
En analysant plusieurs milliers de documents depuis deux ans, Monique E. Muggli, chercheuse de la Mayo Clinic aux Etats-Unis, à Rochester (Minnesota), a découvert comment Philip Morris et les plus grandes compagnies de l’industrie du tabac ont volontairement caché au grand public la présence de Polonium 210, un élément radioactif, dans leurs cigarettes. Celle qui est devenue la Erin Brockovich du tabac se confie à 20minutes.fr.
Comment avez-vous découvert l’ampleur de cette dissimulation?
Les industries du tabac ont été obligées de rendre public près de 60 millions de documents internes depuis un procès perdu en 1998 contre l’Etat du Minnesota. Dans tous ces rapports déclassifiés, environ 1.500 se rapportent au polonium. Les industries savaient tout. Elles ont tout enterré.
Quand ont-elles su que le polonium se trouvait dans le tabac?
En 1964. Les industries, tout comme la communauté médicale, ont observé la présence du 210 Po, un élément radioactif et cancérigène. Attention, cette présence n’est pas dûe au processus industriel des cigarettiers, mais à la façon de cultiver le tabac. On utilise des engrais riches en phosphates qui contaminent les feuilles.
Et ils n’ont rien fait?
Au début, dans les années 1970 et 1980, ils ont agi. Philip Morris et les autres compagnies ont essayé de supprimer la teneur en polonium, de trouver des méthodes différentes tout en conservant la réussite commerciale de leurs produits. Ils n’ont pas réussi à concilier les deux. Les chercheurs de Philip Morris ont réussi à réduire la présence de 210 Po avec un solvant, RJ Reynolds dans ces Winston avec un filtre spécial. Mais les dirigeants les ont empêchés de poursuivre. Ils avaient peur de changer le goût de leur produit, mais surtout que le grand public apprennent les objectifs de ces recherches, paniquent devant le polonium.
Il fallait étouffer l’affaire…
La stratégie générale est d’éviter toute controverse. Ils savaient que toute divulgation entraînerait une grande peur et des procès. Paul Eichorn, vice-président de Philip Morris, a eu cette formule dans une note adressée à ses collaborateurs : «Nous ne devons pas réveiller un géant endormi». Ils ont arrêté les recherches et enterré profondément l’existence du polonium.
Quelle est sa dangerosité?
On estime que le 210 Po est à l’origine d’1% de tous les cancers du poumon aux Etats-Unis, soit d’environ 1.600 morts américains par an. Il serait responsable de 12.000 décès dans le monde entier par an.
Les responsables des majors ont-ils réagi à la publication de votre article dans le numéro de septembre de l’American Journal of Public Health?
Non, l’affaire a été relayée pour l’instant en Grande-Bretagne, en Belgique et en France. Mais pas encore aux Etats-Unis.
Que risquent-ils?
Il n’y aura probablement pas de condamnation en justice. Ce sont de longues batailles, souvent vaines. Mais l’opinion publique est désormais au courant des combines des cigarettiers, et leur réputation va en pâtir. C’est là qu’est notre victoire.
Si je me grille une cigarette maintenant, j’inhalerai du polonium?
Oui, il se déposera sur une partie de vos bronches.
Les cigarettiers nous réservent-ils d’autres surprises de ce genre?
Je ne sais pas, vraiment pas ! Nous travaillons aujourd’hui avec mes collègues de Stanford et du Nicotine Research Center sur le danger des cigarettes au menthol, et sur «Secondhand smoke», la fumée passive. Nous essayons de décrypter la stratégie de l’industrie vis-à-vis des non-fumeurs et des produits qu’ils absorbent.
Oliver Lang AFP/DDP ¦ Des cigarettes de British American Tobacco. Comme les autres majors Philip Morris et RJ Reynolds, cette compagnie a dissimulé pendant plus de 40 ans la présence de polonium dans son tabac.
20Minutes.fr, éditions du 28/08/2008
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Le tabac contient de la nicotine, il est présenté sous diverses formes (cigarettes, rouler, macher, etc.) qui comportent des additifs (humectants, goût, saveur, etc.)
