Vaccination H1N1

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Vaccination H1N1 : méfiance des infirmières

Notre devoir d’infirmières est d’informer correctement la population, pour que chacun prenne sa décision en toute connaissance de cause, par un consentement libre et éclairé, et non par une campagne de publicité et des discours alarmistes
1er septembre 2009

Le syndicat des infirmières SNPI CFE-CGC estime qu’une vaccination massive contre un virus grippal relativement bénin, présente des risques, du fait d’un vaccin développé trop rapidement, et d’un adjuvant susceptible de déclencher des maladies auto-immunes.

Nous invitons la population à se vacciner contre la grippe saisonnière : ce vaccin (réalisé dans des conditions normales) sera disponible dès la quatrième semaine de septembre. Cela permettra de réaliser rapidement un diagnostic différentiel en cas de syndrome grippal. Par contre, chacun doit bien mesurer le rapport bénéfice/risques du vaccin H1N1 : d’un côté une semaine de grippe, de l’autre une probabilité, faible mais définitive, d’avoir une maladie neurologique (Syndrome Guillain-Barré) ou auto-immune.

Comme nos collègues infirmières de Grande Bretagne et de Hong Kong, nous craignons que le remède risque d’être pire que le mal, et nous pensons qu’il faut savoir “raison garder”. La pandémie peut causer une crise économique, et l’Etat s’est très bien organisé pour y faire face (conseils d’hygiène, masques, Tamiflu). “Mais injecter 94 millions de doses d’un produit sur lequel nous n’avons aucun recul peut poser un problème de santé publique, et il est de notre devoir d’infirmières d’informer correctement la population, pour que chacun prenne sa décision en toute connaissance de cause, par un consentement libre et éclairé, et non par une campagne de publicité et des discours alarmistes” souligne Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI, le Syndicat National des Professionnels Infirmiers.

Le virus H5N1, responsable de la grippe aviaire, possédait une virulence très élevée (le taux de mortalité a atteint 60 %) couplée à une contagiosité chez les humains très faible (quelques milliers de cas sur l’ensemble de la planète). Le H1N1 est pratiquement l’inverse : il est très contagieux mais faiblement agressif : en France, 2 décès de malades atteints de maladies chroniques graves et porteurs du virus A (H1N1), et 11 cas graves contre environ 2.000 morts français de la grippe saisonnière par an ! Selon l’INVS, au 25.08.09, 85 décès ont été rapportés en Europe depuis le début de l’épidémie dont 59 au Royaume-Uni et 16 en Espagne. Source : http://www.invs.sante.fr/surveillan

Selon le comité interministériel de crise réuni jeudi 27 août 2009, pour faire le point sur l’épidémie de Grippe A : « Les inconnues subsistant encore concernent : la date de livraison des vaccins par les industriels, la date d’AMM ainsi que son périmètre (adultes, enfants, femmes enceintes…), la définition précise des personnes à risques et le taux de létalité du virus de la grippe A(H1N1). »

Les décès lors d’une grippe saisonnière sont généralement liés à des décompensations de pathologies chroniques et des surinfections bactériennes, or rien ne permet d’affirmer aujourd’hui que ces complications indirectes seront plus fréquentes avec la grippe A (H1N1).

Risque de Syndrome Guillain-Barré SGB

Le syndrome de Guillain et Barré est une sorte de paralysie ascendante qui débute aux membres inférieurs pour monter progressivement. Dans les formes graves elle peut se compliquer de paralysie des muscles respiratoires et la personne atteinte devra alors être placée sous respirateur artificiel. La paralysie peut être irréversible.

Comment peut-on éviter une répétition des complications rencontrées en 1976 aux États-Unis d’Amérique avec le vaccin contre la grippe porcine ? 46 millions de personnes avaient été vaccinées, et environ 4.000 d’entre elles ont porté plainte par la suite pour effets secondaires graves. Selon l’OMS “Des études laissent à penser que la vaccination régulière contre la grippe saisonnière pourrait être associée à une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré de l’ordre d’un à deux cas par million de personnes vaccinées. Pendant la campagne de vaccination antigrippale de 1976, ce risque a augmenté pour atteindre environ dix cas par million de personnes vaccinées, ce qui a conduit à un retrait du vaccin.” Source : http://www.who.int/csr/disease/swin

Un vaccin contre la grippe porcine a de nouveau été associé à une augmentation du risque de SGB en 1993-1994. Les Américains avaient alors enregistré 74 cas de SGB en 1994, en forte hausse sur 1993 (37 cas).

“Nous sommes tout à fait conscients du risque lié à la survenue de cas de Guillain-Barré chez les sujets vaccinés contre la grippe, explique Carmen Kreft-Jaïs, responsable de la pharmacovigilance à l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) dans un article du Monde du 20.08.09. Nous suivrons attentivement l’évolution du nombre de Guillain-Barré en cas de pandémie et de vaccination massive.”

Détails : http://www.lemonde.fr/planete/artic

Des procédures réglementaires spécifiques ont été conçues pour accélérer l’homologation des vaccins contre la grippe pandémique. Selon l’OMS, “des questions spécifiques, à propos de l’innocuité des vaccins contre une grippe pandémique, se posent inévitablement quand on commence à les administrer à grande échelle. Par exemple, des événements indésirables, trop rares pour être mis en évidence même au cours d’essais cliniques de grande ampleur, peuvent apparaître lorsque la vaccination concerne des populations très nombreuses. Toujours selon l’OMS, “par manque de temps, les données cliniques seront inévitablement limitées au moment où on commencera à administrer les vaccins contre la grippe pandémique. Les tests d’innocuité et d’efficacité devront donc se poursuivre après avoir commencé à les administrer”.

Pour toutes ces raisons, l’OMS conseille à tous les pays qui administreront des vaccins contre la grippe pandémique de surveiller attentivement leur innocuité et leur efficacité

Détails : http://www.who.int/csr/disease/swin

Problèmes de l’adjuvant du vaccin H1N1

Un adjuvant est une substance chimique qui est utilisée pour rendre le vaccin plus efficace et qui peut permettre d’utiliser une dose d’antigènes plus faible. La question est de savoir l’impact que pourrait avoir un nouvel adjuvant sur les maladies auto-immunes qui sont justement causées par un dérèglement du système immunitaire.

Un adjuvant, le AS03 utilisé pour le vaccin préparé par GlaxoSmithKline (GSK), permet d’utiliser de très faibles doses d’antigène, multipliant ainsi le nombre de doses possibles. Le système de surveillance qui sera en place devra garantir que les personnes qui ont une maladie auto-immune (diabète, hypothyroidie, arthrite, sclérose en plaques, etc.) ne verront pas leur problèmes s’aggraver.

Le vaccin H1N1 contient 10 fois moins d’antigène (pour accélérer la production, vu les quantités à produire rapidement) grâce à la présence de l’adjuvant AS03, un amplificateur d’effet qui consiste en un mélange de squalène et de polysorbate.

Un tel adjuvant n’a jamais été utilisé auparavant dans un vaccin commercialisé à large échelle, et peut donc déclencher des réactions immunitaires excessives et augmenter la probabilité et la fréquence d’effets secondaires rares, mais graves et dangereux, tels que le syndrome de Guillain-Barré.

Les additifs et adjuvants peuvent influencer la sécurité des vaccins de façon complètement imprévisible, comme on l’a vu par exemple avec le vaccin anti-méningo-enchéphalite à tiques TICOVAC, qui a dû être retiré du marché en 2001, 14 mois à peine après son lancement, pour cause d’effets secondaires graves et fréquents. La composition du Ticovac ne différait de celle de son prédécesseur que par deux additifs qui ont été éliminés depuis : l’albumine et un conservateur contenant du mercure. En conséquence le produit est interdit en Allemagne, et en France la posologie a été réduite de moitié, et l’indication a été retirée chez les enfants de moins de 3 ans. (détails dans les conclusions de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé : http://www.has-sante.fr/portail/upl…)

Pourquoi ne pas continuer à miser sur les méthodes de production conventionnelles et éprouvées par les décennies d’expérience des vaccins contre la grippe saisonnière ?

