esclavage. “Il faut trouver un équilibre social, que tout le monde soit traité de manière équitable”, plaide Khaled Awad, directeur du développement de Masdar City, en rappelant les engagements pris auprès du Fonds mondial pour la nature (WWF).

L’écocité ne devrait consommer qu’un quart de l’énergie utilisée par une cité classique de 50 000 âmes. “Plus que la construction de la ville, c’est le mode de vie de ses habitants qui doit respecter les principes du développement durable, insiste-t-il. Masdar est un laboratoire vivant.”

Et vivable ? Il faut imaginer le “Masdari” heureux ! Loin du tohu-bohu des villes modernes, il flânera dans des ruelles ombreuses où l’on n’entendra que le chant des oiseaux, le gargouillis des fontaines et le bourdonnement des conversations. Ses courses seront “futuro-bio” : il pourra commander, sur un écran tactile, de la viande, des fruits et des légumes produits dans le respect de normes écologiques et livrés à domicile pour limiter ses déplacements.

L’habitant ou le visiteur se déplacera à pied, à bicyclette ou dans les véhicules futuristes du “transport rapide personnel”. Dignes d’un film de science-fiction, ses 1 500 cabines-taxis guidées par un rail magnétique déposeront les passagers à moins de 150 mètres du lieu choisi. “On peut même imaginer un réseau plus ramifié dans le futur”, explique Luca Guala, spécialiste de la planification des transports de l’italien Systematica.

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80 % de l’eau sera assainie et réutilisée, 98 % des déchets transformés en énergie ou recyclés. Les 200 à 240 mégawatts nécessaires à son fonctionnement viendront en grande partie de l’énergie solaire. “Nous produirons plus de courant qu’il nous en faut, essentiellement à partir des panneaux installés sur tous les toits”, s’enorgueillit Samir Abu Zaid, le directeur de la production et de la distribution d’électricité, qui teste actuellement 41 systèmes différents avant de choisir le mieux adapté au soleil et au sable d’Abu Dhabi.

Le “Masdari” devra se plier à une stricte discipline environnementale. Chaque habitant devra respecter des quotas de CO2, de déchets ménagers et d’eau. “Même s’il est préparé à épouser un mode de vie conforme à l’esprit de la cité, on réfléchit à un système de contrôles”, reconnaît Jay R. Witherspoon, directeur de la technologie chez CH2M Hill, la société d’ingénierie qui met en cohérence tous les intervenants sur le site : des écrans à domicile et, pourquoi pas, un mini-ordinateur au poignet qui l’alertera en cas de dépassement des quotas, etc. Khaled Awad ajoute que le prix de l’énergie et de l’eau, et la conception même de la cité, “l’aideront beaucoup à adopter un comportement responsable”.

Cette concentration d’innovations sur 7 km2 coûtera la bagatelle de 550 000 dollars par habitant. Les premiers milliards sont venus des structures publiques d’Abu Dhabi… et un peu des vertus écologiques de la cité. “Le différentiel d’utilisation d’énergie et d’eau aidera à payer les coûts additionnels liés à l’utilisation des meilleures technologies”, affirme Khaled Awad. La ville permettra aussi d’éviter le rejet de 1,1 million de tonnes de CO2 par an : la vente des “crédits carbone” prévue par le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre apportera une petite contribution. Le projet doit surtout drainer des capitaux de sociétés internationales impliquées dans les technologies propres, et tout a été fait pour les attirer dans cette zone franche : capitaux étrangers à 100 % (avec droit de les rapatrier), exonération totale d’impôt, protection de la propriété industrielle.

“Il y a peu de pays pour lesquels, à ce point, l’argent n’est pas un problème, résume Yves Lion. C’est une Ferrari dans le désert, qui aidera peut-être à fabriquer autrement des Twingo.” De nombreuses entreprises, notamment françaises, sont alléchées par cette belle vitrine. “Masdar City sera une illustration de l’économie circulaire. Elle permettra de développer des techniques dans l’urbanisation verte, dont certaines pourront être déployées dans de grands ensembles urbains, comme à Tianjin ou Chongquing en Chine”, souligne Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez. Le groupe “discute” d’une participation dans un projet au coeur de ses métiers (traitement des eaux et des déchets, énergie, dessalement d’eau de mer).

Qu’un petit émirat gorgé d’or noir (8 % des réserves mondiales) soit saisi d’une telle fièvre environnementale et s’engage à produire en 2020 au moins 7 % de son électricité à partir des énergies renouvelables suscite la surprise et l’incrédulité. Sultan Al-Jaber, patron de la Masdar, l’admet lui-même : “C’est un engagement audacieux pour un pays dont l’économie est dominée par le pétrole et le gaz.” Ces technologies propres ont pourtant “plus de sens que jamais, même dans cette période difficile”, tranche cet homme proche du pouvoir. Abu Dhabi veut devenir une “Silicon Valley des énergies alternatives”. L’émirat a investi dans un fonds pour les énergies propres, la formation des ingénieurs de demain, des co-entreprises, deux usines de panneaux solaires en Allemagne et à Abu Dhabi, un site de captage-stockage de CO2. Il cherche à réduire son “empreinte carbone” – l’une des plus élevées du monde par habitant, loin devant celle d’un Américain – et à ajouter à terme deux points de PIB à une croissance déjà soutenue.