La combustion de ces produits crée de nouveaux composants nocifs pour la santé (monoxyde de carbone, goudrons…) Le tabac augmente la pression artérielle, il accélère le rythme cardiaque et détériore les artères.
La nicotine est une des plus puissantes substances créant la dépendance, elle peut être considérée comme une drogue.
Les risques coronariens et les décès par infarctus du myocarde sont deux fois plus élevés chez les fumeurs.
Ces risques vasculaires touchent aussi les artères du cerveau et des membres inférieurs.
Le tabac a des effets nocifs sur le déroulement de la grossesse (prématurité, poids à la naissance, etc.)
La fumée que dégage une cigarette contient plus de 4 000 produits chimiques dont plus de 50 sont cancérigènes.
Les fumeurs s’exposent à des troubles au niveau de tout l’appareil respiratoire, notamment au risque de bronchite chronique et au risque de cancer du poumon.
La nicotine augmente la sécrétion des acides gastriques et agit sur le système nerveux central.
Fumer limite l’apport d’oxygène au cerveau et aux muscles. Il est responsable de maux de tête, de vertiges et d’une diminution de la capacité sportive.
Les ophtalmologistes attestent que la nicotine est un facteur responsable d’une diminution de la vision centrale, une source de cataracte précoce et une cause de glaucome.
Le tabagisme fait vieillir la peau prématurément.
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Histoire du tabac
C’est en Amérique que le tabac puise ses origines il y a plus de 3000 ans, en témoignent d’anciennes pipes découvertes en Amérique du Sud. Alors très populaire chez les Incas et les Aztèques pour communiquer avec les esprits, atteindre une sorte d’ivresse, apaiser les douleurs et la fatigue, le petun (nom indigène désignant le tabac) était fumé notamment lors des fêtes et cérémonies religieuses. Christophe Colomb qui le découvrit dès son arrivée à Cuba, fumé sous forme de long tube appelé “tobago” ou encore chiqué, ramena en Europe des feuilles et des graines. Le succès fut immédiat.
Les Européens lui prêtèrent de nombreuses vertus thérapeutiques comme la guérison de l’asthme, de la toux… En 1556, le Père André Thévet, de retour d’une expédition au Brésil, acclimata les premiers plants dans son jardin en Angoulême. Mais c’est à Jean Nicot, ambasadeur de France à Lisbonne, que l’on doit d’avoir promu l’usage du petun aurès des élites. Alors vendu sous forme de poudre par les apothicaires, il en envoya à la reine Catherine de Médicis pour calmer les migraines de son fils. Très vite on ne parla plus que de l’herbe de l’abassadeur, lui donnant les noms de Nicotiana, d’herbe à Nicot, d’herbe à la Reyne,…
Longtemps utilisé à seules fins médicinales, le tabac fut au fil des siècles de plus en plus consommé par plaisir. La pipe, autrefois utilisée lors des rites chamaniques des anciennes peuplades ou à l’administration du tabac comme remède, devint la compagne des grandes discussions. On prisait également le tabac ou encore fumait le cigare. Profitant de ce commerce très lucratif, le Cardinal de Richelieu instaura le premier impôt sur le tabac et Colbert en fit un monopole d’État.
Peu à peu, ses vertus thérapeutiques furent mises en doute et de nombreuses personnes influentes comme le roi Jacques premier d’Angleterre s’opposèrent à son utilisation. Même le pape Urbain VIII en 1642 en interdit sa consommation sous peine d’excommunier ses utilisateurs. Cependant, malgré ses détracteurs, le tabac trouva avec l’industrialisation et la création de la cigarette en 1843, un nouveau souffle. Cette nouvelle forme de consommation marqua le début de l’expansion mondiale du tabac.
La plante, espèces et culture
Le tabac appartient à la famille des Solanacées qui regroupe entre autres les pommes de terre, la tomate ou encore les aubergines. Cette plante rudérale, annuelle, originaire des Amériques aime les sols profonds, légers, mouillés et riches en sels minéraux. Le genre Nicotiana , auquel appartient le tabac, compte une cinquantaine d’espèces. Les principales étant Nicotiana Rustica, cultivée en Europe Orientale et autour du bassin méditerranéen, et Nicotiana Tabacum, aussi appelée tabac de Virginie.