Car, contrairement à ces vaccins classiques, l’utilisation massive de vaccins nouveaux contenant des substances qui renforcent la réponse immunitaire pose des problèmes :
- Notre expérience et nos connaissances des adjuvants amplificateurs de la réponse immunitaire sont très faibles, et chaque firme pharmaceutique utilise ses propres mélanges, dont elle détient les brevets.
- Le passage des essais cliniques à l’administration systématique est une phase particulièrement sensible dans l’utilisation des médicaments. S’il a des effets secondaires inattendus, ceux-ci peuvent affecter un nombre très important de personnes avant qu’on puisse faire marche arrière. La vaccination immédiate de dizaines de millions de personnes par un vaccin peu testé est inquiétante : c’est une expérimentation grandeur nature.
- La stimulation du système immunitaire par trois doses de vaccin antigrippal en quelques semaines est une nouveauté : la grippe saisonnière en septembre, puis deux doses de vaccin anti-pandémique adjuvanté à trois semaines d’intervalle.

Source

La Fondation Bill Gates

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La Fondation Bill Gates investit des milliards dans des industries bien peu philanthropiques… (LA Times)

Voir en ligne : Dark cloud over good works of Gates Foundation

Le capital dont dispose la fondation est supérieur au PIB de deux tiers des pays du monde

Pourquoi l’institution caritative la plus riche du monde est-elle actionnaire de sociétés qui sont à l’origine des fléaux sanitaires et écologiques qu’elle s’est donné pour objectif de combattre ?

D’EBOCHA (NIGERIA) Justice Eta tend son petit pouce.

Une tache d’encre atteste que ce bébé de 14 mois a été immunisé contre la polio et la rougeole, dans le cadre de la campagne de vaccination financée par la Fondation Bill & Melinda Gates au Nigeria.

Mais la polio n’est pas le seul danger qui menace le petit Justice.

Depuis sa naissance ou presque, il présente des troubles respiratoires.

Son entourage dit simplement qu’il “a de la toux, attribuant sa maladie à la fumée et aux retombées de suie des torchères dont les langues de feu lèchent le ciel à 90 mètres au-dessus d’une raffinerie voisine qui appartient au géant pétrolier ENI.

Or l’un des actionnaires de cette société italienne n’est autre que la Fondation Bill & Melinda Gates.

La clinique de fortune où le bébé a été vacciné et les torchères qui dominent la ville symbolisent parfaitement les contradictions de la Fondation Gates.

A la faveur d’une enquête approfondie, nous avons constaté une grande incohérence entre les initiatives caritatives de la fondation et ses placements financiers : chaque année, elle engrange d’importants bénéfices grâce à des investissements qui vont clairement à l’encontre de ses bonnes œuvres.

Selon le Dr Elekwachi Okey, médecin à Ebocha, les centaines de torchères des raffineries du delta du Niger ont déclenché une vague de bronchites parmi les adultes, mais aussi d’asthme et de troubles de la vision chez les enfants.

Aucune étude n’a réellement démontré les effets de ces usines sur la santé, mais nombre des 250 composés toxiques présents dans les fumées et la suie sont depuis longtemps identifiés comme des facteurs de maladies de l’appareil respiratoire et de cancers.

“Ici, nous sommes tous fumeurs, mais personne n’a besoin de cigarettes, ironise le Dr Okey.

Pour les compagnies pétrolières de la région, il revient moins cher de brûler chaque jour près de 28 millions de mètres cubes de gaz – contribuant ainsi au réchauffement climatique – que de le vendre.

Et elles nient tout rapport entre les torchères et les pathologies présentes dans la région.

Sous la pression des militants, la Cour suprême du Nigeria a pourtant enjoint aux exploitants d’éteindre leurs torchères d’ici à mai 2007.

A partir de cette date, le gaz devra être soit réinjecté dans le sous-sol, soit acheminé par camion et gazoduc pour être vendu.

Mais les autorités ne se font pas d’illusions et il y a de fortes chances pour que la combustion se prolonge encore plusieurs années.

La Fondation Gates a consacré 218 millions de dollars à une campagne de vaccination contre la polio et la rougeole menée dans le monde entier, y compris dans le delta du Niger.

Parallèlement, elle a investi 423 millions de dollars dans le capital d’ENI, de Royal Dutch Shell, d’Exxon Mobil, de Chevron et de Total – les compagnies responsables de la plupart des émissions de gaz qui obscurcissent le ciel d’Ebocha, et ce à des niveaux très supérieurs à ceux tolérés aux Etats-Unis ou en Europe.

Les dirigeants locaux accusent aussi le développement de l’industrie du pétrole de favoriser d’autres fléaux combattus par la Fondation Gates.

Les ouvriers et les soldats qui les protègent attirent par exemple la prostitution, contribuant ainsi à une recrudescence du VIH et des grossesses adolescentes.

Et les trous de forage se remplissent d’eaux stagnantes, devenant des foyers de prolifération idéals pour les moustiques qui propagent le paludisme.

A la fin 2005, la Fondation Gates était dotée de 35 milliards de dollars, ce qui en faisait déjà l’institution caritative la plus importante du monde.

Depuis lors, Warren E. Buffett, l’homme le plus riche de la planète (après Bill Gates), s’est engagé – en juin 2006 – à y ajouter progressivement près de 31 milliards de dollars, prélevés sur sa fortune personnelle.

Sans même compter les dizaines de milliards de dollars supplémentaires promis par Gates, le capital dont dispose désormais la fondation est supérieur au produit intérieur brut de près des deux tiers des pays du monde.

Comme la plupart des œuvres philanthropiques, la fondation consacre chaque année au moins 5 % de ses avoirs à des donations afin de bénéficier d’une exonération fiscale.

En 2005, elle a ainsi distribué près de 1,4 milliard de dollars.

Elle subventionne essentiellement des actions sanitaires, des initiatives visant à améliorer l’enseignement public aux Etats-Unis et des programmes d’aide sociale dans la région du Nord-Ouest Pacifique.

Les 95 % restants sont investis.

Ces placements sont gérés par Bill Gates Investments, une structure qui administre également la fortune personnelle du milliardaire.

Selon Monica Harrington, responsable de la stratégie pour la fondation, les gestionnaires ont un seul objectif : dégager une rentabilité “capable d’assurer la pérennité du financement des programmes et des subventions.

Bill et Melinda Gates demandent à ces financiers de diversifier fortement leur portefeuille, mais ne leur donnent aucune directive particulière.

Si l’on se réfère aux données fournies par des cabinets spécialisés dans l’analyse des pratiques des fonds communs de placement, des fonds de retraite, des agences gouvernementales ou des fondations, on constate que la Fondation Gates détient des participations dans un grand nombre d’entreprises qui contreviennent aux normes écologiques, opèrent des discriminations professionnelles, violent les droits des salariés ou développent d’autres pratiques contraires à l’éthique, et ne remplissent donc pas les critères classiques de responsabilité sociale.

Plusieurs centaines de placements réalisés par l’institution – représentant un total d’au moins 8,7 milliards de dollars, soit 41 % de ses actifs (hors titres d’Etat américains ou étrangers) – concernent des entreprises dont l’action contrarie ses objectifs philanthropiques ou ses préoccupations sociales.

D’après Paul Hawken, spécialiste de l’investissement socialement responsable et directeur du groupe de recherche Natural Capital Institute, c’est là le “secret honteux de beaucoup de grandes œuvres caritatives.

“Les fondations subventionnent des organismes qui s’efforcent de construire l’avenir, mais, par leurs investissements, elles hypothèquent cet avenir. Le plus grave, souligne-t-il, n’est pas d’investir dans des sociétés nocives ou peu respectueuses de l’éthique, mais de ne le faire que pour l’argent, sans même chercher à améliorer le mode de fonctionnement de ces entreprises.

Ce genre de stratégie peu scrupuleuse, ajoute Paul Hawken, récompense en réalité les mauvaises pratiques.

A la Fondation Gates, cette politique est garantie par le strict cloisonnement de la branche caritative et de la branche financière.

Les objectifs de la première ne doivent en aucune façon affecter les investissements de la seconde.

Ses responsables ont d’ailleurs récemment annoncé qu’ils envisageaient d’institutionnaliser cette organisation en plaçant leurs actifs dans une structure distincte, le Bill & Melinda Gates Foundation Trust, dont les deux administrateurs seront Bill et Melinda Gates eux-mêmes.

“Nous fonctionnons depuis plusieurs années selon ces principes, explique Mme Harrington.

Mais une séparation officielle des deux branches clarifiera encore davantage la situation. Les gestionnaires du fonds n’excluent que les fabricants de tabac de leur portefeuille.

Ils n’investissent jamais un centime dans une entreprise au simple motif qu’elle agit conformément aux intérêts philanthropiques de la fondation.