“Si on réussit, on ne nous posera plus la question “pourquoi Masdar City ?”, mais “pourquoi n’y en a-t-il pas d’autres ?”", dit Khaled Awad. La cité souhaite accueillir le siège de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables, créée en janvier par près de 80 pays. Elle risque pourtant de rester longtemps une oasis verte au coeur d’un désert où les pétrodollars se recyclent dans des projets pharaoniques et peu soucieux d’environnement. Le nouveau circuit de Yas Marina accueillera en 2009 le premier grand prix de formule 1 d’Abu Dhabi. Le long de la future écocité, où un gigantesque projet immobilier sort de terre, une autoroute à deux fois cinq voies file vers Dubaï. Une heure après, le taxi dépose son visiteur à Ski Dubaï, le complexe “alpestre” édifié dans le Mall of the Emirates, un centre commercial qui brille de mille feux 24 heures sur 24. Sous le regard de femmes drapées dans leur longue abaya noire, les skieurs dévalent les pistes recouvertes chaque jour par 30 tonnes de poudreuse. Il faut beaucoup d’énergie – et de CO2 – pour maintenir la température à – 2° quand le thermomètre dépasse 50° à l’extérieur. Une réplique de Ski Dubaï est en projet à quelques kilomètres de Masdar City.

LE MONDE | 19.03.09 | 19h24
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/03/19/une-utopie-verte-dans-le-desert_1170122_3244.html

Une activiste condamnée

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USA : Une activiste condamnée à 21 ans de prison pour “terrorisme” !

samedi 21 février 2009 par Will Potter
[Répression / Contrôle social]

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Une écologiste condamnée à 21 ans de prison en tant que « terroriste » : deux fois plus que les racistes violents

J’ai écrit de nombreux articles comme celui-ci, quand des peines de prison ont été assénées à des activistes étiqueté-e-s « terroristes » pour des crimes contre des biens matériels, et au lieu de devenir de plus en plus facile c’est de plus en plus difficile. Difficile en effet d’écrire là-dessus calmement, posément. Les condamnations ne cessent de s’alourdir. Le gouvernement est de plus en plus féroce dans ses procédures et ses manigances de plus en plus claires.

Marie Mason, militante écologiste de longue date et mère de deux enfants, a été condamnée cet après-midi à 21 ans de prison en tant que « terroriste » pour la dégradation non-violente de biens matériels dans le but de protéger l’environnement. C’est une condamnation historique, la plus longue jusqu’à présent dans une campagne orchestrée pour semer « la peur du vert » (green scare).

Avant d’aboutir à cette condamnation, le FBI a atteint de nouveaux sommets dans sa campagne visant à semer la peur des « éco-terroristes ». Les amis et la famille de Marie Mason se préparaient à assister à l’audience de son procès et à la soutenir dans ce moment difficile. Que fit donc le FBI ? Des agents annoncèrent par voie de presse que des « terroristes » assisteraient sans doute au procès de Mason. Ils déclarèrent qu’il fallait s’attendre « à ce que des membres de groupes éco-terroristes, le Front de libération de la Terre (ELF) et le Front de libération des animaux (ALF), se rassemblent et manifestent. » Ce qui est bien entendu un grossier mensonge. Tout agent du FBI digne de ce nom sait très bien que des organisations clandestines comme l’ALF et l’ELF ne manifestent pas : ce sont des groupes clandestins qui agissent dans l’ombre. Il s’agissait d’une manoeuvre délibérée pour faire craindre à tout-e citoyen-ne qu’en allant assister à cette audience de procès public, il-elle se retrouve étiqueté-e comme faisant partie de « la première menace terroriste intérieure ».

Je le répète : le gouvernement a voulu diaboliser non seulement la défenderesse mais également toute personne affirmant son soutien en assistant à un procès public. Quelle que soit votre opinion sur Marie Mason, ou plus généralement sur la campagne de « peur du vert » (green scare), vous ne pourrez nier que de telles manoeuvres sont l’antithèse de toute prétention démocratique. Intimider des citoyen-ne-s pour les dissuader d’assister à un procès politique est une façon de faire qui caractérise les pires Etats policiers.

Penchons-nous aussi sur la peine dont a écopé Marie Mason. Vingt et un ans de prison pour un incendie volontaire ayant causé environ 1 million de dollars de dommages à un projet de recherche en bio-ingénierie de l’Université du Michigan, sans qu’il n’y ait aucun-e blessé-e.

Pour comparer, signalons que le FBI a diffusé lundi un communiqué de presse dans lequel il se félicitait que quatre hommes aient plaidé coupable pour l’agression de trois Afro-Américains le soir de la victoire électorale du président Barack Obama. (Comme je l’avais écrit précédemment, le FBI s’inquiète plus des activistes écologistes que des possibles tentatives d’assassinat visant le président.)

Extrait du communiqué du FBI :
Nicoletti a conduit le groupe dans la zone de Park Hill à Staten Island, un quartier principalement habité par des Afro-Américains, où ils ont croisé un adolescent Afro-Américain et l’ont agressé. Nicoletti a frappé l’adolescent avec un tuyau en métal et Garaventa l’a frappé avec une matraque télescopique.

Les condamnations requises pour ces actes de violence raciste en rétorsion pour avoir voté pour un homme noir ? De 10 à 12 ans. À peu près la moitié de ce dont a écopé Marie Mason.

Le communiqué de presse du gouvernement déclarait que « cette procédure réussie envoie un message clair ».

Source (en anglais) : http://www.greenisthenewred.com/blog/2009/02/05/marie-mason-sentenced