Cultivés dans un premier temps en serre à partir de la graine jusqu’à atteindre une hauteur de 20 à 30 cm, les plants sont repiqués mécaniquement ou manuellement en pleine terre entre le mois de mars et le début de l’été. De développement relativement rapide, le tabac peut être cultivé dans la plupart des régions du globe, même celles aux longs hivers.
Les plants, pouvant atteindre jusqu’à 2m de haut, sont couronnés de fleurs. Celles-ci coupées, les feuilles – entre vingt et trente par pied – peuvent alors atteindre leur croissance optimale et accroître leur synthèse d’alcaloïdes dont le principal est la nicotine. Environ trois mois après le repiquage, vers la fin du mois de juillet, août, la décoloration des feuilles donne le signal de départ de la récolte. La technique variant d’une région à l’autre, d’une espèce à l’autre, selon le niveau de mécanisation,… Mais globalement on peut distinguer deux modes opératoires :
- ramassage au fur et à mesure du jaunissement des feuilles (cas du tabac Oriental)
- ramassage en un seul passage du pied en entier (cas du tabac Burley)
Les feuilles sont ensuite séchées, dépendamment de la variété, à l’air chaud (Virginie), à l’air naturel (Burley), au feu (Kentucky) ou au soleil (tabacs d’Orient). Puis elles sont classées par grade : taille des feuilles, coloration. Chaque catégorie est enfin emballée par balles avant d’être transportée vers les usines de transformation.
L’espèce Nicotiana Tabacum, représente plus de 90 % des tabacs produits dans le monde. Parmi eux, on retrouve les tabacs bruns qui sont utilisés dans la fabrication des cigares, des tabacs pour les pipes ou pour les cigarettes de goût français ; les variétés claires comme le Burley qui atteint plus de 40% de la production française et la composition Virginie qui est la variété la plus cultivée au monde et correspond à des tabacs blonds dits de goût américain. Elle représente en France plus de 50% de la production totale de tabac en feuilles. On note aussi les tabacs orientaux et les tabacs séchés à la fumée. Les principaux producteurs de tabac sont la Chine, l’Inde, le Brésil, les Etats-Unis, la Turquie, le Zimbabwe et le Malawi, qui totalisent plus de 80% de la production mondiale. La Chine, quant à elle produit plus de 30% de tabac à elle seule.
Fabrication d’une cigarette
La cigarette est le principal débouché du tabac brut. Elle représente 90% des utilisations mondiales. Et pourtant elle ne fut que récemment inventée, vers 1850, et ne devint « produit de consommation courante » qu’au XXe siècle.
Définie comme une « petit boudin de tabac haché entouré d’une feuille de papier fin », la cigarette n’en suit pourtant pas moins un processus de fabrication très complexe.
A leur arrivée à l’usine de transformation, les feuilles de tabac sont humidifiées à la vapeur, battues et hachées en fines lamelles pour constituer le scaferlati. Puis, selon le goût souhaité, les différents crus sont harmonieusement dosés, réhumidifiés et aspergés d’agents bonificateurs (sauçage). La composition est à nouveau hachée en fines lamelles, séchée avant l’étape d’aromatisation (ou flavorisation) qui consiste en l’ajout d’additifs et autres agents de saveurs toujours selon le goût que l’on souhaite donné à la cigarette.
Le scaferlati prêt, il est déposé sur un fin papier que l’on encolle et auquel on ajoute le filtre. Enfin, la dernière étape est le conditionnement en paquets puis en cartouches.
Composition d’une cigarette
Autrefois constituées uniquement de papier et de tabac, les cigarettes ont depuis les années 60 de plus en plus d’ajouts divers et variés. Au total plus de 4 000 substances chimiques inhalées par la fumée de cigarettes, dont plus de 60 classées cancérigènes par le Comité International de Recherche sur le Cancer.