Des milliards de dollars investis dans des industries polluantes

Le milieu caritatif commence pourtant à se rendre compte qu’il est pour le moins paradoxal de donner de l’argent pour promouvoir un monde meilleur tout en réalisant des investissements qui le mettent en péril.

Des études récentes montrent que de nombreuses fondations, dont certaines parmi les plus importantes des Etats-Unis, se sont au moins fixé quelques principes de base pour assurer une certaine cohérence entre leurs placements et leur mission.

Parmi les principales institutions qui fondent essentiellement leur choix sur des critères de justice sociale, de bonne gouvernance d’entreprise et de respect de l’environnement, figurent par exemple les fondations Ford, John D. et Catherine T. MacArthur, Rockefeller et Charles Stewart Mott.

Près d’un tiers de ces institutions jouent leur rôle d’actionnaire en utilisant leurs droits de vote pour infléchir les pratiques des entreprises.

Quelques-unes sont même devenues de vrais actionnaires militants.

Depuis quelques années par exemple, la Nathan Cummings, dotée de 481 millions de dollars, soumet régulièrement au vote des actionnaires, lors des assemblées générales, des résolutions contraignant la société à adopter une stratégie transparente et respectueuse de l’environnement.

Monica Harrington assure, sans plus de précisions, que les gestionnaires de la Fondation Gates votent également ce genre de résolutions.

En mai dernier, elle avait pourtant confié à la revue Chronicle of Philanthropy qu’ils ne se mêlaient jamais de ce genre d’affaires.

La fondation n’a par ailleurs pas autorisé son responsable des investissements, Michael Larson, à répondre à nos questions.

De son côté, Michael J. Smith, directeur des investissements de la Fondation Charles Stewart Mott, estime que les fondations doivent absolument utiliser leurs droits de vote pour améliorer le comportement des sociétés, ne serait-ce que pour des raisons purement financières.

“Les entreprises qui ont une bonne gouvernance sont généralement bien gérées et enregistrent régulièrement des bénéfices, affirme-t-il.

La Fondation Gates serait particulièrement bien placée pour donner le la.

Elle dispose de plus de pouvoir que n’importe quelle autre pour faire avancer le débat, fait remarquer Douglas Bauer, vice-président de Rockefeller Philanthropy Advisors, un organisme à but non lucratif qui conseille les fondations sur les questions de stratégie et d’éthique.

Si elle sélectionnait des sociétés qui partagent ses valeurs, le secteur de la philanthropie dans son ensemble subirait un véritable “séisme, assure-t-il.

La fondation n’a pas répondu à nos questions écrites sur ses éventuelles intentions de modifier sa politique d’investissements.

A Lagos (Nigeria), presque tous les matins, Felix, 56 ans, se rend à pied dans une usine située dans les faubourgs de la capitale pour acheter un pain de glace à 40 cents.

Ce militaire à la retraite en a absolument besoin : il ne doit pas laisser fondre ses médicaments.

Il y a deux ans, son épouse a été emportée par le sida et il a appris qu’il était séropositif.

Il a pris des antirétroviraux et son état s’est amélioré.

Mais il a souvent dû interrompre son traitement, qui, à 62 dollars par mois, était au-dessus de ses moyens.

Cet ancien sergent, père de six enfants, ne touche qu’une pension de 115 dollars – et encore, pas tous les mois.

Plus grave, son organisme a bientôt cessé de réagir à la molécule.

En mai, Felix a commencé à prendre un autre médicament, le Kaletra.

Ce traitement lui a permis d’aller mieux, mais à quel prix ! Sous le climat caniculaire du Nigeria, où le mercure dépasse souvent les 37 °C, les gélules de Kaletra fondent.

Le retraité est donc obligé de les conserver dans une boîte remplie de glace, qu’il faut renouveler chaque jour.

Il doit ensuite prendre son médicament à 10 heures du matin et à 10 heures du soir précises.

Avec de telles contraintes, il lui est difficile de travailler, même en se contentant d’un petit boulot.

Il existe désormais une nouvelle version du Kaletra qui se conserve à température ambiante.

Mais le médecin traitant de Felix, le Dr T.M. Balogun, l’un des directeurs du programme de lutte contre le sida au centre hospitalier universitaire de Lagos, lui a conseillé de ne pas trop espérer.

L’hôpital est subventionné par le gouvernement nigérian, qui touche lui-même des aides du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Cet organisme a reçu 651 millions de dollars de la Fondation Gates.

Pourtant, l’hôpital ne propose pas le nouveau Kaletra.

Il est trop cher.

Plusieurs pharmacies privées le commercialisent à 246 dollars par mois.

Totalement hors de portée pour Felix.

Or le Kaletra est fabriqué par le laboratoire Abbott.

Et la Fondation Gates détenait, en septembre 2006, une participation de 169 millions de dollars dans le capital de ce labo.

En 2005, le portefeuille de la fondation comptait près de 1,5 milliard de dollars d’actions de laboratoires pharmaceutiques très critiqués pour leurs pratiques commerciales limitant l’accès des populations pauvres des pays en développement à des molécules essentielles.

En moyenne, la valeur des actions de ces sociétés a augmenté de 54 % depuis 2002.

Ses investissements chez Abbott et dans d’autres laboratoires ont probablement rapporté à la fondation plusieurs centaines de millions de dollars.

Microsoft, meilleur allié des laboratoires pharmaceutiques

L’industrie pharmaceutique se défend en expliquant que cette protection par les prix est indispensable à la poursuite de ses activités de recherche et développement.

En 1994, à l’issue d’un intense lobbying mené avec d’autres secteurs d’activité fondés sur la recherche, elle a fait adopter l’Accord sur les droits de propriété intellectuelle liée au commerce, qui limite les possibilités de commercialiser des génériques bon marché.

Cet accord assure aux nouveaux médicaments un monopole pour une durée d’au moins vingt ans – confirmant du même coup les droits exclusifs d’Abbott sur la production de Kaletra.

Ce qui explique qu’il n’y ait pas de générique pour remplacer cette molécule, dont Abbott fixe le prix pour le monde entier.

Sous la pression des associations, Abbott a toutefois consenti, comme d’autres laboratoires, à baisser le prix des principaux médicaments contre le sida dans les pays pauvres.

Au Guatemala et en Thaïlande, la nouvelle version du Kaletra coûte ainsi 2 200 dollars par patient et par an – somme à laquelle il faut ajouter les taxes et les droits –, ce qui est très inférieur aux 8 000 dollars facturés aux Etats-Unis.

Au Nigeria, le traitement revient officiellement à 500 dollars par an.

Mais c’est encore beaucoup trop cher pour Felix et la grande majorité des patients.

Cette politique de tarification “fait que, dans les pays en développement, les médicaments ne sont à la portée que d’une petite élite fortunée, déplore Brook Baker, spécialiste de la propriété intellectuelle à l’université Northeastern (Boston), qui n’hésite pas à parler d’un “apartheid pharmaceutique.

Les laboratoires soulignent que leurs détracteurs oublient de parler des milliards de dollars en médicaments qu’ils offrent chaque année aux pays en développement.

Abbott rappelle qu’il a fourni gracieusement des traitements contre le sida à 25 000 patients, offert plusieurs millions de kits de dépistage et contribué à financer un vaste programme d’amélioration des services liés au sida en Tanzanie.

Ces cadeaux sont certes très appréciables, mais ils ont un effet pervers : ils font fuir les fournisseurs de génériques.

“Les dons font disparaître la perspective d’un approvisionnement régulier, explique Ellen ‘t Hoen, qui dirige un programme d’accès aux médicaments de Médecins sans frontières.

Et quand il n’y a plus de remèdes gratuits les patients meurent.

La plupart des médicaments garantissent une rentabilité élevée.

Au troisième trimestre 2006, Abbott affichait une marge bénéficiaire brute de 59 %, et a versé à ses actionnaires des dividendes pour le 331e trimestre d’affilée.

Selon un rapport du Congrès américain, pour le seul premier semestre 2006, les dix plus gros laboratoires pharmaceutiques ont dégagé 39,8 milliards de dollars de bénéfices.

En août dernier, Bill Gates a déclaré à la tribune de la Conférence internationale sur le sida que la grande priorité de sa fondation était d’enrayer ce fléau.

Depuis sa création, celle-ci y a consacré plus de 2 milliards de dollars.

Mais elle n’a pas répondu à nos questions écrites sur les problèmes des patients qui ne peuvent se procurer les médicaments contre le sida en raison de la politique des laboratoires pharmaceutiques.

Parallèlement, la fondation sélectionne les bénéficiaires de ses dons selon des critères bien plus rigoureux que les laboratoires où elle investit une grande partie de son argent.

Son formulaire de demande de subvention précise qu’elle attend des candidats qu’ils “exercent leurs droits de propriété intellectuelle selon des modalités cohérentes avec l’objectif affiché par la Fondation Bill & Melinda Gates de promouvoir …, dans l’intérêt général, la disponibilité des inventions dans les pays en développement à un coût raisonnable. Certains détracteurs de la fondation estiment que, afin de comprendre son incapacité à utiliser ses propres investissements pour servir “l’intérêt général dans les pays en développement à un coût raisonnable, il suffit de remonter à la source principale de sa richesse – Microsoft, dont Bill Gates est président.

Le monopole de Microsoft sur les systèmes d’exploitation informatiques et les logiciels de bureautique relève en effet de la même conception de la propriété intellectuelle et du droit commercial que celle défendue par les laboratoires pharmaceutiques.

“La Fondation Gates a vraiment les moyens de transformer la dynamique pour faire en sorte que les médicaments soient fournis en premier lieu aux pays qui en ont le plus besoin, souligne Daniel Berman, directeur adjoint de Médecins sans frontières pour l’Afrique du Sud. “Mais cela irait à l’encontre des intérêts de Microsoft.

Charles Piller, Edmund Sanders et Robin Dixon Los Angeles Times

Article a voir aussi…
Les origines du Sida
Sida l’Africa test
La Fondation Bill Gates

Vers la privatisation totale des services publics

Sida l’Africa test

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Extrait de l’émission Complément d’enquête “Médicaments: ce que les labos ne disent pas”

Cameroun: les prostituées servent de cobayes pour tester un médicament préventif contre le SIDA.
Quels risques font courir ces tests interdits dans d’autres pays, comment se pratiquent-ils, comment sont recrutées ces femmes, sont-elles suffisamment informées ?

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La Fondation Bill-et-Melinda-Gates (Bill & Melinda Gates Foundation) est une fondation américaine humaniste philanthropique créée en janvier 2000. Son but est d’apporter à la population mondiale des innovations en matière de santé et d’acquisition de connaissances. Elle s’efforce d’utiliser l’effet de levier en encourageant l’implication des personnes et personnalités politiques concernées. Certaines critiques dénoncent toutefois l’implication de la fondation dans le capital de sociétés responsables de divers problèmes sanitaires et humains.
La fondation est financée par Bill et Melinda Gates. Ses dons annuels sont supérieurs aux dépenses de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
D’autres contributeurs lui apportent des fonds. Ainsi en juin 2006, l’homme d’affaires milliardaire américain Warren Buffett annonce le versement de 37 milliards de dollar.

Critiques.

En janvier 2007, le Los Angeles Times a fait paraître un article moins flatteur sur la Fondation Gates, accusant l’organisation d’investir 95 % de ses fonds dans des investissements rémunérateurs gérés par des financiers chargés de « diversifier fortement leur portefeuille mais sans directives précises ». Le quotidien souligne ainsi que certaines de ces initiatives sont contradictoires avec son action philanthropique. L’article cite le cas de campagnes de vaccinations financées dans le delta du Niger notamment par la Fondation Gates qui investirait parallèlement dans des entreprises comme ENI, Royal Dutch Shell,Exxon Mobil, Chevron Corporation et Total, des compagnies éminemment responsables de la pollution dans cette région.

Ce genre d’affaires ne serait pas isolé, selon le Los Angeles Times, qui souligne que la fondation a investi avec profit dans plusieurs compagnies reconnues pour leur impact néfaste sur l’environnement et la santé, mais aussi dans des compagnies de crédit immobiliers accusées d’avoir dépossédé des milliers de personnes, ou des sociétés employant des enfants. La Fondation Gates n’aurait « pas usé de sa puissance et de son immense richesse pour changer le comportement des compagnies dans lesquelles elle investit ».

The Los Angeles Times

Silence On Vaccine

Author:  |  Category: Santé

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Un film qui soulève bien des questions et qu’on essaie de dénigrer par tous les moyens. Les médias l’ont banalisé et “débunké”.

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Entretien avec Sylvie Simon, auteur de nombreux livres sur la dictature médico-pharmaceutique.
La nouvelle dictature médico-scientifique

Corruption qui gangrène un certain monde scientifique, médicaments mortels, manipulations génétiques, sang contaminé, pollutions diverses, trafic d’organes et d’hormones, animaux malades, mensonges sur le cancer et le sida, révélations troublantes sur les vaccinations… Il y a neuf ans, sur ces sujets brûlants, Sylvie Simon avait déjà donné la parole à des chercheurs, des biologistes, des médecins qui tous tiraient déjà la sonnette d’alarme, mais la situation s’est singulièrement dégradée depuis cette époque. L’ouvrage original est complètement épuisé, mais les lecteurs continuent de le réclamer. Aussi, l’auteur a retiré de la première version les textes qui ne sont plus d’actualités et les a remplacés par de nouvelles informations, tout aussi inquiétantes, mais rarement connues du grand public étant donné l’opacité de notre système de santé, les dissimulations des laboratoires, le laxisme et l’incurie de nos pouvoirs et, parfois même, leur complicité avec des scientifiques inconscients. Ce livre n’est pas un réquisitoire contre la science ou la médecine, mais plutôt contre la corruption qui se répand insidieusement dans ces milieux en causant déjà de nombreux scandales et qui pourrait en générer de nouveaux, encore plus inquiétants.
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L’eau en bouteille

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Bouteille d'eau

L’eau en bouteille, une ressource qui coûte cher à l’environnement

La consommation mondiale d’eau minérale en bouteille a augmenté de près de 60% depuis 1999. Un phénomène qui ne s’explique pas toujours logiquement et qui coûte cher à l’environnement
“L’eau en bouteille coûte finalement plus cher que l’essence”
Selon une étude publiée par l’Earth Policy Institute aux Etats-Unis, en 2004 environ 154 millions de litres d’eau en bouteille ont été consommés, soit un bond de 57% par rapport à 1999 où 98 millions de litres d’eau en bouteille avaient été consommées.
“Alors que l’eau minérale en bouteille n’est souvent pas plus saine que l’eau du robinet dans les pays industrialisés, elle peut coûter jusqu’à 10 000 fois plus cher si l’on tient compte de l’énergie utilisée pour la mise en bouteille, les livraisons et l’éventuel recyclage des contenants, a averti Emily Arnold, auteur de l’étude sur l’eau. A environ 2,50 dollars le litre, l’eau en bouteille coûte finalement plus cher que l’essence”, ajoute-t-elle.

En France la proportion est moins importante si l’on se place du côté de l’utilisateur final.
En effet, sur Paris par exemple, le prix d’un litre d’eau est de 0,0025 euro (hors location du compteur) à comparer avec le prix moyen d’un litre d’eau en bouteille qui est d’environ 0,5 euro.
L’eau en bouteille est donc environ 200 fois plus cher. Ce qui n’est toutefois pas futile…
Palmarès des buveurs d’eau en bouteille
Les Américains sont à la première place en 2004 avec 26 milliards de litres d’eau en bouteille consommés. Suivent les Mexicains (18 milliards de litres) puis les Chinois, les Brésiliens avec 12 milliards de litres chacun et l’Allemagne et l’Italie avec 10 milliards de litres.
En 5 ans, la consommation totale a triplé en Inde et plus que doublé en Chine qui deviendra bientôt le premier pays consommateur de bouteilles d’eau en plastique.
Bien sûr le poids démographique de ces pays joue dans la consommation totale et si l’on compare la consommation par personne et par an, les Italiens sont les plus gros buveurs d’eau en bouteille avec près de 184 litres, ce qu’ils expliquent d’ailleurs par la soit disant qualité médiocre de l’eau du robinet.
Ensuite, ce sont les Mexicains (169 litres), les Emiratis (164 litres), les Belges et les Français avec 145 litres par an et par personne.
La position de la France dans ce palmarès tient davantage d’une peur infondée car la qualité de l’eau du robinet est l’une des meilleure au monde…

Plus logiquement, on constate une progression de la consommation de l’eau en bouteille dans les pays en développement entre 1999 et 2004 avec notamment un triplement de la consommation en Inde et un doublement en Chine.
Un coût énergétique et environnemental important
La consommation d’eau en bouteille n’est pas sans conséquence car elle nécessite de l’énergie pour l’acheminement et la fabrication des bouteilles, contrairement à l’eau du robinet qui bénéficie la plupart du temps d’un système de distribution beaucoup plus rentable et moins énergivore.