En voici quelques-unes à vous faire pâlir d’angoisse : de l’acétone qui est un dissolvant ; de l’acide cyanhydrique qui était employé autrefois dans les chambres à gaz ; du monoxyde de carbone qui sort des pots d’échappement de nos voitures, du ddt qui est un insecticide tout comme la nicotine ; de l’arsenic, un poison très puissant…
Quant à croire qu’une cigarette « non brûlée » contient moins de substances nocives, certes… mais il reste toutefois 2.500 composés chimiques, dont des pesticides et de nombreux additifs !
Les principaux constituants d’une cigarette
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La nicotine
Un professeur de chimie de l’Ecole de Médecine de Paris du nom de Louis Nicolas Vauquelin, découvrit en 1909, un principe actif azoté dans les feuilles de tabac. Grâce à ses recherches, la nicotine fut décelée quelques années plus tard dans le tabac. On sait aujourd’hui qu’elle représente environ 5% du poids de la plante et que le tabac est la seule plante en contenant de la nicotine.
La nicotine agit directement sur le cerveau au niveau d’une région appelée noyau accumbens et liée au plaisir. À basse concentration, elle stimule notre système nerveux. À haute dose, elle provoque des nausées et des vomissements puis la mort par paralysie respiratoire.
L’effet est très rapide : 7 secondes pour aller des lèvres au cerveau. Celui-ci réagit en produisant des endorphines comme la dopamine qui vous mettent sur un petit nuage.
Contrairement aux autres drogues, la nicotine ne perturbe pas la vie sociale – elle fut même pendant un temps un élément socialisant. Elle ne provoque pas de comportements atypiques, touche toutes les couches sociales et professionnelles… Elle n’en est pourtant pas moins une drogue dure et son accoutumance est très rapide. La nicotine est d’ailleurs avec la cocaïne et l’héroïne une des trois drogues qui accrochent le plus. 4 à 5 cigarettes par jour suffisent pour créer une dépendance. Ceci à cause des nombreux adjuvants entrant dans la composition de la cigarette et notamment l’ammoniac, un additif permettant l’inhalation de fumée sans provoquer de toux et facilitant l’absorption de la nicotine.
Les autres utilisations du tabac
Finalement très récente, la cigarette ne fut pas la seule façon de savourer le tabac. Tout le monde ne le fume pas d’ailleurs comme le tabac à priser ou à chiquer. Dans le premier cas, le tabac est positionné entre la lèvre inférieure et la gencive, sans mastication, durant environ trente minutes. Quant au tabac à chiquer, il est placé entre la gencive et la joue et peut être mâché pendant des heures !
Autre plaisir, cette fois-ci avec fumée, la délectation d’un bon cigare. On les doit à Christophe Colomb qui ramena de Cuba en 1492 ces feuilles de tabac roulées appelées « Cohiba », les ancêtres de nos fameux cigares. Aujourd’hui, ils sont composés de trois parties, la tripe, la sous-cape et la cape qui est la peau du cigare. On note plus de 70 nuances de cigares et surtout, ne vous fiez pas à la couleur de la cape qui, même si elle est de couleur très claire peut être forte.
Comme autrefois, la pipe est aussi très populaire. Les indiens d’Amérique du Nord l’utilisaient comme calumet ; la fumée du tabac était sacrée emportant les prières au ciel. La pipe est composée de 2 parties, le fourneau qui contient le tabac et le tuyau. Le plaisir d’une bonne pipe dépendra de son remplissage qui doit être suffisamment tassé.
Au moyen Orient et en Asie, c’est la narguilé ou shisha qui est l’objet traditionnel le plus répandu pour fumer. Aujourd’hui, on en trouve un peu partout dans le monde, même comme objet de décoration. C’est une sorte de grande pipe avec un tuyau où l’on aspire le tabac. Le narguilé ne brûle pas directement la substance à fumer, le tabac est humidifié ou comporte des humectants pour être consumé lentement.
Fumer, un effet de mode
Discrète jusqu’en 1945, la consommation du tabac a réellement explosé après la seconde Guerre Mondiale avec le développement des grandes compagnies de tabac qui ont d’une part joué sur la dépendance des soldats de retour du front et d’autre part en imposant la cigarette comme un nouveau standard d’abord chez les hommes, puis les jeunes et les femmes.