Les bouteilles en plastique sont en polyéthylène téréphtalate (PET), un dérivé du pétrole brut. A l’échelle mondiale, chaque année ce sont plus de 2,7 millions de tonnes de plastique qui sont nécessaires, ce qui n’est pas négligeable comme en témoigne la consommation américaine qui monopolise ainsi plus de 1,5 million de barils de pétrole par an.
De plus, dans le cycle de vie du produit, il reste une bouteille en plastique ou en verre qu’il faut au mieux recycler localement ou au pire mettre en décharge (avec une dégradation qui peut durer plus de 500 ans).
Notons que l’incinération éventuelle des bouteilles entraîne l’émanation de polluants toxiques et de cendres qui contiennent des métaux lourds…
Cependant, même le recyclage n’est pas forcèment une solution entièrement satisfaisante puisque faute de structures adaptées ou à cause des coûts, les bouteilles vides en plastique peuvent être exportées pour retraitement dans d’autres pays. C’est le cas aux Etats-Unis où 40% des bouteilles en PET récupérées après utilisation en 2004 ont été traitées en Chine…
Des ressources en eau qui s’épuisent pour une qualité à revoir
La production à grande échelle d’eau en bouteille ne devrait pas se faire au détriment des ressources locales. C’est le cas de l’Inde où 50 villages ont vu leur nappe phréatique se réduire considérablement alors que Coca-Cola y puisait allègrement pour produire son eau Dasani ensuite exportée. Des cas similaires existent dans le Texas et dans la région des Grands Lacs américains où les ressources en eau s’épuisent rapidement.

De surcroît, comble de la qualité recherchée, l’étude note que 40% de l’eau distribuée en bouteille dans le monde est en fait de l’eau du robinet à laquelle ont été rajoutés des minéraux pour un résultat sur la santé qui n’est pas forcèment celui attendu…
A ce titre, le Sénat français recommande de changer souvent de type d’eau minérale pour éviter d’absorber de trop grandes quantités de mêmes minéraux.

Au final, consommer de l’eau en bouteille dans des pays qui sont dotés d’un bon réseau de distribution et où la qualité est avérée (comme en France) n’est pas justifié et entraîne des dépenses supplémentaires et des efforts inutiles.
Rappelons que plus d’un 1 milliard de personnes dans le monde souffrent d’un déficit en eau et que l’eau en bouteille n’est sûrement pas la bonne solution à long terme…

Traitement de l’eau

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Les nanotechnologies pour le traitement de l’eau peuvent aider les entreprises à innover et se développer

Les nanotechnologies proposent des méthodes de dessalement

Pour Mohamed Abdel-Mottaleb, les entreprises du monde en développement, pour rester compétitives, doivent investir dans la recherche et développement sur les nanotechnologies pour le traitement d’eau.

Les nanotechnologies, technologies qui travaillent sur une échelle inférieure à 100 nanomètres, possèdent déjà plusieurs applications dans la purification de l’eau, allant des nanomembranes pour stations de déssalement d’eau à grande échelle aux nanoparticules d’extraction des polluants dans l’eau à usage domestique (voir ‘Les nanotechnologies d’épuration de l’eau : Faits et chiffres’).

Devant la menace d’une crise mondiale de l’eau, les nanotechnologies pour le traitement de l’eau modifient le paysage de industriel dans la production d’eau potable, à la fois dans le monde en développement et dans le monde développé. Les entreprises doivent ainsi revoir leur façon de travailler, en mettant à profit ces technologies pour préserver leur compétitivité.

Si les entreprises du monde en développement s’en tiennent au statu quo, on s’imagine qu’elles se limiteront à l’assemblage et à l’importation de technologies, en délaissant leur construction et leur élaboration. Les nanotechnologies offrent pourtant à la fois aux grandes et aux petites entreprises du monde en développement l’opportunité d’innover, de se développer, et de gagner des marchés.

Exploiter cette opportunité offerte par les nanotechnologies pour la production d’eau potable ne sera possible qu’à condition de s’engager tôt dans ce secteur : en suscitant l’implication des scientifiques et en soutenant les jeunes chercheurs dans la recherche de nouvelles solutions, et en coopérant avec les gouvernements pour garantir que les risques soient bien évalués et gérés de manière adéquate.

Plusieurs pays en développement sont déjà activement engagés dans la recherche sur les nanotechnologies, même si ces initiatives restent discrètes. Ainsi, des pays comme le Brésil, l’Inde ou l’Iran mènent déjà des projets stratégiques dans le domaine des nanotechnologies.

Certaines entreprises exploitent au mieux cette expertise locale. En Egypte, Sabrycorp travaille avec l’Institut de Recherche sur le Désert et les ministères de l’agriculture et de la recherche pour la commercialisation de systèmes de nanofiltration innovants. En Inde, Eureka Forbes Limited s’est associé à l’Institut indien des Technologies de Chennai dans le développement de nanofiltres. En Afrique du Sud, les chercheurs du Centre d’Innovation en Nanotechnologie du Mintek collaborent avec des partenaires industriels pour explorer la contribution possible des nanotechnologies dans la détection et la destruction des polluants de l’eau.

Le monde en développement a besoin de bien plus de collaborations de ce genre pour combler le fossé qui sépare traditionnellement le monde la recherche de celui des entreprises. Les technologies avancées dépendent de la mise en communauté des connaissances et de la créativité. La recherche et développement local doit prospérer afin que les entreprises puissent tirer avantage des nouvelles technologies comme les nanotechnologies et les exploiter pour la résolution de problèmes locaux tels que l’accès à l’eau potable. Les gouvernements et les entreprises doivent promouvoir des collaborations entre l’industrie et le monde de la recherche. Il faudra aussi mettre sur pied des laboratoires de transfert des technologies afin de favoriser la sortie des résultats de la recherche en nanotechnologies des laboratoires, et leur mise sur le marché.

Combler le retard, ou rester à la traîne

Les nanotechnologies offrent aux entreprises des pays en développement l’opportunité de ‘combler’ leur retard sur les pays industrialisés. C’est un domaine de recherche où les évolutions sont rapides, où des découvertes potentielles peuvent être réalisées, et où de nouvelles innovations radicales émergent tous les jours, souvent ne nécessitant que des techniques de recherche peu onéreuses. Dans certains pays en développement, les chercheurs et le monde industriel s’activent pour saisir cette opportunité rare. La Chine est ainsi propriétaire du second plus grand nombre de brevets en nanotechnologies, derrière les Etats-Unis.

Si le Moyen-Orient a été plus lent que les autres régions du monde en développement à adopter les nanotechnologies, les choses évoluent. Le gouvernement saoudien finance la construction de laboratoires de pointe pour la recherche en nanotechnologies pour le traitement de l’eau (la Cité des Sciences et Technologies du Roi Abdulaziz dispose par exemple d’un centre des nanotechnologies, mis sur pied en partenariat avec IBM, et consacré au développement des nanomembranes de dessalement de l’eau). L’Initiative nationale iranienne sur les Nanotechnologies présente par ailleurs le traitement de l’eau comme l’une de ses grandes priorités.

Ces initiatives sont pourtant rares et souffrent d’un manque de coordination, qui se traduit souvent par une répétition inutile d’activités entreprises dans les autres centres de la région. Les organismes publics et privés de la région sont en outre mal informés sur ces activités.

Les progrès des nanotechnologies dans le domaine de la purification de l’eau sont néanmoins si spectaculaires que d’ici quelques années, il est à prévoir qu’elles distancent les technologies concurrentes. Les entreprises qui n’investissent pas assez tôt dans ces nouvelles technologies de pointe seront perdantes, et devront faire de grands efforts pour rattraper leur retard au moment où leurs concurrents auront assuré une position dominante sur le marché. De même, les pays qui n’investissent pas sur ces technologies se retrouveront au fond du ‘fossé nanotechnologique’ et, confrontés à de graves pénuries d’eau, et devront se tourner vers l’importation – soit de l’eau, soit des technologies.

Elaborer des stratégies et une réglementation de base

En dehors d’une stratégie de financement et de recherche, les décideurs locaux ou régionaux doivent également élaborer un programme pour le développement, fondé sur la transparence, d’une sensibilisation accrue et d’une réglementation adéquate.

Les entreprises peuvent y contribuer. Elles doivent tout d’abord renforcer la sensibilisation du grand public quant au potentiel des nanotechnologies à améliorer l’offre en eau et les risques éventuels. Les forums d’échange comme in2nano organisé par SabryCorp peuvent contribuer à l’implication des communautés locales et du grand public.

Les entreprises du monde en développement doivent également prendre conscience des opportunités de croissance basées sur l’innovation : les nanoparticules formant des liaisons chimiques avec les contaminants véhiculés par l’eau et peuvant extraire le mercure, l’arsenic, ou le plomb; les nanomembranes laissant l’eau couler plus librement et constituant des filtres plus efficaces ; les matériaux photocatalytiques peuvant détruire les contaminants par des rayons UV ; et surtout les nanotechnologies proposant de nouvelles méthodes de dessalement.

Je suis convaincu que les entreprises devront également solliciter l’adoption d’une législation globale qui prenne en compte les nanotechnologies pour la purification de l’eau. Cela peut paraître controversé, les entreprises s’opposant généralement à toute réglementation susceptible de restreindre leurs activités, mais nous avons besoin d’une approche équilibrée. Un cadre réglementaire clair profiterait en réalité aux entreprises, en empêchant toute utilisation abusive de ces technologies susceptible de susciter l’opposition des médias, du gouvernement, ou du grand public et ainsi entraîner la perte de précieux marchés.

Avant toute chose, le monde industriel, les chercheurs et les gouvernements doivent élaborer des stratégies régionales coordonnées et de long terme pour un développement fondé sur les nanotechnologies. Faute de quoi, les gros investissements consentis actuellement risquent de ne pas porter fruit.

Les entreprises qui ont compris les enjeux doivent collaborer pour promouvoir un environnement de coopération favorables aux découvertes et au développement.

Mohamed M. Abdel-Mottaleb est le PDG du cabinet de consultation en nanotechnologies SabryCorp et Maître de conférences à l’Université du Nil.

Google Wave

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Que serait le mail si on l’inventait aujourd’hui ?

Aujourd’hui à la conférence Google I/O (celle ou les participants se sont vu offrir un téléphone HTC Magic, aussi nommé Google Ion, gratuitement), une annonce de Google n’est pas passée inaperçue. Google veut avec Wave (vague en anglais) révolutionner la façon dont on communique sur le net. L’ambition est immense, le projet également, mais l’enthousiasme généré par les développeurs suite à cette annonce donne de grand espoirs. Plus une communauté est active sur un projet, plus celui-ci peut réussir. Google a testé cet effet avec Android, et veut maintenant reproduire le schéma.

Qu’est ce que Google Wave ?

Google Wave consiste en un lieu centralisé pour toutes vos communications électronique. Google Wave introduit de nouveaux termes pour exprimer des notions jusqu’ici peu utilisés dans les conversations électroniques.

  1. Wave (vague) : une vague représente un flot de communication, avec plusieurs personnes humaines et des robots, se déroulant sur une période de temps. Ce flot de communication est lancé par un participant, à destinations d’autres participants (humains ou non). Les moyens de communication peuvent être de tous types : texte riche, images, documents, vidéos, cartes, évènements de calendrier, gadgets… Une vague est similaire aux Thread (discussions) des forums et de Gmail, aux conversations en messagerie instantanée etc.
  2. Wavelet (vaguelette) : une vaguelette est une partie de vague qui peut être restreinte à certains utilisateurs. Par exemple, lors d’une discussion entre 5 amis, un couple d’ami peut vouloir discuter du même sujet mais sans que les autres n’accèdent à votre discussion. En créant une vaguelette privée, les deux personnes peuvent communiquer (en privé) tout en gardant le reste de la discussion (publique) disponible…
  3. Blip : un blip est la plus petite unité de communication d’une vague : c’est l’équivalent de ce que vous envoyez dans un mail à chaque fois que vous cliquez sur le bouton envoyer.

Une fois ces éléments définis, voici l’interface de Google Wave.

Analysons cette interface. En haut dans la colonne de gauche nous retrouvons les habituels dossiers de réception et d’émission d’emails (Réception, Corbeille, Tous, Spam…) ainsi que l’accès aux paramètres. Juste en dessous, une liste de contact (pour l’instant ça ressemble beaucoup à Gmail). La seconde colonne contient les waves avec un sujet, une icône pour les pièces jointes (le trombone gris) et les gadgets (la pièce de puzzle verte), les contacts y participant le nombre et l’heure des messages ainsi que le nombre de blip non lus (en blanc sur fond vert). En sélectionnant une wave, elle s’affiche dans la colonne de droite. On retrouve tout en haut la liste des participants, une barre d’outils et les blips. Jusqu’ici rien de très original.

Que puis-je faire de plus avec Google Wave ?

L’intérêt de Google Wave est que chaque Wave est une façon unifiée de communiquer avec ses contacts. Qu’ils soient tous hors ligne, connectés à leur messagerie instantanée, ou un savant mélange des deux, la façon de communiquer est TOUJOURS la même : il suffit de cliquer sur une vague et de commencer à taper (pour le texte), glisser déposer une image (pour l’uploader), coller un lien vers youtube, flickr, etc… pour insérer une galerie ou une vidéo automatiquement. Google Wave se charge alors du reste en temps réel.

Un contact est connecté ? Il a voir en temps réel ce que vous marquez (si vous le souhaitez et qu’il fait partie de vos destinataires), caractère par caractère, sans qu’il soit nécessaire de cliquer sur “envoyer”. Il pourra même répondre ou il le souhaite (avant, au milieu ou après votre contribution) et éditer ce que vous avez dit.

Un autre contact n’est pas connecté ? Pas de soucis, wave enregistre le tout en temps réel, et ce destinataire pourra revoir ce que vous avez tapé (mais aussi les autres participants) et dans quel ordre grâce à une barre de temps (timeline) similaire au visionnage d’une vidéo.

Un des contacts est japonais et ne parle pas un mot de français ? Invitez donc un robot de traduction à votre wave, il se chargera de traduire (toujours en temps réel) ce que vous dite. Vous parlez des cours des actions de MSFT et GOOG ? Un robot financier que vous aurez invité pourra ajouter les graphes temps réel des cours des actions pour les entreprises dont vous parlez. Assez parlé de travail, organisons une soirée ! Intégrez une carte Google maps et éditez la en temps réel avec les autres participants.

Vous allez me dire que c’est du Google docs en temps réel. Oui ! Mais c’est aussi du Gmail, du Google Talk, du Google calendar, du Google Maps, du Youtube, du Picasa, du Gdrive du Google Translate et du Orkut en même temps. Et même d’avantage ! Un ami est sur twitter ? Pas de soucis, un robot peut intégrer ses tweets dans la vague. Un autre ami est disponible via son téléphone mobile ? Un sms pourra lui envoyer toutes les informations de la discussion.

Que veut Google avec Wave ?

Google Wave a pour objectif de devenir 3 choses : un service, une plateforme et un protocole. Le service, Google Wave est exactement ce que vous venez de découvrir via les paragraphes précédents et les captures d’écran. La plateforme est l’application derrière Google Wave et son API, open source, disponibles pour être installés par tous (pour les entreprises par exemple). Google espère ainsi que ce système soit utilisés par plusieurs grosses entités pour atteindre une masse critique rapidement. Enfin, le protocole (brouillon disponible) a pour but de permettre à tous les waves installés de pouvoir communiquer. Ainsi si un utilisateur de Google Wave veut parler à un utilisateur de Microsoft Wave et inviter un robot de Yahoo Wave, le tout doit savoir comment communiquer.

L’espoir de Google est d’attirer les développeur dans leur API Google Wave afin de générer un cercle vertueux : des développeurs font des choses cool avec Wave, plus d’utilisateurs viennent sur le service, donc nouveaux développeurs et fournisseurs de service arrivent sur la plateforme…

À en croire les réactions de l’auditoire de Google I/O, la chose a été TRÈS bien accueillie. Et il est fort probable que l’ouverture de l’API ce vendredi soit un grand succès pour Google.