Ce fut ainsi pendant de nombreuses années. Fumer était mode, un geste social, une contenance. Pour intégrer un groupe ou club huppé il fallait être fumeur. Tous les supports médiatiques, publicité, cinéma,… arboraient cette « norme fumeur ». Souvenez-vous Gabin, Bogart,… Aujourd’hui la tendance est inversée. Le fumeur est mis au ban, obligé de fumer à l’extérieur, de s’isoler car la fumée est de plus en plus ressentie comme une gêne par tous.
Le tabac chez les jeunes
Plus tôt on commence et plus vite on devient accro à la nicotine. Les fabricants l’ont bien compris et ont pendant des années engagés des efforts considérables pour attirer ces nouveaux consommateurs. En Inde par exemple où les jeunes se brossent les dents avec du dentifrice à la nicotine destiné (soi-disant) à désinfecter les gencives mais qui au lieu de cela, crée une forte dépendance à la nicotine.
Les compagnies de tabac jouent aussi sur le talon d‘Achille des jeunes : les marques. Et même si aujourd’hui il est interdit de faire de la publicité pour le tabac, la signalétique liée aux marques de tabac reste là. Rouge : Marlboro ; chameau : Camel ; etc. Il suffit d’ailleurs de regarder les grands prix de Formule 1. Aucune marque n’est écrite mais tout le monde les reconnaît.
Adolescent la tentation est grande. Envie d’épater les camarades, faire comme eux, se donner une contenance, aller à l’encontre des recommandations de Papa et Maman, le besoin de se sentir indépendant, grand… bref, rares sont les jeunes qui n’ont pas un jour essayé. Tous ne deviendront cependant pas des fumeurs invétérés.
On distingue en effet trois types de fumeurs chez les jeunes. Il y a des ados qui accrochent tout de suite ; d’autres qui développent progressivement une dépendance et deviendront en quelques années des fumeurs réguliers. Et derniers cas, ceux qui n’accrochent pas bien que pouvant fumer jusqu’à cinq cigarettes par jour mais qui y prennent du plaisir.
La France bat un triste record en Europe, car dès l’âge de 12 ans, les jeunes commencent à fumer. Pour lutter contre ce fléau et sensibiliser les ados, la Fédération française de cardiologie organise depuis de nombreuses années l’opération “Jamais la première cigarette” destinée aux jeunes de 10 à 15 ans. Les ados sont bien conscients des campagnes de lutte contre la cigarette et ils connaissent les dangers de la nicotine, malheureusement la tentation et la pression des copains est souvent trop grande pour résister à sa première cigarette.
Tabac et Santé
Il n’est pas si loin le temps où l’on ne voyait dans le tabac qu’un agréable moment de détente. Même les soldats de la Seconde Guerre Mondiale avaient leurs cigarettes quotidiennes avec la bénédiction des médecins. Mais depuis, les études se multipliant, il est désormais prouvé que si agréables soient-ils, ces moments sont extrêmement nocifs et à long terme mortels.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 60 millions de personnes seraient décédées durant la seconde moitié du XXe siècle suite aux méfaits du tabac. Et selon les estimations de l’année 2000, 4 millions de personnes mourraient par an dans le monde. En France, il est responsable de 60 000 morts par an, soit plus d’un décès sur dix.
Les causes principales : les cancers, les troubles cardio-vasculaires et respiratoires.
90% des cancers des poumons seraient dus au tabac. D’autres cancers pouvant aussi se développer comme le cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, des bronches, du pancréas, des reins, la vessie… car il est maintenant avéré que la fumée diffuse ses méfaits dans tout l’organisme.
La fumée de cigarette est également l’un des principaux facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires. Sont à pointer du doigt : la nicotine qui fait augmenter le rythme et la fréquence cardiaque, la tension artérielle, le « mauvais cholestérol », les triglycérides et favorise la formation de caillots de sang et le monoxyde de carbone qui provoque le rétrécissement des artères et prive le sang d’oxygène touchant ainsi tous les organes.