C’est tout ce que l’on peut faire avec Wave ? Communiquer ? Mais c’est nul ça ne change rien à ce que l’on peut faire avec Gmail par exemple…

Le potentiel (mon enthousiasme) étant très fort, je vais essayer de vous présenter un autre exemple de ce qui sera possible avec wave. J’ai omis plus haut de vous parler d’une fonctionnalité intéressante, la possibilité de publier une vague. Ainsi vous pourriez rendre public le contenu d’une vague de votre choix, faire qu’elle soit indexable même autoriser d’autres utilisateur a y prendre part.

Ainsi une vague publique mais uniquement accessible en lecture pourra constituer un de vos billet sur votre blog, que vos lecteurs liront en temps réel alors que vous serez en train de le taper avec vos co-auteurs. Une autre vague publique mais accessible en écriture pourra faire office de flux de commentaires. Les possibilités sont quasiment infinies…

Si vous avez 1h20 devant vous, voici la vidéo de la présentation de Wave.

Charal

Author:  |  Category: Alimentaire

Attention, certaines images peuvent choquer.

Charal poursuivi pour “cruauté envers les animaux”
NOUVELOBS.COM | 03.09.2009 | 06:50

Une plainte a été déposée par une association de protection des animaux. Celle-ci a réussi à infiltrer un abattoir du numéro un français de la viande et livre une vidéo choquante sur les conditions de mise à mort des bovins.

L’association de protection des animaux L214 a porté plainte, lundi 1er septembre au tribunal de Metz, contre Charal pour “cruauté envers les animaux” et dénonce “une tromperie de l’entreprise envers les consommateurs”. L’association diffuse une vidéo tournée en caméra cachée à l’intérieur de l’abattoir Charal à Metz où l’on voit un abattage des bovins qui “ne respecte pas la réglementation en vigueur entraîne des morts insoutenables”.
Au lieu d’être égorgés immédiatement après avoir été assommés, comme l’exige la réglementation sur l’abattage standard, les bêtes ont le temps de “reprendre conscience avant d’être saignées”, explique au nouvelobs.com Brigitte Gothière, porte-parole de L214. Par ailleurs, pour l’abattage rituel les bovins doivent être “maintenus durant toute la saignée” et ne doivent être transportés qu’une fois morts, ce qui n’est “manifestement pas le cas” sur la vidéo.

“La manière normale dont fonctionne un abattoir”

“Comme le montre clairement les images, ces deux principales violations entraînent une mort des bovins en toute conscience, suspendus par une patte à la chaîne d’abattage. En effet, l’association dénonce des animaux conscients, en phase de réveil, alors qu’ils sont suspendus, ce qui est interdit par la loi. De son côté, Charal répond que les bovins sont inconscients et présentent des “réflexes agoniques”.
La bataille judiciaire entamé contre le numéro un français de la viande devra ainsi trancher sur l’état des animaux au moment de la mise à mort.
“Ces images montrent la manière normale dont fonctionne un abattoir mais tout est mélangé, entre l’abattage standard et l’abattage rituel. L214 nous reproche des choses qu’on ne peut pas nous reprocher”, explique un porte-parole de Charal au Républicain Lorrain.
Par ailleurs, les avocats de Charal ont mis en demeure l’association pour qu’elle retire tous les documents vidéo relatifs aux abattoirs de Metz.
L’abattoir Charal de Metz a été classé un niveau un sur quatre par les services vétérinaires pour les conditions sanitaires et le bien être des animaux.

(Nouvelobs.com)

Bisphénol A

Author:  |  Category: Evolution personnelle, Santé

UNE ARME DE DESTRUCTION MASSIVE DANS NOS ALIMENTS.

Ce biberon en polycarbonate est fabriqué à partir de Bisphénol A : une substance chimique dont on risque d’entendre parler de plus en plus et pour longtemps. Pour notre malheur, le Bisphenol A est omniprésent dans notre maison, dans les placards à provisions, dans l’eau du robinet (canalisations en PVC « plastifié » par le BPA) ou les boissons en bouteille (récipients portant le label « PC », « 7 » ou « 3 »), dans les aliments sur notre table (barquettes, boites de conserves tapissées de polycarbonate)… Il s’installe insidieusement dans les corps des hommes, des femmes, des enfants sans oublier les bébés et les fœtus.

Aujourd’hui, la quasi-totalité de la population est contaminée par le Bisphenol A à son insu (on peut le détecter dans le sang ou les urines)1-6. Ce n’est pas un poison violent, il ne foudroie pas ses victimes, qui dans un premier temps n’éprouvent pas de gène et ne souffrent d’aucune maladie. Et pourtant…
Pour l’interdiction des biberons contenant du Bisphenol A et pour l’application d’un principe de précaution limitant l’exposition de la population au Bisphenol A,

L’ACTUALITE DU BISPHENOL A

Le 10 juin 2009, le député PS Gérard Bapt (président du groupe d’étude sur la santé environnementale) demande au gouvernement de reconsidérer le dossier sur le Bisphenol A (BPA)7. Il se base sur la position de l’agence américaine de l’alimentation (Food and Drug Administration), sur la prise de mesure de précautions de certains gouvernements8-9 et sur plusieurs études montrant l’influence du Bisphenol A sur l’organisme à des doses inférieures aux doses permises à l’heure actuelle10-15.

D’abord ignorée, cette demande16 est finalement entendue et Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, a demandé à l’AFSSA de reprendre l’expertise sur les effets du Bisphenol A.

Malgré la nécessité d’une nouvelle étude menée par l’ensemble des autorités sanitaires17-19 sur l’importance de la pollution de l’environnement santé par le BPA, les conditions d’exposition de la population doivent d’ores et déjà êtres révisées16. Les rapports scientifiques démontrant les risques liés à l’exposition au Bisphenol A existent déjà et des mesures peuvent et doivent être prises dès aujourd’hui20-21.

OU SE CACHE-T-IL ?

Le BPA n’existe pas dans la nature. C’est une substance chimique fabriquée facilement (phénol + acétone). L’une des plus produites au monde : 3 milliards de kilos par an… soit environ 500g par habitant de la planète, en moyenne!

Il est utilisé pour la production de plastiques, eux-mêmes utilisés pour fabriquer certaines bouteilles destinées à contenir nos boissons, le revêtement intérieur de certaines boîtes de conserve métalliques… et la majorité des biberons !
En contact avec l’eau ou les aliments que ces récipients contiennent, le Bisphenol A s’extrait du plastique pour se mêler au contenu. Il se dissout plus rapidement dans l’eau chaude que froide, et encore mieux dans l’huile ou les graisses. Du lait qui chauffe dans le biberon ? Une aubaine !

Le lait tiède est un support idéal pour transférer le Bisphénol A dans l’organisme du bébé.

C’EST GRAVE, DOCTEUR ?

Dans le monde scientifique, beaucoup le craignent1-15 22-41.

On observe que des cellules humaines en culture (maintenues vivantes hors du corps) et exposées au BPA se révoltent42-43. Les outils dont nos cellules disposent pour résister au stress, pour éviter de devenir cancéreuses, pour bien communiquer avec leurs voisines deviennent inopérants.

Des personnes présentant des taux élevés de bisphénol A sont aussi plus souvent sujettes à des maladies cardio-vasculaires, au diabète, à un dysfonctionnement du foie… 1-15 22-41

UN VOISIN REDOUTABLE

Le diéthyl stilbestrol (DES) a été à l’origine de l’une des plus graves catastrophes médicamenteuses du XXème siècle44. Prescrit a des femmes enceintes, on ne s’apercevra que trente ans plus tard qu’il a provoqué des malformations génitales, des cancers, des problèmes pour concevoir et pour mener une grossesse à terme chez les filles et chez les petites-filles de ces femmes. Ces enfants « DES » qui n’avaient été en contact avec le diéthyl stilbestrol que dans le ventre de leur mère, en ont pourtant été perturbés pendant toute leur vie. Une vraie bombe à retardement !

Le DES a une structure très voisine du Bisphénol A, ce qui signifie que ces deux substances ont très probablement des activités biologiques très voisines aussi16 45 46. Le bisphénol A aurait-il des effets similaires à ceux du diéthyl stilbestrol ? Contribuerait-il à augmenter le nombre de cas de certains cancers ? à faire diminuer la fertilité des couples ? à induire des maladies neurologiques graves ? Se révèlera-t-il avoir été une bombe à retardement dans trente ans ?