Enfin, les risques respiratoires sont dû essentiellement au caractère irritant des gaz issus de la combustion du tabac et surtout aux dépôts de goudrons au niveau des poumons. Ceux-ci sont responsables des excès de sécrétion dans les bronches, la toux, la perte de souffle, les bronchites,…
Et ce ne sont pas les seules « vertus » de la fumé de cigarette ! Citons également ses méfaits sur la fertilité, la diminuant tant chez l’homme que chez la femme. De plus combinée avec la pilule contraceptive, la cigarette accroît le risque de formation de caillots responsables de phlébites et d’embolies pulmonaires. Viennent ensuite les méfaits digestifs et urinaires, ses effets sur les infections – puisque le tabac met également à mal le système immunitaire – , son action sur la peau, le jaunissement des dents,… et plus globalement, la diminution considérable de l’espérance de vie : pour mémoire, retenez que la mortalité des hommes d’une quarantaine d’années est deux fois plus importante chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
Le tabagisme passif
Si les effets nocifs du tabac chez les fumeurs sont maintenant connus depuis une quarantaine d’années, les certitudes concernant le tabagisme passif n’a été établi que ces dernières années.
Comment fonctionne le tabagisme passif ?
Le fumeur émet deux courants de fumée :
- le courant principal qui est inhalé par la bouche
- le courant latéral qui s’échappe directement de la cigarette, d’une pipe ou d’un cigare
Les deux courants de fumée
C’est ce dernier courant qui est responsable du tabagisme passif. En effet, cette fumée qui est inhalée par l’entourage du fumeur est beaucoup plus riche en monoxyde de carbone, en goudron et autres composés imbrûlés et par conséquent plus toxique que celle que le fumeur inhale directement.
Ainsi, au-delà de la gêne occasionnée par un environnement enfumé, le tabagisme passif est susceptible de nombreux effets. Chez la femme enceinte, l’exposition à la fumée augmente les risques de naissance prématurée, de malformations congénitales et ralentit le développement du fœtus. Chez le jeune enfant, le tabagisme passif accroît le risque de mort subite du nourrisson ainsi que les risques d’asthmes, de bronchites, etc. Chez les sujets coronariens, le risque de mort prématurée est augmenté… Et chez tout un chacun, la fumée irrite les yeux, donne mal à la tête, picote le nez….
L’Académie Nationale de Médecine estime, qu’en France, le tabagisme passif tue chaque année environ 3 000 non-fumeurs. Les risques demeurent certes moins importants que chez le fumeur mais les conséquences n’en demeurent pas moins réelles, et surtout ces risques augmentent avec la durée et l’intensité de l’exposition.
Cigarettes light, roulées et autres
Depuis que la toxicité du tabac est établie publiquement, les compagnies de tabac ont cherché à créer de nouveaux produits, moins toxiques, telles que les cigarettes light voire même ultralight pour protéger leur marché. Aujourd’hui le constat est là : ces produits ne sont en rien moins toxiques, au contraire car le fumeur tire plus fort sur sa cigarette, augmentant ainsi la quantité de goudron et de monoxyde de carbone inhalés.
Idem pour ceux qui s’orientent vers les cigarettes roulées car le tabac à rouler ne fait l’objet d’aucun contrôle gouvernemental et est 3 fois plus toxique que celui utilisé dans les cigarettes industrielles.
Et encore idem pour les fumeurs de cigares. Même s’il semblerait que le taux de mortalité soit inférieur chez les fumeurs de cigare que chez les fumeurs de cigarette, ils encourent les même risques
Le tabac est toxique et ce sous quelque forme qu’il soit.
Mesures anti-tabac
Aujourd’hui, les fabricants de cigarettes ont l’obligation de donner tous les renseignements relatifs à la culture, au séchage, à la préparation et à la conservation du tabac ainsi que tous les additifs qui rentrent dans la composition d’une cigarette. Les premières mesures légales contre le tabac furent prises aux Etats-Unis. Dès 1964, les fabricants devaient imprimer un message d’avertissement sur la toxicité du tabac sur chaque paquet de cigarettes. Et en 1971, la publicité en faveur du tabac était interdite à la radio et à la télévision.
Les campagnes d’information sont donc primordiales pour faire connaître les dangers de la cigarette. La création de la « Journée mondiale sans tabac » est d’encourager les pays et les gouvernements à être plus sévères sur la réglementation du tabac et de sensibiliser les gens sur ses effets nocifs. D’autres mesures, comme l’augmentation du prix du paquet de cigarettes lutte contre l’essor du nombre de fumeurs. Cette mesure touche en majorité les adolescents qui en raison de leur budget restreint ne peuvent pas se permettre de dépenser beaucoup d’argent.
En France, la législation anti-tabac est définie par la loi Veil de 1976, puis par la loi Evin de 1991. L’objectif de ces lois est de protéger les non-fumeurs du tabagisme passif et surtout d’encourager les jeunes à ne jamais commencer à fumer. La loi Evin interdit toute publicité et l’interdiction de fumer dans tous les lieux publics fermés comme les centres commerciaux, les gares ou les aéroports. D’autres pays font la chasse aux fumeurs comme le Québec qui, depuis le 31 mai 2006, interdit à quiconque de fumer dans les bars et les restaurants.
Avertissements sur les paquets de cigarettes
Dans de nombreux pays, les paquets de cigarettes avertissent des risques encourus par le consommateur. La taille de ces avertissements varient selon les pays et les réglementations. C’est en 1966, aux Etats-Unis, qu’on a vu le premier avertissement inscrit sur les paquets de cigarettes avec la mention : « Attention : La cigarette peut être dangereuse pour votre santé ». Mais avant cette date, le consommateur ne soupçonnait pas les méfaits de la cigarette.
Les avertissements sur les paquets de cigarettes
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Le fabricant de cigarettes Philip Morris a d’ailleurs été condamné par la Cour Suprême des Etats-Unis à verser des indemnités à une Américaine ayant porté plainte pour n’avoir pas eu les informations concernant la toxicité des cigarettes à l’époque. C’est la première fois aux Etats-Unis qu’un cigarettier est reconnu coupable. Celui-ci connaissait depuis les années cinquante la nocivité de la cigarette et il a cependant continué à cacher cette information au grand public. Cette Américaine a contracté un cancer pulmonaire après 35 ans de consommation.
C’est le Canada qui a rendu ces messages d’avertissement obligatoires sur les paquets. Quatre messages apparaissent dès 1989 et doivent couvrir au moins 50% des deux faces du paquet. La phrase choc est illustrée par un visuel qui présente une maladie liée au tabagisme comme une bouche malade ou une tumeur au poumon. On trouve aussi un dépliant qui donne des conseils pour cesser de fumer et les taux des substances toxiques inhalées. En Europe, ces messages doivent être inscrits en caractères gras, en noir sur fond blanc, entourés d’un cadre noir. Ils doivent occuper au moins 30 % de la surface du paquet sur l’avant, et 40 % sur l’arrière. Les quantités de nicotine, goudron et monoxyde de carbone doivent aussi être indiquées.
Alors si vous êtes fumeur, lisez attentivement ces avertissements.
Ils sont tous malheureusement vrais :
« Les fumeurs meurent prématurément »
« Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant »
« Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques cérébrales »
« Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse »
etc…
Et si j’arrêtais ?
Les campagnes d’information se multipliant, le prix du tabac ne cessant d’augmenter, les fumeurs affirment de plus en plus leur envie d’arrêter de fumer. Mais l’envie ne suffit pas. Il faut vraiment ancrer votre décision, être fermement motivé et volontaire. Arrêter de fumer n’est pas facile, ne nous leurrons pas mais au terme de quelques jours de bataille contre l’envie, quelle satisfaction personnelle ! Sans compter les effets physiques rapidement observables : après seulement une semaine d’arrêt, vous retrouverez une rythme cardiaque normal, le sang est à nouveau bien oxygéné et le risque d’accident cardiovasculaire grandement diminué. Si le souffle est plus long à revenir, vous retrouverez rapidement un confort respiratoire et progressivement la disparition de la toux.