UN DOUTE QUI DERANGE

Il y a plus de 50 ans, les experts officiels n’ont rien trouvé à redire à propos du DES. 30 ans plus tard, les premières victimes sont apparues et sont chaque jour plus nombreuses. Aujourd’hui, les experts officiels, ceux de nos agences de sécurité sanitaire, ne trouvent rien à signaler non plus au sujet du Bisphenol A. Cependant la situation est différente car la voix d’autres experts nous parvient et les conclusions de leurs études respectives sont alarmantes

Alors qui croire ? Nos experts officiels, chaque jour plus contestés par les rapports publiés au sujet du BPA ? Ou alors les experts indépendants, désintéressés, dont les rapports font foi et ont déjà convaincu des villes, des capitales et même des gouvernements à prendre des mesures concrètes pour enrayer l’exposition de la population au Bisphenol A ?46

MAIS ALORS, QUE FAIRE ?

Ne pas se résigner

D’abord, s’informer. Des scientifiques indépendants et désintéressés proposent une expertise impartiale, valable pour l’homme. Ils en ont informé, et continuent à en informer, les autorités françaises16, européennes20, américaines21. Ce sont par exemple ceux qui oeuvrent dans Antidote Europe48, qui refusent de prendre en considération les nombreuses données des effets du Bisphénol A sur des animaux. Ils savent en effet que ces données n’ont pas de valeur pour l’homme et peuvent gravement induire en erreur, car il est prouvé qu’aucune espèce n’est un modèle biologique fiable pour une autre.

Se méfier des déclarations rassurantes sur le Bisphénol A quand elles émanent d’organes qui ont des intérêts économiques directs liés à cette substance, ou qui sont sous influence plus ou moins occulte de ces intérêts.

Agir

Informer ses proches. Diffuser le spot qui vous a fait vous poser toutes ces questions, diffuser l’adresse de ce site et signer la pétition.

Appliquer le principe de précaution : utiliser des biberons en verre, ne jamais consommer un aliment ou boire une boisson qui a séjourné dans un récipient en plastique (barquette, bouteille, boîte de conserve tapissée de plastique…) exposé au soleil, éviter de chauffer les aliments dans leur emballage, préférer les boissons en bouteille de verre, retrouver le goût de faire la cuisine à partir d’aliments frais plutôt qu’à partir de conserves…

Intervenir auprès des responsables de crèches (municipales en particulier), des cantines scolaires ou du lieu de travail, pour attirer leur attention sur les risques du Bisphénol A.

Faire part de vos réserves concernant le Bisphénol A dans les emballages aux responsables de vos commerces d’approvisionnement alimentaire.

Demander à vos élus locaux, départementaux, régionaux ou nationaux d’intervenir auprès des autorités pour mettre sans délai les enfants et les femmes enceintes à l’abri de cette substance, en attendant d’en protéger toute la population

Ecrire au Ministre de la Santé, de la Consommation, de l’Environnement dans le même but.

Demander au Ministre de la Recherche de lancer une étude sérieuse sur les effets biologiques du Bisphénol A chez l’homme. Les outils et méthodes modernes à cette fin ne manquent pas (toxicogénomique par exemple).

La guerre de tranchée des « pour » et des « contre » le Bisphénol A ne cessera que quand des données scientifiques indiscutables, fiables et reproductibles seront à disposition, c’est-à-dire obtenues sur du matériel biologique d’origine humaine ou par étude épidémiologique, et non pas sur des « modèles animaux ». Il est en effet démontré rigoureusement qu’aucune espèce n’est un modèle biologique fiable pour une autre, même très proche en termes d’évolution.

Références

1: “Large effects from small exposures. II. The importance of positive controls in low-dose research on bisphenol A”. vom Saal FS, Welshons W, Environmental Research, 2006 Jan, 100: 50-76. (article disponible en anglais sur la base de données d’articles scientifiques Pubmed)
2: “Urinary concentrations of bisphenol A and 4-nonylphenol in a human reference population.” Calafat AM, Kuklenyik Z, Reidy JA, et al. Environ Health Perspect 2005 ; 113 : 391-5. (cf. Pubmed)
3: “Positive relationship between androgen and the endocrine disruptor, bisphenol A, in normal women and women with ovarian dysfunction”.Takeuchi T, Tsutsumi O, Ikezuki Y, Takai Y, Taketani Y, Endocr J, 2004;51:165-169. (cf. Pubmed)
4: “Bisphenol-A disruption of the endocrine pancreas and blood glucose homeostasis” Ropero AB, Alonso-Magdalena P, Garcia-Garcia E, Ripoll C, Fuentes E, Nadal A,  Int J Androl, 2008;31(2):194-200. (cf. Pubmed)
5: “Thyroid hormone action is disrupted by bisphenol A as an antagonist”, Moriyama K, Tagami T, Akamizu T et als. J Clin Endocrinol Metab, 2002;87:5185-5190. (cf. Pubmed)
6: “Bisphenol A is released from polycarbonate drinking bottles and mimics the neurotoxic actions of estrogen in developing cerebellar neurons”. Le HH, Carlson EM, Chua JP, Belcher SM. Toxicol Lett. 2008 Jan 30;176(2):149-56. (cf. Pubmed)

7: lettre de Gérard Bapt à Roselyne Bachelot [pdf]

8: Rapport de l’étude menée sur le Bisphenol A par Environment Canada (en anglais). [pdf]
9: article sur l’interdiction du BPA au Connecticut et au Minnesota (en anglais) [pdf]
10: VANDENBERG LN, MAFFINI MV, SONNENSCHEIN C, RUBIN BS, SOTO AM. Bisphenol-A and the great divide : a review of controversies in the field of endocrine disruption. Endocr Rev. 2009 Feb; 30(1):75-95(cf. Pubmed)
11: CALAFAT AM et al. Exposure of the U.S. population to bisphenol A and 4-tertiary-octylphenol : 2003-2004. Environ Health Perspect. 2008 jan;116(1):39-44(cf. Pubmed)
12: MYERS JP et al. Why public health agencies cannot depend on good laboratory practices as a criterion for selecting data : the case of bisphenol A. Environ Health Perspec. 2009 Mar;117(3):309-15(cf. Pubmed)
13: BOUSKINE A, NEBOUT M, BRÜCKER-DAVIS F. BENAHMED M. FENICHEL P. 2009. Low Doses of Bisphenol A Promote Human Seminoma Cell Proliferation by Activating PKA and PKG via a Membrane G protein-coupled Estrogen Receptor Environ Health Perspect : doi : 10.1289/ehp.0800367.(Online 11 February 2009) (cf. Pubmed)
14: LA PENSEE EW. TUTTLE TR. FOS SR and BEN-JONATHAN N. Bisphenol A at low nanomolar doses confers chemoresistance in estrogen receptor-&-positive and-negative breast cancer cells. Environmental Health Perspectives Volume 117, Number 2, February 2009(cf. Pubmed)
15: HESS-WILSON JK. Bisphenol A may reduce the efficacy of androgen deprivation therapy in prostate cancer. Cancer Causes Control DOI 10.1007/s10552-009-9337-8. (cf. Pubmed)

16: Bisphenol A : mais que font les experts ? (communiqué de presse Antidote Europe du 6 juillet 2009) [pdf]
17: AFFSA, AFSSET et InVS, ESFA
18: L’EFSA réévalue le Bisphenol A et fixe la dose journalière acceptable (communiqué de presse du 29 janvier 2007) [pdf]
19: Article sur les résultats d’analyse alarmants du Bisphenol A par le National Toxicology Program (en anglais) et rapport d’analyse complet [pdf]
20: Article scientifique sur la nature et les dangers du Bisphenol A pour notre santé [pdf]
21: L’agence européenne de sécurité sanitaire néglige certaines données dans l’analyse des dangers du Bisphenol (communiqué de presse du 26 août 2008) [pdf]
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43: Evaluation de la toxicité de 28 substances chimiques de synthèse (resultats d’analyses toxicogénomique menées par Antidote Europe) [pdf]
44: Description du Diéthylstilbestrol
45: Explication de la relation quantitative structure à quantité (Quantitative Strcture-Activity Relationship – QSAR)
46: Article sur les resultats d’analyses du Bisphenol A sur des souris (en anglais) [pdf]
47: Article sur l’adoption du principe de précaution contre le Bisphenol A dans les crèches de Paris [pdf]
48: Visiter le site d’Antidote Europe
49 : Lettre Roselyne Bachelot [pdf]
50: Pourquoi l’animal n’est-il pas le modèle biologique de l’homme? (article sur le site d’Antidote Europe) [pdf]