Alors si vous avez envie d’arrêter, voici venu le moment d’analyser les raisons qui vous conduisent à fumer et celles qui vous motivent à arrêter. Soyez honnête avec vous-même. Prenez une feuille de papier, séparez-la en deux et noter les avantages et inconvénients.
Ensuite il convient dévaluer votre niveau de dépendance. Par des tests, type test de Fagerström ou simplement en vous interrogeant sur le type de dépendance. Il n’existe en effet pas un mécanisme mais plusieurs selon que : – l’on est dépendant à la nicotine – l’on est dépendant de la gestuelle associée à la cigarette (contenance, moment de pause,…) – l’on est dépendant par le comportement lorsque le tabagisme est profondément imprimé dans le comportement – l’on est dépendant socialement du fait de notre environnement.
Interrogez-vous également sur votre degré de motivation : test Q-Mat. Car ne perdons pas de vue que comme tout arrêt d’une drogue, le sevrage tabagique entraîne des modifications du comportement : irritabilité, anxiété, insomnies, prise de poids… Et c’est d’ailleurs souvent ce dernier effet que redoutent les futurs ex-fumeurs et notamment les femmes.
Durant la période de sevrage, l’appétit est en effet accrût. La nervosité, la compensation et surtout n’oublions pas que la cigarette agit comme coupe-faim et la nicotine comme brûleur de graisses. Mais que ceci ne soit pas un frein à votre désir d’arrêter de fumer. Buvez beaucoup d’eau et de thé vert (un excellent palliatif au manque), défoulez-vous en reprenant le sport, soyez raisonnable avec les sucreries et le grignotage et vous conserverez vos belles courbes.
Enfin, soyez indulgent et patient avec vous-même. La nicotine vous a rendu dépendant et pour vous en défaire le sevrage est le passage obligé. Quelques jours de manque, quelques semaines d’automatismes à changer… L’occasion d’apprendre à respirer, de changer vos habitudes et de vous bichonner un peu.
Toutes ces analyses faites, ces questions posées, votre volonté est indéfectible, alors voici venu le moment de prendre LA décision et de jeter une bonne fois pour toutes briquets et paquets de cigarettes.
Les méthodes de sevrage
Votre volonté sera votre principale alliée mais une aide peut parfois s’avérer précieuse. N’hésitez pas alors à piocher parmi toutes les méthodes à votre disposition sachant qu’il n’en existe pas de miracle. C’est à vous de construire la vôtre.
La dépendance physique liée à la cigarette est la plus simple à traiter. Les traitements de substitution à la nicotine ont fait leurs preuves.
Voici quelques méthodes :
Les patchs ou timbres à la nicotine, collés sur votre peau, donnent une dose quotidienne de nicotine. 16 à 20 % environ des fumeurs parviennent à s’arrêter de fumer après un an d’utilisation. Le hic, leur coût très onéreux. A moindre coût on retrouve les gommes. Le principe est identique au patch et leur efficacité comparable. Sur ordonnance médicale vous pouvez également vous procurer du Zyban un anti-dépresseur reconnu pour son aide au sevrage tabagique.
Vous pouvez également recourir à des méthodes naturelles. Bien que non reconnues par le ministère de la santé, beaucoup d’ex-fumeurs les recommandent. Citons par exemple l’acupuncture, l’hypnose, l’homéopathie ou encore la phytothérapie.
Pour vaincre la dépendance psychique par contre, il faudra trouver des compensations au plaisir de la cigarette : le sport par exemple. Et face à la dépendance comportemental, rompre avec toutes vos habitudes de fumeur : éliminer briquets et cendriers, éviter les situations fortement liées au plaisir de fumer : pause café, apéro…
Le plus difficile se joue dans la première semaine. Le danger de rechute est souvent autour du deuxième et sixième mois lorsque le manque ne se fait presque plus sentir et que l’on croit pouvoir fumer juste une fois sans rechuter. Faux !! Une cigarette en entraînera une seconde puis une troisième… et tout ce que vous aurez fait durant ces derniers mois n’aura servit à rien….
Alors résistez !!!
Gardez toujours en mémoire les bienfaits ressentis depuis votre arrêt et cette satisfaction personnelle d’avoir arrêté.